Domingo et Picamoles, incompris ou inconstants ?

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    Domingo et Picamoles, incompris ou inconstants ?
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Rappelés pour la préparation du match en Angleterre, le Clermontois Thomas Domingo et le Toulousain Louis Picamoles connaissent une trajectoire sinueuse en équipe de France. Ils abattent là leur dernière carte pour espérer voir le Mondial.

Les revoir tous les deux à Marcoussis cette semaine ressemble étrangement à un signe de destin. Louis Picamoles et Thomas Domingo, les mal-aimés du rugby français ? C’est peut-être excessif mais ce sont assurément les rejetés de l’ère Saint-André. Certes, ce n’est pas évident statistiquement : depuis février 2012 et la prise de fonctions de l’actuel sélectionneur, le troisième ligne centre toulousain a enregistré 23 de ses 44 sélections quand le pilier gauche clermontois en a cumulé 19 sur les 36 qu’il compte au total. Pour autant, leur parcours chez les Bleus est frappé du sceau de l’inconstance. Alors que tous deux, chacun à leur poste, avaient le potentiel pour s’imposer choix numéro un en vue du Mondial, ils n’ont cessé d’enchaîner des allers-retours au CNR sans jamais véritablement s’installer sur le long terme. Pire encore, Picamoles et Domingo font aujourd’hui office d’outsiders pour une place dans le groupe à la Coupe du monde.

Blessures, poids et comportements

Lancés dans le grand bain par Marc Lièvremont, en 2008 pour Picamoles et en 2009 pour Domingo, les deux joueurs, s’ils ont parfois été les bouc-émissaires idéaux, ont en tout cas connu des trajectoires sinueuses. Si bien que le premier fut remplaçant lors du Mondial 2011 quand le deuxième n’avait même pas vu la Nouvelle-Zélande en raison d’une grave blessure à un genou. Ce sont aussi les problèmes de condition physique qui les ont régulièrement éloignés du plus haut niveau. Souvent en surpoids, trop aux yeux du staff en place, il leur a fréquemment été demandé de s’affiner pour revenir. Et c’est le Tournoi des 6 Nations 2014 qui avait fini d’illustrer leur désamour avec Philippe Saint-André ou Yannick Bru. Domingo avait vécu un calvaire en mêlée fermée, secteur dans lequel il avait été souvent sanctionné au point de devenir une cible avouée des arbitres. Picamoles avait déçu par certaines de ses performances et surtout par son comportement au pays de Galles où il avait trop râlé au goût de ses entraîneurs.

Éloignés du groupe France ces derniers mois - après une tournée désastreuse en Australie l’été passé pour Domingo et après une pneumopathie pour Picamoles -, tous deux grillent en tout cas leur ultime cartouche cette semaine pour garder un espoir d’être en Angleterre en septembre. Talents certains et cadres de leurs clubs respectifs, le Clermontois et le Toulousain ont effectué de gros efforts physiques pour se donner une chance de retrouver leur statut international. Assez pour séduire Saint-André et ses adjoints ? Les prochains jours le diront…

Jérémy Fadat
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