Éruption de bonheur

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Publié le , mis à jour

Un séisme d’origine volcanique a secoué la cité du « vert galant » samedi soir ! Le club conquiert le titre de champion de France de Pro D2. Et il retrouvera le Top 14 la saison prochaine.

Soudain, la terre s’est mise à trembler. Une réponse directe au succès retentissant des hommes de Simon Mannix. Ce séisme dévastateur d’une magnitude 9 est survenu sur les coups de 19 h 17 à Pau, selon les éléments fournis par le Bureau central sismologique français. L’épicentre était directement situé au stade du Hameau. Ce tremblement de terre a été d’une telle violence qu’il aurait même soulevé le Pic du Midi d’Ossau, la montagne sacrée des Béarnais !

Cette secousse tellurique a été ressentie à des centaines de kilomètres à la ronde de la capitale béarnaise. Elle a engendré des répliques un peu partout dans le Béarn. Le retour en force de la Section paloise en Top 14 a largement dépassé les seuls périmètres du Hameau et de la « cité du vert galant ». D’Oloron à Orthez, en passant par Laruns ou encore Ger, c’est un tsunami de bonheur qui a submergé les villages et les cités de la campagne.

À l’heure où un coup de sifflet historique sanctionna le titre de champion de France de Pro D2, les 13 000 supporters rassemblés au Hameau laissèrent enfin exploser leur joie. Une clameur immense à vous déchirer les tympans. Le directeur du développement et de la communication de la Section, Michel Parneix, s’est empressé d’embrasser Abdellatif Boutaty, le nouveau porte-bonheur de l’équipe. À la manière du rituel mis en place entre Laurent Blanc et Fabien Barthez lors du Mondial de foot 1998, il a déposé un baiser sur le crâne chauve du deuxième ligne. Au même titre que le capitaine courage Jean Bouilhou, le Marocain a été l’un des grands déclencheurs du festin enchanté de la Section. À un moment où le doute avait commencé à s’immiscer dans les têtes des joueurs et du public du Hameau, il s’est extrait d’un maul pour s’en aller inscrire un essai rageur. Regard levé vers le ciel, Boutaty n’a pas manqué de remercier son Dieu pour cette divine offrande. Les supporters verts et blancs l’ont salué d’un vibrant « Boutaty, Boutaty » pour avoir rallumé la flamme dans leur cœur.

« Pour un match de gala, on ne pouvait pas rêver meilleur scénario, avouait des trémolos pleins la voix, Michel Parneix. Montauban nous a offert une vraie finale. » Un match incroyable avec son lot de rebondissements, d’intense passion et un suspense haletant. Les aficionados de la Section sont passés en quatre-vingts minutes par tous les étages de l’ascenseur émotionnel : de l’espoir au doute, en passant par la souffrance et la joie. Un bonheur XXL symbolisé par le premier édile François Bayrou et le président palois, Bernard Pontneau. « Quand l’arbitre a sifflé, nous avions tous les deux les larmes aux yeux avec François, confiait un Pontneau au septième ciel. Je lui ai alors dit : « Putain, on est cons quand même de se mettre dans un tel état. » Mais que ce moment fut énorme à vivre ! »

Un magma humain

Phénomène rare ! Ce puissant tremblement de terre a été suivi d’une violente éruption volcanique. Une coulée gigantesque de supporters s’est déversée sur la pelouse du Hameau. Les joueurs palois ont mis plus d’une demi-heure à s’extraire de ce magma humain pour atteindre l’entrée du tunnel les conduisant à leurs vestiaires. Cette impressionnante explosion du volcan Section a été immortalisée par la nuée de photographes et caméramen postés au bord du terrain mais aussi les deux drones loués spécialement par le club pour l’occasion. Elle avait été annoncée tout au long de la semaine par le club des supporters du « Seizième homme » à grand renfort de communication sur les réseaux sociaux. Ce séisme d’origine volcanique résulte de l’accumulation de frustration chez les supporters palois à laquelle se mêle tout un fatras de pensées comme dans un chaudron bouillonnant de déceptions et rendez-vous manqués. Magma douloureux et pénible.

Neuf ans de purgatoire

Oublié les deux finales d’accession perdues face à Mont-de-Marsan et Brive en 2012 puis 2013 ! La Section tient enfin son sommet sportif et (Pau) pulaire. Les larmes de crocodiles de Bordeaux avaient laissé place samedi soir à de chaudes larmes de joie sur les visages des protagonistes palois de cette montée et de leurs proches. Submergée par la solennité du moment, Isabelle Pontneau, la femme du président, a besoin d’évacuer son trop-plein d’émotions. Son fils Maxime vient à la rescousse pour la réconforter. Sylvie Mannix n’est pas mieux lotie. Malgré le torrent de larmes coulant sur ses joues, la moitié du manager néo-zélandais n’en a pour autant pas perdu sa lucidité. Caméra au poing, elle prend le soin de mettre en boîte ces scènes de catharsis collective.

Un vent de folie s’est emparé du Béarn enfin libéré d’un poids. Le Hameau est noyé par un flot d’embrassades, d’étreintes et de photos. Les supporters de la Section allument des pétards et des fumigènes aux couleurs vertes et blanches avant de se lancer dans une farandole géante jusqu’au bout de la nuit. Pour son « Pau d’adieu » au Pro D2, les Sectionnistes n’avaient pas fait les choses à moitié. Une poignée de supporters passionnés avaient pris le soin de confectionner un bouclier sur mesure pour les joueurs en attendant qu’ils récupèrent l’original des mains des pontes de la LNR pour la réception de Carcassonne le 2 mai. Neuf ans après, la Section a retrouvé sa place au sein du grand concert des équipes du Top 14. À elle désormais de ne pas gâcher les belles promesses nées de cette nuit de printemps enchanté.

Jérôme Fredon
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