Mignot : «Nous sommes rentrées dans l’histoire»

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    Mignot : «Nous sommes rentrées dans l’histoire»
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Gaëlle Mignot, capitaine de l’équipe de France et du club de Montpellier, a remporté samedi 2 mai son troisième titre consécutif de Top 8, le championnat de France élite de rugby féminin. La talonneur revient sur cette finale et nous livre ses impressions sur sa saison, couronnée de succès.

Comment avez-vous vécu cette nouvelle finale de Top 8 samedi 2 mai ?

Avec beaucoup d’émotions, que ce soit dans la préparation de la rencontre ou sur le terrain. Les finales sont toujours des matchs particuliers, des moments forts en émotion. C’est à la fois la fin et la concrétisation d’une saison mais aussi le début de quelque chose de nouveau car chaque année, des filles arrêtent, d’autres arrivent dans l’équipe. Pour revenir au match, je pense que ça s’est beaucoup joué au mental. Dès le début, on avait décidé de leur faire mal en défense, ce qu’on a réussi à faire. Pour preuve, les Lilloises nous ont marquées trois petits points seulement.

Quel était le ressort psychologique pour motiver l’équipe avant cette finale ?

La motivation est assez simple à aller chercher chez les filles quand on joue une finale de championnat. Ce qu’il a fallu faire pour préparer ce match, c’est gérer les émotions des unes et des autres. Le match étant télévisé, ça pouvait apporter une pression de plus à certaines filles qui n’avaient pas l’habitude de ce genre d’événements. Les plus jeunes ont eu besoin de sentir qu’elles étaient encadrées et entourées au moment d’aborder cette finale.

Y avait-il une fatigue mentale ou une lassitude après deux saisons déjà couronnées de succès ?

Pas du tout. Jouer une finale et avoir la possibilité de gagner un titre de champion de France est un moment unique dans une carrière. Ce sont 80 minutes que toutes les joueuses rêvent de vivre un jour. Même après plusieurs finales ou plusieurs titres dans mon cas, on a toujours envie d’y retourner et la motivation est toujours aussi grande. De plus, cette année, il y avait le challenge d’égaler l’histoire. Seul Perpignan était parvenu à obtenir trois titres consécutivement.

Durant la finale, vous êtes alignée troisième ligne aile. Votre rôle a-t-il ainsi été différent que quand vous êtes talonneur ?

Mon rôle en tant que capitaine n’a pas évolué avec ce changement de poste. Que je sois au talon ou en troisième ligne, ce qui m’importe c’est d’être sur le terrain et d’aider l’équipe. Tant que je joue, je suis heureuse même si mon poste de prédilection reste le talonnage. Mais quand le coach est venu me voir jeudi soir pour me demander de jouer à ce poste-là suite à plusieurs blessures dans le groupe, j’ai tout de suite accepté sans réfléchir. Quand on a la chance de jouer une finale, il faut en profiter.

Vous avez déclaré que chaque titre était différent mais que vous savouriez encore plus celui-là. Pourquoi cela ?

Cette année a été un peu particulière et plus compliquée que les précédentes. On a perdu trois fois. La défaite à Perpignan, dans un match télévisé nous avait d’ailleurs beaucoup affectées mentalement. De plus, on a changé d’entraîneur et de staff au mois de février. Rien n’a été facile, à l’image de notre demi-finale. Ce sont toutes ces difficultés et embûches rencontrées au cours de la saison qui nous font encore plus savourer ce troisième titre consécutif.

Comment avez-vous transformé vos difficultés en force ?

Je pense que ces épisodes ont soudé le collectif autour d’un même projet, celui d’être championnes une troisième année consécutive. Ça a beaucoup compté au moment d’aborder les matchs couperets de fin de saison. Après nos trois défaites, on s’est regardé dans le blanc des yeux avec les filles et on s’est dit qu’on devait travailler encore plus pour arriver à cet objectif de fin de saison. En plus d’être soudé, notre groupe était vraiment complémentaire. Il y avait des joueuses avec beaucoup d’expérience, internationales et d’autres plus jeunes qui n’avaient pas l’habitude des gros matchs mais qui étaient très bien encadrées.

À titre personnel, que retenez-vous de votre saison ?

J’ai eu la chance de faire la Coupe du monde avec l’équipe de France l’été dernier. Cependant, nous sommes passées à côté de l’événement. On y allait avec la volonté de remporter la compétition et notre troisième place a été vécue comme un échec. On est passé à côté de quelque chose de réalisable. Après ça, le début de saison a été compliqué, le moral était un peu touché et nous avions dépensé beaucoup d’énergie avec les cinq autres internationales de Montpellier. Mais on s’est remis tout de suite au travail avec le club pour tourner la page de la Coupe du monde. Il ne faut jamais oublier que tout passe par le club. Si aujourd’hui je suis régulièrement appelée en équipe de France, c’est parce que je fais de bonne performance avec mon club. Mes sélections, je les dois au staff et à toutes les filles qui jouent avec moi à Montpellier.

Qu’attendez-vous pour l’année prochaine ?

D’un point de vue personnel, j’espère continuer à être appelée en équipe de France tout au long de la saison et pouvoir participer au Tournoi des Six Nations l’hiver prochain en préparation de la Coupe du monde qui se tiendra en 2017. À Montpellier, le but pour l’année prochaine est de pouvoir installer durablement les entraîneurs qui nous ont rejoints en février dernier. Car le titre obtenu samedi dernier à Bourg-en-Bresse, ils ne se l’appropriaient pas vraiment étant arrivés en cours de route. Maintenant, ils vont pouvoir faire une saison complète, s’installer vraiment avec, pour objectif, de décrocher le quatrième titre consécutif du club. Ce serait historique et cela marquerait l’histoire du rugby féminin. Propos recueillis par V. G.

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