Oyonnax est libre dans sa tête

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    Oyonnax est libre dans sa tête
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Déchargé de la pression du maintien, l’USO aborde sa fin de saison sans limite à ses ambitions. Le triomphe à Marcel-Michelin, retentissant, porte la marque de cet état d’esprit.

Le pire, c’est que les Oyonnaxiens n’ont pas livré le match de leur vie. Même pas le match de leur saison. « En toute objectivité, je nous ai trouvés assez lourds et lents. Avec la chaleur, nous avons vite manqué de rythme. Mais nous nous sommes accrochés », reconnaissait simplement Christophe Urios. Une considération, honnête, qui est venue plusieurs dizaines de minutes après la rencontre. Parce qu’au coup de sifflet final, tout le monde se foutait bien de la manière. Oyonnax venait de gagner à Marcel-Michelin. Dans un enthousiasme rageur, l’entraîneur de l’Ain avait balancé sa bouteille d’eau au sol, de toutes ses forces, avant de prendre Jody Jenneker dans ses bras. Les Haut-bugistes ont couru les uns vers les autres et levé les bras au ciel, comme on célèbre un titre ou une victoire arrachée en match éliminatoire. On ne gagne pas tous les jours à Michelin. Sur les dix dernières années, ils sont même rares ceux qui y sont parvenus. Et qu’importe le contexte, que personne n’ignorait au coup de sifflet final. « Nous sommes lucides, nous ne sommes pas meilleurs que Clermont. Mais qu’importe, nous avons su profiter de leur contexte européen et nous accrocher à notre rêve », assumait Olivier Missoup. Urios poursuivait : « Nous sommes contents, ne vous trompez pas. Mais nous ne sommes pas surpris parce qu’il y avait ce contexte. Pour Clermont, ce match était terrible à préparer. C’était même injuste. Nous le savions et nous avons joué dessus.»

L’âme légère et l’ambition grandissante

Sans briller mais à force d’abnégation, Oyonnax a fait un pas de plus, très sérieux, vers une qualification foutrement improbable il y a huit mois. La deuxième saison après l’accession en élite est la plus dure. Paraît-il. Le départ annoncé de Christophe Urios devait faire exploser ce groupe si soudé. Soi-disant. Mais Oyo a déjoué toutes ces vérités trop faciles. Il laisse aujourd’hui l’image d’une superbe histoire d’hommes. Et puis, sérieusement : qui aimerait désormais croiser le chemin des Haut-bugistes, que ce soit d’ici la fin de phase régulière ou en phase finale ? Le contexte rappel celui de Castres, il y a deux ans. La fin prochaine d’une belle histoire de plusieurs saisons, qui va renforcer encore l’âme de ce groupe « uni par des liens d’amitié forts ». Et une insouciance superbe, désormais que le maintien est assuré, qui pourrait conduire Oyonnax bien au-delà de son rêve. « Vers le haut, on ne se fixe pas de limites. Nous sommes certainement la seule équipe qui va jouer cette fin de championnat sans pression. Si on parle de Bordeaux-Bègles, de Grenoble ou de Montpellier, ce sont des équipes qui doivent absolument rentrer dans les six. C’est important pour l’évolution de leur club. Nous, absolument pas. Il n’y a aucun enjeu économique. Le seul facteur important, désormais, c’est la belle aventure que nous vivons. Je crois d’ailleurs qu’en jouant l’esprit libre, nous serons d’autant plus dangereux si nous parvenons à garder, en même temps, le même investissement. On ne se prend pas la tête, on a aucune pression. Et je crois que c’est ainsi qu’on atteindra nos objectifs.»

Quatre matchs pour l’histoire

Si les Oyonnaxiens ne voulaient pas verser dans l’euphorie, samedi, c’est justement que ce groupe voit plus loin. C’est la décision des joueurs qui, s’ils préfèrent encore parler « d’objectif top 8 », éprouvent toutes les difficultés à voiler leur envie de participer aux phases finales. « On verra par la suite si cette victoire à Clermont est notre plus bel exploit de la saison ou s’il en vient d’autres », glisse malicieusement le capitaine Florian Denos. Avant de se mouiller. « La sixième place serait un bel exploit pour ce club. Mais aussi une déception si on n’y arrive pas. C’est le paradoxe. Cette qualification est à notre portée. ça fait envie.» Urios conclut : «C’est bientôt la fin de la saison et la fin d’une histoire. Nous avons envie d’en profiter au maximum». Il reste quatre matchs. Peut-être cinq. Peut-être plus encore.

Léo Faure
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