UBB : damiers, le feu sacré

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    UBB : damiers, le feu sacré
Publié le , mis à jour

Entre la der à Musard, l’hommage rendu aux anciens et l’obligation de battre Oyonnax, l’UBB a vécu un samedi d’une forte intensité. Elle en sort renforcée.

Dans l’atmosphère jouissive d’un samedi hors norme que le rassemblement faramineux de quelque 400 anciens, toutes générations confondues, a porté à ébullition, il y a eu collisions multiples de sentiments. La der de l’UBB à Musard valait bien cette fête que seuls les Oyonnaxiens avaient le pouvoir de gâcher. Les Urios boys se sont endurcis, et les Girondins ont dû puiser au plus profond de leurs ressources mentales et physiques pour offrir à leur public bouillant la seule récompense qui valait, ce jour-là, à leurs yeux. Refermer le livre d’histoire sur la fierté d’une victoire. Les attitudes, celle de Raphaël Ibañez longtemps seul sur un banc du vestiaire afin de récupérer d’un « match à émotions », les regards échangés, ô combien expressifs, les mots prononcés, ceux du président Laurent Marti avouant avoir ressenti les mêmes sensations que lors de sa première année, celles : « d’une cage thoracique qui se referme. » Les paroles aussi de l’ancien Hugh Chalmers collant au contexte : « Dans cette équipe les places sont chères et j’ai eu ce soir la chance et l’honneur de porter le maillot a damiers. » Tout au long de la semaine, l’Union avait fait bloc dans sa dure préparation à un défi qu’elle savait immense. La mission accomplie, la tension normalisée, Raphaël Ibañez a globalisé sa réflexion pour délivrer un message qui se déchiffrait aussi entre les mots : « On ne pouvait pas perdre ce match par rapport à sa dimension historique. Une victoire était obligatoire, indispensable pour que la nouvelle génération soit dignement acceptée par les anciens. Je me dis qu’avec notre petite équipe, sans grande prétention, nous avons aussi la capacité à gagner quelques matchs décisifs. On ne peut pas mettre de côté la qualité de l’adversaire qui est une équipe du Top 6 revendiquée. Au niveau de l’UBB j’ai compris la leçon, cela fait un moment qu’on ne revendique plus rien. Nous ne sommes ni candidats, ni prétendants, nous sommes juste avec les gars dans la réflexion, la concentration, dans le travail et cela me fait plaisir de voir que les joueurs, avec toute l’énergie et la détermination qu’ils ont en eux sont parvenus à renverser le cours du match. Je ne dirai plus rien sur les ambitions du club, je vois juste des gars qui se sont défoncés pour les copains. » Le symbole de cette farouche résolution est tout trouvé, il a porté le numéro 5 durant 78 minutes alors qu’il n’avait pas joué depuis quatre mois. Comme ses coéquipiers de combat, Adam Jaulhac a fini son considérable labeur épuisé mais il lui restait la force de raconter : « C’est l’envie qui m’a porté. Je rongeais mon frein. La der de Moga cela veut dire beaucoup pour moi, c’est le terrain qui m’a vu grandir. Quand j’ai regardé le chrono nous n’étions qu’à la dixième minute, des arrêts de jeu m’ont sauvé la vie… Mais quand on joue Oyonnax on comprend pourquoi ils en sont là. »

Remercier l’histoire

Car on ne vous l’a pas encore vraiment dit mais l’UBB stratégiquement moins virevoltante que d’ordinaire, a énormément souffert pour se tirer des griffes d’un collectif dominateur dans la possession et l’occupation. Ajoutez-y la force des impacts et le fait que les Oyomen ont commis très peu de fautes dans leur camp, et vous aurez une idée plus juste des mérites de la bande à Madaule d’avoir su apprivoiser la victoire. En dépit d’aléas soulignés par Laurent Marti : « Au cours du match j’ai trouvé qu’on vivait un peu une injustice. Oyonnax a démontré aujourd’hui pourquoi ils sont sixièmes, mais en même temps j’ai trouvé que M. Berdos les laissait trop faire dans les rucks et les zones plaqueur-plaqué. C’est ce qui nous a compliqué la tache. » Jusqu’à l’essai libérateur du 3e ligne Marco Tauleigne à son poids de forme de 114 kg, pas même 22 ans, encore un acte symbolique : « Je n’ai pas réfléchi, j’ai été tout droit. Je rentre quelques minutes mais pour des premières fois cela me va. La confiance que l’on m’accorde me fait du bien. Je tenais à gagner ce match. » C’est fait. Heini Adams et Blair Connor, époustouflant, ont pu, au nom de l’équipe, « remercier ceux qui ont fait l’histoire, la tortue, les Moga, les dirigeants. Nous ne devons pas oublier. » Et maintenant, ils vont tous penser très fort à Bayonne, parce que l’histoire n’est peut-être pas finie… G. P.

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