Des Lyonnais pas si nuls

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    Des Lyonnais pas si nuls
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Avec une équipe recomposée, les Rhodaniens ont montré du cœur et de la fierté pour mettre fin à une série de huit défaites consécutives et repousser l’échéance de la relégation en Pro D2.

Le Lou est donc toujours vivant. Pour être tout à fait honnête et sincère, nous n’aurions pas misé un centime sur un autre résultat qu’une défaite lyonnaise avant le coup d’envoi. Lionel Nallet, Emmanuel Felsina, Julien Puricelli et Deon Fourie, entre autres absents, Loursac intérimaire à l’ouverture, Martin aligné dès le coup d’envoi pour la première fois de la saison à l’aile, sans parler de la titularisation en troisième ligne centre de Masi Matadigo, qui n’avait plus débuté en Top 14 depuis sept mois : l’équipe lyonnaise, entre méforme, physique ou morale, ressemblait peu à l’équipe qui avait tenu tête à ses adversaires avant de souvent s’incliner sur le fil tout au long du championnat.

À la vue de ses dernières performances avec l’équipe dite type, celle-ci promettait d’être dévorée tout cru par son camarade de promotion rochelais qui venait chercher des points précieux pour le maintien. Le Lou a montré qu’il n’entendait pas perdre son honneur en plus de sa place dans l’élite. Bien sûr tout ne fut pas parfait, loin de là. Il a encore égaré des points au pied, vendangé des occasions, rencontré des difficultés en conquête (lire le macro ci-contre). Mais il n’a pas perdu et c’est une première en Top 14 depuis le 2 janvier et la réception du Stade français. Vu la situation, les Lyonnais s’en contentaient. « Cela fait du bien de ne pas perdre, soufflait le manager, Olivier Azam. Tout le monde est déçu mais il y a encore de l’envie. Même si les joueurs connaissent des hauts et des bas pendant la semaine, ils arrivent à se recentrer sur l’essentiel, à se montrer solidaires. Je leur ai d’ailleurs dit que, dans le cas contraire, ils pouvaient rester chez eux. Mais ils viennent tous les matins au stade. Sur le match, ils ont démontré un esprit de compétiteur, ils ont montré qu’ils aimaient le rugby, qu’ils étaient passionnés. Je vois des joueurs qui s’encouragent, restent ensemble, travaillent les uns pour les autres. »

De la fierté

Et contre toute attente ils ont réussi à repousser l’échéance de la descente. Oh, ils ont reculé pour mieux sauter, aucun d’ailleurs n’a évoqué la possibilité de coiffer Bayonne et Castres sur le poteau au soir du 23 mai. Prendre dix points et voir leurs deux adversaires rentrés bredouilles lors des deux prochaines journées, pour profiter du cas d’égalité à trois favorables ? Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’y songent sûrement pas. « Nous savons au fond de nous que nous ne serons pas en Top 14 la saison prochaine mais d’autres auraient lâché à notre place, remarquait Romain Loursac, auteur d’une pige plus qu’honorable à l’ouverture. Nous n’avons que ce que nous méritons mais nous avons montré que nous n’étions pas morts. Avant le match, Olivier Azam, lors de son discours, nous a dit de nous battre pour notre fierté, de transmettre cette émotion au public. Nous n’avons pas la victoire mais nous nous sommes vidés sur le terrain. »

Il reste à remettre ça à deux reprises. Dès vendredi prochain pour commencer à Oyonnax, où Romain Loursac, au Lou depuis 2007, n’a jamais gagné. « Nous n’avons pas envie de prendre une déculotté là-bas, ni de passer pour des clowns », rappelle-t-il. « Malgré une saison chaotique, nous avons à cœur de montrer que nous avons une vraie équipe, que nous ne lâcherons rien, confiait le pilier, Jérémy Castex. Nous voulons finir en beauté, montrer que nous avons du cœur, et, excusez-moi du langage, des couilles. » Déjà, s’ils n’échapperont sûrement pas à la place de bons derniers, les Lyonnais ont montré samedi qu’ils n’étaient pas si nuls. S. F.

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