Montpellier : mission impossible ?

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    Montpellier : mission impossible ?
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En assurant la victoire contre Bayonne (24e j), les Héraultais se sont offert le droit de rêver encore à une place en barrages. Conscients, cependant, qu’ils devront élever leur niveau de jeu.

«On va peut-être faire des pompes en Rangers ». S’il n’a pas tellement le cœur à rire après la laborieuse victoire de son équipe face à Bayonne, François Trinh-Duc tente une petite plaisanterie à l’évocation de la « mission commando » qu’avait évoquée Stéphane Glas à l’issue de la défaite à Brive il y a quinze jours. Pour l’entraîneur des trois-quarts montpelliérains, le calcul était simple : il allait falloir « gagner au Stade français lors de l’avant-dernière journée. D’abord battre Bayonne à domicile puis se mettre en mode commando lors des deux semaines suivantes, à Paris et contre Clermont ». Première partie du contrat remplie avec ce succès face aux Bayonnais. « Maintenant, il faut se transformer en soldats et ne pas réfléchir, assène le demi de mêlée Benoît Paillaugue. Pardonnez-moi l’expression mais il va falloir s’envoyer comme des chiens. On n’a pas d’autres choix si on veut sauver notre saison. »

La mission est claire pour les Montpelliérains, qui iront à Paris jouer un véritable seizième de finale samedi. Le problème, c’est que ce n’est pas vraiment un MHR de phases finales qu’on a vu à l’Altrad Stadium ce week-end. « Étant donné le niveau de notre prestation, il ne serait pas raisonnable de parler de la qualification…, reconnaît François Trinh-Duc. Nous avons encore beaucoup de difficultés sur le plan collectif. » « On n’arrive toujours pas à faire des choses simples, renchérit le talonneur Charles Géli. Parfois, on confond tout : le rugby, c’est d’abord être costaud devant, avoir une bonne défense et être capable de bien sortir de son camp quand il le faut. Nous, on ne sait pas faire ça. Je pense que cela vient du système de jeu que nous avions avant et qui prônait de tout jouer. Il faut qu’on se le sorte de la tête ! »

En attendant, le MHR version White connaît toujours les mêmes troubles dans la mise en place de son jeu. Il aurait certes pu décrocher le point de bonus offensif sur une dernière action offensive mal négociée par Lucas Dupont, mais il ne faut pas se cacher qu’il « s’est fait très peur en première mi-temps », avoue Trinh-Duc. Très peur, à domicile face à une équipe qui joue le maintien et qui le tenait en échec à la mi-temps (10-10)… Encore une fois, les Cistes n’ont pas réussi à imposer leur jeu, ralentis dans les rucks par leurs adversaires. Encore une fois, ils ont multiplié les mauvais choix et souvent confondu vitesse et précipitation. Encore une fois, ils se sont montrés trop indisciplinés, sanctionnés notamment de deux cartons jaunes. Colère de Jake White : « Chaque week-end, on prend des cartons. Chaque week-end ! Tout le monde peut faire des fautes, c’est humain. Mais ce qui n’est pas acceptable, c’est de toujours répéter les mêmes. »

Un réveil (encore) trop tardif

C’est une évidence : « changer de système de jeu en cours de saison est un danger et demande du temps », rappelle l’entraîneur de la mêlée Didier Bès. Force est de constater que Montpellier n’y est pas encore parvenu et n’y parviendra sûrement pas d’ici la fin de la saison. Mais, grâce à cette victoire contre Bayonne et à la défaite d’Oyonnax à Bordeaux, l’espoir demeure. Et tout n’est pas à jeter non plus. L’équipe est parvenue à user son adversaire pour le faire craquer après l’heure de jeu. Elle a eu du mental et su puiser dans ses ressources pour faire la différence en fin de rencontre. La conquête est restée une bonne base de lancement. Et malgré les errements sur le plan offensif, la mobilité de ses avants a fait mouche, à l’image des trois essais en force inscrits samedi, dont deux dans les dix dernières minutes du match.

Pas étincelant, mais il faut bien s’en contenter : « Est-on capable de faire autre chose de toute façon ?, interroge Didier Bès. Il nous manque des joueurs importants, des finisseurs comme Jim (Nagusa, N.D.L.R.). Nous savions les Bayonnais friables autour des rucks après quelque temps de jeu et nous avons insisté là-dessus. On a réussi à les faire exploser à la fin, comme souvent, mais il faudrait y parvenir un peu plus tôt à l’avenir. » Car les erreurs entrevues face aux Bayonnais se paieront cash à Paris et contre Clermont. Et même s’ils ont assuré mathématiquement leur maintien samedi, on sait bien que les Montpelliérains, demi-finalistes directs l’an passé, visaient tout autre chose pour cette saison. Mission impossible ?

Emilie Dudon
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