De la Fédérale au Mondial : Gigauri aura sa chance

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    De la Fédérale au Mondial : Gigauri aura sa chance
Publié le , mis à jour

Peu utilisé depuis trois ans, Revaz Gigauri, centre de Montluçon et de la Géorgie, fait toujours partie de la liste élargie de cinquante joueurs. Il disputera les trois matchs du mois de juin.

Le centre expérimenté de Montluçon Revaz Gigauri (31 ans) n’a plus disputé le Tournoi « B » européen depuis l’année 2012. Cette absence prolongée de cette compétition importante pour la sélection géorgienne, indique clairement sa rétrogradation dans la hiérarchie des trois-quarts. Son dernier match avec les « Lelos » remonte au 22 juin 2014, une sortie sans tambour ni trompette à Tsibilli contre l’Italie « B » (victoire 34-10). Il a aussi participé la Coupe du monde 2013 de rugby à VII à Moscou. Il est toujours dans le circuit. Son nom figure dans la liste élargie des 50 joueurs en course pour partir en Angleterre. Mais il part d’assez loin. Sa dernière chance d’intégrer le groupe du mondial, il devra la saisir lors des trois derniers matchs de préparation que les Géorgiens disputeront avant que ne soit dévoilée la liste définitive des 30 noms. Il est prévu qu’il dispute les deux tests du mois de juin contre le Japon et le Canada, et la rencontre face aux Wasps. Et seulement après ces trois matchs, il connaîtra son avenir. « Je ferai tout pour aller en Angleterre », dit-il en préambule de ces occasions de briller. S’il y parvenait, il rentrait dans le cercle de ceux qui ont participé à trois éditions du Mondial.

En 2007, il était associé à Irakli Giorgadze au centre de l’attaque géorgienne face à l’équipe de France à Marseille, en vis-à-vis de Yannick Jauzion et de David Marty. Les Géorgiens avaient pris la marée devant 60 000 personnes au Vélodrome (64-7), et Revaz Gigauri s’y était distingué par le seul carton jaune reçu par lui en match international. En 2011, en Nouvelle-Zélande, il avait été aligné contre l’Écosse et l’Angleterre. Sa première cape date de 2006 contre l’Ukraine. Il compte 37 sélections. Sa longue expérience internationale compense son manque de pratique quotidienne du haut niveau. Arrivé en France à l’âge de 22 ans par la propulsion de son éclosion internationale, il y habite depuis prés de dix ans, mais au sein de la tribu géorgienne disséminée sur cet eldorado pour rugbymen professionnels, Revaz Gigauri est de ceux qui n’ont jamais franchi la barre de la fédérale 1. Son parcours l’a mené de Montluçon (2006-2008), à Massy (2008-2009), Figeac (2010-2011), Boulogne-Billancourt (2011-2012), jusqu’à son retour à Montluçon, où il rejoue depuis trois saisons sous les ordres de Raphaël Chanal. « Je l’avais eu comme adversaire quand il jouait à Boulogne, alors que je finissais ma carrière de joueur à Montluçon, se souvient l’ancien centre de l’ASM. J’avais affronté un joueur rugueux et très sérieux. Et puisqu’il n’avait laissé que des bons souvenirs lors de son premier passage à Montluçon, je l’ai intégré à notre projet sans hésiter. Je ne suis pas déçu. Revaz est l’archétype du joueur géorgien. Il ne se plaint jamais. Il est toujours l’écoute. Il veut toujours progresser. Et il veut toujours jouer. C’est un bonheur ».

Rapide et puissant

Son style de jeu est plutôt rudimentaire. Cet adepte de la salle de musculation (1,90 m et 102 kg) est très efficace dans son rôle de projectile rectiligne lancée au front des défenses. Il n’est pas le plus rapide, mais il est très puissant, et s’épanouit dans l’épreuve du combat physique en défense. Si cette caractéristique lui a permis de franchir les étapes, elle le limite un peu aujourd’hui aux yeux des sélectionneurs. Michael Bradley, le responsable des trois-quarts géorgiens, l’a rétrogradé en raison de sa palette trop restreinte. « Mais à chaque fois qu’il a été réintégré dans l’équipe, tout le monde a vu à quel point Revaz était un joueur totalement fiable », commente Llo Zedgenidze, l’ancien capitaine des Lelos, adjoint de l’équipe technique. « Je rêve de me confronter à des joueurs tels que Nonu ou Smith, salive Gigauri, à l’évocation de ce match contre la Nouvelle-Zélande, programmé au Millennium de Cardiff le 2 octobre. Je ne joue qu’en Fédérale 1, mais je suis professionnel. Je travaille tous les jours. C’est important le travail. Et c’est toujours un immense plaisir de jouer contre une équipe supposée plus forte. » En 2007 et en 2011, il a déjà prouvé par deux fois son appétence aux grands défis, et c’est la raison pour laquelle, en dépit de sa chute dans les « sondages », il se trouve toujours en capacité de monter dans le wagon de sa troisième Coupe du monde. G. C.

La fragilité du sportif exilé

Si Revaz Gigauri n’a jamais dépassé le stade de la Fédérale 1, il avait tout de même été appelé par Béziers en pro D2. Le manager biterrois Olivier Saisset s’était intéressé à son profil de centre percutant. Nous sommes à l’été 2008. Le Géorgien joue à Montluçon depuis 2 ans. Il doit faire un essai à Béziers à son retour de sélection. Mais il se blesse au mois de juin à l’entraînement avant un match en Roumanie. Sa rupture du tendon d’Achille le tiendra éloigné des terrains pendant 8 mois. Il ne verra jamais Béziers. Revaz Gigauri a 24 ans. Il venait de se lancer en France et pouvait franchir une étape. Le voilà gravement blessé et sans contrat dans un pays étranger. Cette situation difficile n’a pas du tout endommagé son désir de vivre du rugby. Il se fait opérer au mois d’août et décide de suivre sa convalescence en France. Il dort pendant les quatre premiers mois chez son meilleur ami, le pilier de l’ASM David Zirakahvili, et puis pendant deux mois à Montpellier chez Mamuka Gorgodze. Jusqu’à ce que le club de Massy le contacte pour finir la saison en Jean Prat. « Un soulagement incroyable », dit-il. Il n’y jouera que 3 matchs avant de partir un an à Figeac. Et puis un an à Boulogne, avant de revenir à Montluçon. G. C.

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