Montmélian : stupeur et tremblement

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    Montmélian : stupeur et tremblement
Publié le , mis à jour

En difficulté sportivement depuis plusieurs saisons, l’USM jouera la saison prochaine en Fédérale 3. Le club veut continuer à former des joueurs.

Le 19 avril, la terre a tremblé en Savoie. L’information n’a pas fait la une des journaux nationaux. Elle est restée cantonnée à la planète rugbystique mais la déflagration a provoqué un choc. Largement battu à Beaune lors de la dernière journée de Fédérale 2, Montmélian était relégué. Ça faisait quarante ans que le club n’avait plus évolué à un niveau aussi bas. Pour autant, cela lui pendait au nez depuis plusieurs saisons. Relégué de Fédérale 1 en 2010, il s’était maintenu en 2013 grâce à une ultime victoire à Villeurbanne et sauvé des eaux grâce à un rush final exceptionnel la saison dernière. Les Savoyards ont, cette fois, craqué. « Nous galérons depuis trois saisons, reconnaît le président, André Berard. Gagner à Beaune aurait été un exploit. Cette relégation n’est pas arrivée du jour au lendemain. Nous sommes sur la corde raide et un jour, elle finit par casser. »

La première rupture s’est faite, ce n’est pas une surprise, sur le plan économique. Crise oblige, le budget est en baisse de 20 % depuis la période où le club était en Fédérale 1. « Nous avons de la peine à développer notre budget dans une ville de 40 000 habitants. Certains carnets de commandes sont vides, certaines entreprises ne peuvent plus donner. Ce n’est plus la peine d’imaginer évoluer un jour en Fédérale 1. C’est terminé, c’est clair. »

Accepter son sort

Ces dernières saisons, le club s’est donc appuyé sur des joueurs du cru. Les juniors Balandrade, finalistes du championnat de France en 2013, ont intégré l’équipe première, encadrés par des papas d’expérience, revenus au club, comme Denis Lison, ou les frères Forest, Anthony et Mickaël. Cette saison, ce dernier a encore filé un petit coup de main. Cela n’a pas suffi. « Nous avons une descente à assumer. Nous sommes encore un club grâce au travail des bénévoles. Nous allons continuer de former comme des fous. C’est notre planche de salut. Les joueurs ont été vus par les responsables sportifs. Il n’y a rien d’officiel mais la tendance est excellente. Nous devrions garder le groupe. »

Et ce dernier évoluera bien en Fédérale 3, le dirigeant n’envisage pas de déposer un dossier pour postuler à un éventuel repêchage. Avec dix-sept victoires en cinquante-quatre matchs ces trois dernières saisons, il préfère accepter son sort. « Il y a un moment, même avec la meilleure volonté du monde, tu ne peux plus et les spectateurs également. Ils finissent par préférer regarder le Pro D2 à la télé. La situation nous attriste mais nous ne sommes pas abattus, nous restons déterminés. Nous avons un super outil avec des dirigeants, des joueurs, des bénévoles qui s’arrachent. Nous irons à l’étage du dessous avec des ambitions. L’essentiel n’est pas de participer mais de gagner. »

En attendant le résultat de la réserve, en course en championnat de France, le club a déjà pris la décision de conserver sa confiance à Ludovic Mollinié. Il fera équipe sur le banc avec Fabrice Morel, qui remplace Magrit Radoï. Ils auront pour mission de redonner des couleurs à une équipe en souffrance. « Nous sommes déterminés à rebondir très vite. » Reste à espérer que le rebond soit favorable. S. F.

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