«Le seul objectif c’est d’avancer»

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    «Le seul objectif c’est d’avancer»
Publié le / Mis à jour le

Christian Labit a longtemps réfléchi avant de partir entraîner un club de Fédérale. Si le défi était de taille, l’ancien Carcassonnais s’est allié d’un fidèle compagnon, Franck Comba. L’ambition des deux hommes fait la réussite du club.

Aujourd’hui, diriger une équipe de Fédérale 1, c’est un défi, dans le même projet que celui de Lucien Simon ?

CL : C’est forcément un défi. Si je suis venu à Aix, c’est surtout parce qu’il y avait dans ce club, d’une part Lucien Simon, et avec lui, deux présidents qui sont Denis Phillipon et Christophe Serda, avec lesquels j’ai senti réellement de l’ambition et la volonté d’avancer. J’ai vécu trois ans de Fédérale avec Carcassonne et y retourner ce n’était pas ma tasse de thé mais à la fois je me suis dit que, au-delà du fait que j’avais de l’affectif avec Lucien Simon, j’ai senti aussi un projet, une ambition, une histoire à créer, et c’est ce qu’on essaye de faire en ce moment, du moins ce qu’on essaye de mettre en place. Le processus a été simple, c’est venir dans un endroit où on a le sentiment que le club peut avancer et a des ambitions. Sinon revenir en Fédérale 1 pour la Fédérale 1 ça ne me donnait pas envie. J’avais des propositions de Pro D2 mais je n’ai pas accepté parce que pour moi, je préfère aller dans un club de Fédérale 1 qui a de l’ambition, plutôt que d’aller dans un club de Pro D2 qui joue la survie ou le maintien chaque année. Ce n’est pas pour être prétentieux mais je n’aime pas rester sur place et stagner. J’aime créer des histoires qui avancent. Le projet a donc été simple : gravir les échelons le plus rapidement possible avec les moyens qui m’avaient fait défaut dans le club où j’étais avant. Il a fallu repartir et se mettre les mains dans le cambouis après trois années de Pro D2 et c’est là où j’ai voulu créer quelque chose en interne du groupe en prenant par exemple Franck pour entraîner derrière, en prenant des hommes en lesquels j’avais confiance, avec lesquels j’avais eu une histoire et avec lesquels j’avais des certitudes pour pouvoir avancer. Ça commence à se créer et on espère franchir les étapes que le club avait pourvues.

FC : Mon cas est différent. J’avais entraîné Toulon avec Tim Lane à l’époque et avec l’évolution du Club et l’arrivée de Mourad Boudjelall qui nous a évincés avec Tim Lane j’avais pris du recul sur le professionnalisme du rugby et Christian m’a contacté l’an dernier. Comme on s’entendait assez bien dans la vie et que nous avons les mêmes ambitions de jeu, je n’ai pas hésité à le rejoindre pour l’aventure.

Donc travailler ensemble ne vous a pas du tout été imposé, ça a été un choix de votre part à tous les deux ?

CL : La problématique qui s’est posé est qu’au mois de février je me suis retrouvé en délicatesse avec Carcassonne et j’ai mis trois mois avant de me décider de bouger car je n’avais pas envie de repartir directement dans une autre histoire. En Janvier, quand j’ai donné mon accord à Lucien Simon pour venir, il m’a demandé de prendre le train en route fin Janvier. J’ai accepté mais en posant la condition de ne venir que si je restais l’année d’après et que je prenais les hommes que je voulais prendre et qui me semblaient utiles pour moi. Je voulais qu’ils aient ma vision du jeu et la même manière de fonctionner. C’est pour cela qu’il a fallu faire des choix. C’était des hommes qui étaient en place mais qui n’étaient pas les miens. Aujourd’hui nous avons tous le même projet comme avec Sébastien Brigoit qui vient nous donner des conseils sur la mêlée et qui risque d’être l’un des futurs artisans de l’aventure avec qui l’on tient à travailler.

C’est vos aventures en club qui vous a fait vous rencontrez ?

CL : C’est vrai qu’entre Toulouse et le Stade français, les rencontres étaient quand même assez spectaculaires et nous avions l’avantage d’être du sud et d’avoir des affects un peu différents. Après notre carrière on s’est rencontrés autrement, notamment par le biais d’associations, dans des tournois, et c’est comme ça qu’on a pu avancer ensemble.

Comment définiriez-vous votre duo d’entraîneurs ?

FC : Je ne sais pas s’il y a une définition. Pour ma part Christian, quand même, reste l’entraîneur majeur puisque ça fait 8 ans qu’il entraîne et moi je reprends un peu du service à Aix auprès de Christian.

CL : Lui c’est la mesure (rires). Il est plus posé moi je suis quelqu’un d’assez sanguin. C’est de la complémentarité. Il le faut, quand on a cinquante garçons à gérer, il faut pouvoir s’entendre sur les décisions à prendre…

Quelles clés vous a donné le Parc pour vous lancer dans cette aventure ?

CL : Comme je le disais, c’est vraiment l’ambition de franchir les étapes rapidement. Quand les présidents te donnent un discours ambitieux et qu’ils ne réfutent pas le fait que si cela vient à sourire on trouvera du soutien derrière. C’est ce qui m’a donné envie et c’est ce qui m’a plu. Il y a pourtant un contre sens à ça : on se met sous pression, même si je me mets la pression même quand il n’y a pas lieu d’être. Je ne vois pas l’intérêt de se préparer toutes les semaines pour ne pas essayer de gagner le week-end. La clé c’est ça : on nous donne la possibilité d’aller très loin, on ne nous met pas de limites. Le seul objectif c’est d’avancer, de gagner et d’aller le plus loin possible et comme ça, c’est quand même plus facile. Alors bien sûr on est Fédérale 1, mais on se rend copte qu’en Fédérale 1 on fait partie des clubs les plus ambitieux, surtout financièrement car au niveau du budget, on se retrouve second budget de Fédérale 1. Si on venait à réussir on serait l’un des plus gros budgets de Pro D2. Les structures au club pour le staff et pour les joueurs sont un atout de plus. Tout ce qui est fait de positif pour le club est forcément des ambitions nécessaires pour avancer. Ça c’est une goutte d’eau dans leur ambition à eux. Je pense que l’ambition de ce club ne s’arrêtera pas à une tribune. Le but déjà au mois de Mai est de fermer le stade au moins à 90 % avec un restaurant panoramique sur le stade, avec des projets économiques derrière, à l’intérieur de cette tribune.

FC : Très peu de clubs, même en Pro D2 sont capables de mettre en place ce genre de projets. Même s’il y a aussi le jeu qui rentre en compte, économiquement, nous avons une force en plus.

CL : On sent réellement que ça bouge : on remplit le stade tous les week-ends car forcément quand tout réussi, la foule à envie d’y participer. Les gens viennent quand ça gagne. On sent un élan positif.

Vous êtes aux portes de la Pro D2 ?

CL : On ne s’y voit pas encore non. Je connais la Fédérale, je l’ai vécu pendant trois ans et je sais comme c’est dur d’atteindre la Pro D2. L’étape la plus difficile pour le moment c’est la gestion de nos joueurs en Fédérale 1, on en est conscient. À nous de réussir à la franchir.

Vous avez dans votre poule des équipes dont le niveau diffère largement avec le vôtre. Rencontrer ce genre d’équipes vous aide-t-il à vous conforter dans vos idées ?

FC : Nous n’avons pas le choix. Ces matchs, il faut les jouer. Nous avons plus peur de nous que de l’équipe adverse. Chaque semaine on essaye de faire en sorte que l’équipe ne se relâche pas par rapport au début de saison. Le plus dur est la gestion des garçons pour ne pas qu’ils se relâchent sur les matches. Par exemple, le championnat est fait de telle manière qu’au mois d’Avril nous manquons 5 semaines de compétition, le plus dur à gérer se trouve là. Il faut arriver à contenir nos hommes, les garder concentrés, peu importe l’équipe qu’on affronte le week-end prochain.

CL : ce championnat n’est pas fait pour les équipes qui sont ambitieuses. Il est fait pour les petites équipes qui n’ont pas envie d’avancer. C’est malheureux mais c’est comme ça. Tout le monde le sait, tout le monde se cache derrière ça, mais nous on le sait et on le voit. On le vit, on le vit encore plus dans un club qui a de l’ambition, qui a des moyens forcément, et on se rend compte surtout qu’on ne fait rien pour les équipes ambitieuses. On nous donne cinq semaines d’arrêt au mois d’avril pour donner la possibilité à toutes ses équipes de récupérer les blessés de longue date et pour ne pas enchaîner les matchs. Ça favorisera les petits clubs encore une fois mais cela ne fait pas grandir et ne fait pas avancer le rugby à mon sens, c’est un peu dommage. On a des garçons à préparer. Nous sommes désolées si nous avons un club qui est ambitieux et des joueurs professionnels, je crois que cela permet d’avoir moins de chômage en France, malheureusement on ne nous donne pas la possibilité de faire une saison comme des équipes qui ont de l’ambition. À nous de gérer ça. Les équipes qui ont l’envie de vouloir monter, tant mieux, je pense que c’est le but, mais quand on ne joue pas pendant cinq semaines, nos joueurs s’entraînent pour rien. Qu’on ne me dise pas que de s’entraîner tous les jours nous avantage forcément. J’ai entraîné des hommes qui n’étaient pas pros et qui travaillaient à côté, et cela ne nous a pas empêché d’être finaliste à la fin de la saison et demi-finalistes l’année d’après.

Si le scénario est bénéfique pour la Pro D2 la saison prochaine vous continuerez l’aventure ensemble ?

CL : Oui, le but est de repartir tous les deux. De mon côté, l’objectif était d’aller chercher Franck car je savais que si l’histoire avançait je la continuerais avec Franck. Les histoires que je veux créer, je cherche toujours à les créer sur le long terme.

FC : Christian est sanguin mais réfléchi ! (rires)

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