Bayonne-Biarritz : Ce que les Basques pensent de la fusion

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    Bayonne-Biarritz : Ce que les Basques pensent de la fusion
Publié le , mis à jour

À la veille de la fusion très controversée entre les deux clubs rivaux, revenons d’abord sur l’histoire du cuir basque pour comprendre les racines de cet affrontement. Ce mariage rugbystique a-t-il un avenir ?

Le rugby en terre basque : de sa naissance…

L’amour du rugby au Pays basque ne date pas d’hier. En effet, c’est au XIXe siècle au lycée de Bayonne que le rugby a vu le jour. En 1897, un élève landais de 20 ans convertit ses camarades au football rugby. Ce sport novateur s’est ensuite développé et étendu dans la ville de Bayonne et à ses alentours notamment à Biarritz, d’où est née l’Amicale des Anciens de Jules Ferry en 1898, association gérant des disciplines telles que la gymnastique, la natation ou encore la pelote. En 1902 une nouvelle section très active est créée, celle du rugby, ce qui permettra à l’Amicale de devenir le Biarritz Stade puis le Biarritz Sporting Club en 1909 avant de s’appeler définitivement le Biarritz olympique quatre ans plus tard. L’Aviron bayonnais, quant à lui, fut créé en 1904 sur les berges de la Nive. Le premier derby de l’histoire se déroula au stade Aguilera en 1908 où Bayonne s’inclina face aux Biarrots. Il faudra attendre 1934 pour assister à l’apogée du rugby basque lors de la finale du championnat de France, jouée au stade des Ponts Jumeaux de Toulouse. Les Bayonnais prendront leur revanche sur le BO et remporteront leur deuxième titre de champion de France.

à sa fusion…

Aujourd’hui la fusion est une pilule difficile à avaler pour les supporters des deux clubs. De nombreux événements contre cette union ont été organisés sur les réseaux sociaux, comme par exemple ce mercredi 13 mai à Bayonne au siège de l’Aviron. Le public revendique une voix au chapitre, en rappelant les statuts d’actionnaires et de partenaires financiers les plus importants avec environ 8000 places vendues lors des rencontres à Jean-Dauger. Que pensent les autres basques de cette union ? D’après José Foncias, président du BTS (Boucau Tarnos Stade), la fusion est devenue une solution inéluctable en raison des budgets conséquents demandés aux clubs du Top 14 : « Aujourd’hui pour bien vivre en Top 14 il faudrait entre 20 et 25 millions d’euros, somme que n’ont ni l’Aviron ni le BO… Ils ont des problèmes financiers pour terminer leur saison, c’est du moins le bruit qui court dans la région.» José Foncias est favorable à cette union mais il souhaiterait voir ce nouveau club jouer dans un stade indépendant ailleurs ‘qu’à Jean-Dauger et Aguilera. A Anglet, par exemple. Cependant, il reste sceptique sur le public de supporters de ce nouveau club, si toutefois il existe : «Le problème est que Bayonne fédère plus que Biarritz selon moi. Cette décision risque de faire perdre au club bayonnais des supporters inconditionnels !»

À Bardos au siège de l’USB, le président Jean-Baptiste Lamote souligne que ce n’est pas que les joueurs qui sont concernés par cette décision mais aussi le Labour, qui apporte un soutien pécuniaire aux clubs. «L’Aviron et le BO en discutent depuis plusieurs années mais cela n’a jamais abouti. La réalité économique les rattrape». Il ajoute : «Pour nous, membres du Comité, l’essentiel est qu’au moins un club basque porte nos couleurs en Top 14 ». Chaque club a son identité affirme Christophe Rospide, président de l’Emak Hor Arcangues : « Cela va créer des tensions entre les supporters c’est inéluctable. De plus, beaucoup de joueurs vont se retrouver sur le carreau et ne voudront pas forcément venir jouer en troisième série.» Enfin, pour Jeff Bradburn à la tête du Bidart Union Club, il est important d’avoir une équipe forte au pays basque : «Cette fusion permettrait au rugby de survivre dans la région, car sans elle, les clubs seraient tous deux en Pro D2, ou pire…»

Si elle n’a pas fini de diviser, la fusion devient donc nécessaire pour bon nombre. Ce sera la clé de la pérennité du rugby euscarien, bien qu’elle soit confrontée à de nombreuses difficultés tant par le support du public, le choix du stade officiel de ce nouveau club et l’avenir de certains joueurs mis en danger. Affaire à suivre An. B.

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