Castres : le maintien de toute une ville

  • Castres : le maintien de toute une ville
    Castres : le maintien de toute une ville
Publié le , mis à jour

Sur les coups de 16 h 50 samedi 16 mai, un puissant séisme a été ressenti dans tout Castres et sa région. Un tremblement de terre dont l’épicentre se situait au stade Pierre-Antoine. La conclusion d’une journée où toute une ville a fait bloc derrière son équipe.

Il est des réveils plus faciles que d’autres. Celui de ce dimanche 17 mai fait partie de ceux-là, pour les supporters du Castres olympique. Et ce, tout en dévorant les titres de la presse régionale et nationale. Histoire de (re) vivre ou plutôt d’enfin prendre conscience que la veille, ils n’ont pas vu un mirage. Petit retour en arrière. Une vingtaine d’heures plus tôt, la tension était maximale dans la sous-préfecture du Tarn. Tous les regards étant braqués vers le stade Pierre-Antoine, théâtre du match de l’année face à Brive. Une dénomination due à l’enjeu sportif de cette rencontre : victoire impérative pour espérer se maintenir. Or, si la peur peut tétaniser, elle peut également transcender.

À l’image de la Blue Army, véritable 16e homme une fois de plus hier après-midi. « Se battre contre une équipe, c’est difficile. Se battre contre une ville, c’est presque impossible », avait déclaré Mauricio Reggiardo, le consultant du CO dans une vidéo de rassemblement en mars dernier. Les Brivistes en ont eu la preuve, dès leur arrivée à Pierre-Antoine, sur les coups de 13 heures. Dès leur descente du bus, ils ont dû faire face à une marée bleue et blanche venue accueillir les Tarnais. Cette dernière scandant son cri de ralliement : « Ici, ici c’est Pierre-Antoine.»

Un accueil chaleureux

La marée va alors se resserrer quelques secondes plus tard, à l’arrivée du bus du CO. Et comme face à Montpellier en barrage en 2013, les joueurs vont fendre la foule. Dans leurs regards, de la concentration, de la pression mais surtout de la surprise. Celle de voir tout le peuple tarnais leur offrir cette preuve de soutien. Près de 11 000 supporters qui vont dans la foulée, prendre place dans les travées de Pierre-Antoine, pour soutenir les joueurs du sud du Tarn.

L’ambiance étouffante ne va alors cesser de monter jusqu’à 15 heures pour le coup d’envoi. La suite, tout le monde la connaît… Une victoire bonifiée du CO (32-12), grâce à quatre essais de Rémy Grosso, Rémi Tales, Geoffrey Palis et Rémi Lamerat. Mais ce que les téléspectateurs n’ont pu voir, c’est une ola déclenchée depuis la tribune Sud à l’entrée des cinq dernières minutes. Et que dire, de la standing-ovation offerte à Rory Kockott et Rémi Tales, qui disputait son dernier match à Pierre-Antoine. Dans le Tarn, on se souviendra également longtemps de l’essai de Rémi Lamerat. Certes, car validant le maintien du CO en Top 14 mais surtout car venant effacer les larmes de tristesse entraperçues face à Toulouse (9-13, le 31 janvier dernier).

Le salut des héros castrais

Alors que les dernières secondes s’égrènent, le public de Pierre-Antoine effectue un décompte. Car informé du résultat de Bayonne, il a compris… Compris qu’il verrait son équipe, évoluer la saison prochaine dans l’élite du rugby français. L’annonce finale du speaker castrais Jean-Max Pigassou confirme l’ivresse des champions de France 2013 et fait monter une grosse clameur dans les quatre tribunes. « Merci de votre soutien indéfectible cette saison » remerciera Rodrigo Capo Ortega. « J’ai vécu les plus grands moments de ma carrière ici à Castres, merci pour tout votre soutien » poursuivra Rémi Tales sur la pelouse. Les festivités du maintien pouvaient alors débuter, avec un tour d’honneur. Un moment de communion entre une équipe et son public fidèle tout au long de la saison. C. V.

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?