Nafarroa : une fusion qui marche

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    Nafarroa : une fusion qui marche
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En 2003, ce club basque réunissant saint-étienne-de-baïgorry et saint-jean pied de port, voyait le jour. Depuis, il a conquis cinq titres de champion de France !

Il y a d’abord Saint-étienne-de-Baïgorry, 1 800 habitants le dos tourné au Pays Basque « Sud », ou « espagnol », selon des points de vue qui divergent depuis des lunes. Onze kilomètres plus loin trône Saint-Jean Pied de Port, un joli bourg commerçant de 2000 âmes, entouré des fortifications imaginées par Vauban, au temps des invasions barbares. En 2003, les deux clubs vivent une existence paisible, chacun de leur côté, subistant tant bien que mal en Groupe B, l’actuelle Fédérale 1. « Le maintien était un miracle permanent, raconte Georges Duzan, aujourd’hui vice-président de la FFR. Nous avons alors décidé de mutualiser nos forces afin d’exister sur le long terme. » Comme l’expliquait dernièrement Jacky Sallagoïty, alors président de l’US Baïgorry, « les deux clubs avaient une espérance de vie de trois ans, si la fusion n’avait pas été effective. » Rapidement, des contacts se nouent donc entre les deux parties. à Baïgorry comme à Garazi (le nom basque de Saint-Jean-Pied-de-Port), des voix s’élèvent aussitôt contre la volonté des dirigeants bas-navarrais. Les sceptiques annoncent la mort du rugby en basse Navarre et la perte des identités respectives des deux clubs. Georges Duzan se souvient : « J’étais alors persuadé que sans l’entente, Baïgorry et Garazi continueraient de vivre, en séries territoriales, mais avec des écoles de rugby réduites à peau de chagrin et des affluences au stade frôlant la misère. Quel que soit le niveau, un club a besoin de résultats pour exister. » Seuls contre tous, Duzan, Sallagoïty et Garicoïts (alors président de l’US Garazi) ficellent un budget et baptisent la nouvelle entité (Nafarroa, « Navarre » en langue Basque), dont l’équipe première jouera un match à Saint-Jean-Pied-de-Port et le suivant à Saint-Etienne-de-Baïgorry.

150 enfants à l’école de rugby !

Douze ans plus tard, les critiques se sont tues. En mutualisant ses forces, le rugby de l’intérieur du Pays basque a fait mieux que survivre. Au printemps 2015, le nouveau né Nafarroa comptabilise même cinq titres de champions de France : l’équipe première en Fédérale 2, en 2006 ; les cadets Teulière en 2007 et 2008 ; les Juniors Balandrade en 2009 et 2014. « Aujourd’hui, conclut Georges Duzan, les enfants de ceux qui s’étaient élevés contre ce projet sont champions de France avec Nafarroa. Ce ne fut pas toujours facile mais les gens ont appris à vivre avec. » Pensionnaire de Fédérale 2, Nafarroa (270 000 euros de budget) compte aujourd’hui 450 licenciés, dont 150 à l’école de rugby. Les Jaune et Noir de Garazi, les Rouge et Blanc de Baïgorry ne font plus qu’un, sous le drapeau Rouge et Jaune de la nouvelle entité. Il faut donc croire qu’il ait des fusions qui fonctionnent. Même au Pays basque.

Marc Duzan
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