Magne : « Je suis un partisan des troisième ligne de vitesse »

Olivier Magne, le manager des moins de 20 ans tricolores, analyse le choix de PSA concernant la troisième ligne Dusautoir-Chouly-Le Roux qui sera alignée face aux Irlandais.

Quel regard portez-vous sur la troisième ligne Dusautoir-Chouly-Le Roux, qui sera alignée pour la cinquième fois consécutive et devient l’association la plus utilisée par Philippe Saint-André ?

Construite de la sorte, cette troisième ligne me plaît bien. Je la trouve équilibrée et complémentaire. Il y a l’abattage physique et le travail de déplacement qui incombe à Bernard Le Roux. Damien Chouly est aussi capable de ce travail de déplacement et de soutiens. Mais surtout, il est un joueur réfléchi, intelligent et capable de prendre des décisions, d’avoir une approche stratégique des matchs. Quant à Thierry (Dusautoir, N.D.L.R.), il est dans son rôle habituel, auteur des rucks avec une grosse activité défensive. Globalement, je trouve un bon équilibre.

Cette association est souvent pointée du doigt pour manquer de poids sur la ligne d’avantage. Est-ce aussi votre ressenti ?

Non. Je n’ai jamais était adepte des troisième ligne massives. Ce n’est pas ma conception du poste. Je suis un partisan des troisième ligne de vitesse, capables de se déplacer rapidement et longtemps pour intervenir un peu partout sur le terrain. Que ce soit offensivement ou défensivement. Je ne pense pas que notre troisième ligne nécessite absolument la venue d’un joueur plus perforant. Au contraire : il faut des mecs capables d’arriver très vite sur les points chauds, lorsque le ballon se déplace.

Des joueurs comme Lapandry ou Ouedraogo, qui répondent à ces nécessités d’un rugby dynamique, ne sont plus appelés. Est-ce un regret pour vous ?

J’espère que ça changera avec le temps. Je pense que lorsque l’équipe parviendra à enchaîner les résultats et que la confiance reviendra, la rotation pourra aussi revenir et ces joueurs auront leur chance.

La stabilité est-elle importante pour une troisième ligne, ou les joueurs évoluent-il finalement de manière assez indépendante ?

Bien sûr que c’est important. Il faut que des automatismes se créent. Surtout défensivement. D’abord, il faut que les mecs apprennent à se faire confiance l’un-l’autre. Ensuite, il y a forcément des organisations qui s’imposent, sur les zones d’intervention. Chacun doit avoir son rôle et sa place sur le terrain.