Le bâtisseur

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Publié le , mis à jour

Huit ans après son arrivée dans l’Ain, Christophe Urios quittera, à l’issue de la saison, l’USO pour rejoindre Castres. Quoi qu’il arrive ce week-end, il aura mené le club niché sur les contreforts du Jura là où personne ne l’avait amené, à savoir à un quart de finale de championnat de France.

Un an après avoir validé son maintien in extremis lors de la dernière journée de championnat et au bénéfice d’un goal average infime sur l’Usap (3 points), l’USO est aujourd’hui qualifié pour les phases finales de Top 14. Cette année, encore, le club de l’Ain a grandi. Un peu comme ce fut le cas lors de ces huit dernières saisons. Et Urios a été le maître d’œuvre de ce gigantesque chantier. Après avoir été à la tête du CSBJ pendant deux saisons (et entraîné les avants de Castres de 2002 à 2005), Urios prend la succession d’Éric Catinot et prend les rênes du club avec Olivier Nier. L’effet du tandem ne tarde pas à se faire sentir : dès la deuxième saison d’exercice, Oyonnax se hisse jusqu’à une finale d’accession qu’il perd d’un souffle (et pour dix centimètres, distance qu’il a manqué à une pénalité tapée de 60 mètres) face à Albi (14-12). L’année suivante, le club de l’Ain regoûte aux phases finales, mais perd cette fois en demi-finale contre La Rochelle. Cette folle période a ensuite débouché sur une autre phase, moins agréable mais néanmoins inévitable dans tout apprentissage : celle de la stagnation, et ces deux saisons terminées à la huitième place. Des résultats moyens, qui n’ont pas été du goût d’Urios : « J’ai senti à ce moment là qu’il fallait quelque chose de nouveau, et repartir sur un projet », raconte l’intéressé. Aidé de ses dirigeants, Urios déclenche, tel le baron Haussman, un vaste plan qui va redessiner les contours de l’USO : recrutement ambitieux et ciblé sur des joueurs revanchards, structures améliorées, staff renforcé avec l’arrivée de Lippi Sinott (autrefois adjoint de Tana Umaga au RCT) Rien n’a été laissé au hasard.

Toujours plus

Résultat, l’USO fait cavalier seul dans le championnat de Pro D2 (24 victoires, 1 nul et 5 défaites) et accède au Top 14 à l’issue de la saison 2012-2013. Si la montée est historique, le défi est immense. Mais une fois de plus, il est relevé. Christophe Urios, flanqué de Frédéric Charrier pour les trois-quarts et Joe El Abd promu entraîneur des avants, tremble jusqu’à la dernière journée… et ce match à Brive, où le point de bonus défensif combiné à la défaite de Perpignan à Clermont (ainsi qu’un goal-average favorable de trois points) envoie les Catalanes en deuxième division, et les Oyomen au paradis du maintien. À l’intersaison, Urios renforce encore son collectif avec des joueurs rompus au joutes de Top 14. La suite, on la connaît. Aujourd’hui, le club de l’Ain dispose d’un budget pour tenir la route en Top 14, et des infrastructures et une organisation à la hauteur de l’Élite du rugby français. Surtout, « Oyo » est devenu un club attractif, comme en témoigne la signature du All Black Piri Weepu, le demi de mêlée aux 71 sélections. Qui l’eut cru ? Lui, pardi. Lui, et son staff, qui ont été perpétuellement guidés par la recherche de la performance. Alors messieurs, à l’heure où une (belle) page de l’USO va se tourner, on ne peut vous dire qu’une chose : Bravo.

Simon Valzer
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