La grande réconciliation

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  • <p class="txt-legende-2011"><B>La joie des Agenais qui ont décroché leur montée en Top 14, pour le plus grand plaisir de leurs supporters. </B>Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany</p>

    La joie des Agenais qui ont décroché leur montée en Top 14, pour le plus grand plaisir de leurs supporters. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany

Publié le , mis à jour

Délaissé par ses supporters une semaine auparavant, le SUALG a pu compter sur le soutien inconditionnel de tout un peuple ce dimanche à Toulouse. Cela valait bien un nouvel exploit !

Ils étaient partis 500 à Aimé-Giral, ils sont arrivés 10 000 à Toulouse jusqu’à cette vague humaine sur la pelouse d’Ernest-Wallon. Au terme d’une finale d’accession haletante, les Agenais ont chaviré dans ce bonheur dont ils avaient été privés un an plus tôt à Bordeaux. Pour arriver à Toulouse, le chemin fut long, parfois douloureux, souvent hésitant, mais cette équipe a fini par croire en elle. Quand elle était finalement la seule à toujours espérer que cette saison soit encore plus belle que la précédente. Pourtant, Lionel Mazars et ses coéquipiers étaient au bord du gouffre après une entame de championnat complètement raté. On pensait alors cette équipe malade, hantée par sa finale perdue. Il a fallu soigner les têtes, changer les habitudes, revoir les méthodes d’entraînements. Des doutes logiques avec une concurrence toujours plus forte. Pour des émotions exacerbées au coup de sifflet final d’un match qui aurait pu basculer en faveur des Montois dans les dernières secondes. Mathieu Blin, ancien « fossoyeur » du SUALG aujourd’hui guide et prophète, ne parvenait pas à retenir ses larmes. Le manager est resté aux commandes d’un navire qu’il a réussi à ramener à bon port. Des larmes contagieuses auprès du président Alain Tingaud au moment de féliciter ses joueurs, tous très émus. Car, s’ils ont gagné le droit de prendre l’ascenseur pour le Top 14, celui qu’ils connaissent le mieux reste l’ascenseur émotionnel.

Passant facilement d’une demi-finale promise à Armandie à un voyage en Catalogne. Passant aussi facilement d’une entame de match de feu à se retrouver mené au score sur la première incursion des Montois dans leurs 22 mètres. Ou comment faire ressurgir les fantômes du passé et cette première mi-temps de l’horreur livrée un an plus tôt face à La Rochelle. Mathieu Blin a toujours répété qu’il aimait apprendre des leçons du passé, « en déroulant les bobines pour voir comment ça s’est passé ». Le staff agenais avait d’ailleurs snobé la traditionnelle remise des maillots, un moment toujours fort en émotion qui peut être à double tranchant. L’expérience bordelaise avait finalement poussé à plus de simplicité. Ses hommes n’ont pas tremblé cette année, malgré une possession du ballon récompensée par seulement deux pénalités. Un maigre butin au regard de la physionomie de la première période où les Montois trouvaient leur bonheur et leur salut à attirer les Lot-et-Garonnais dans un affrontement au près, laissant la ligne d’attaque agenaise s’ennuyer alors qu’elle semblait en mesure de déborder la défense montoise. « Je pense qu’ils nous ont bien contrés dans les rucks », analysait le toujours vaillant Jalil Narjissi. « Il fallait faire le ménage. On a vite vu qu’ils étaient présents dans ces zones-là. Il fallait que les deux premiers soutiens soient beaucoup plus efficaces pour moins se concentrer sur ces zones-là. » Et ainsi profiter des espaces. L’inarrêtable Taylor Paris, sur une superbe passe de son ouvreur Burton Francis démontrait une nouvelle fois qu’il n’avait pas besoin de beaucoup d’occasions pour faire mouche, devenant certainement le héros de cette phase finale de l’impossible avec trois essais en deux rencontres.

Blin : « De l’excitation et de la folie »

Il fallait enfin un coup de pouce pour finir de croire au destin des Agenais. Comme cette part de chance qui a fui le buteur adverse au meilleur des moments, laissant définitivement croire que cette pelouse d’Ernest-Wallon peut être maudite pour les buteurs. Comme Lionel Beauxis la veille, Emmanuel Saubusse manquait l’immanquable après les vingt dernières minutes de ses coéquipiers. Une pénalité facile passant à droite des perches et une transformation en coin frôlant l’autre montant, laissant croire à Mathieu Blin que le Stade montois venait de prendre le score moins d’une minute du coup de sifflet final. Un manager revenu de ses émotions et capable de voir au-delà de ce simple résultat : « Il faut de l’excitation et de la folie pendant quelque temps. Les joueurs sont en vacances. Ils ont le droit de vivre ces moments-là. Maintenant, nous sommes prêts à aller nous éclater et faire la fête en Top 14. Il faut faire appel à l’euphorie de tout le monde. Le club est dans une situation très positive avec un engouement populaire qui est en train de renaître. » Une fête populaire que le club souhaite accompagner, à l’image du casse-croûte offert sur la route de Perpignan, ou du barbecue géant qui avait réuni plus de 1 000 personnes ce dimanche à Armandie.

Pas forcément l’enfer

Le SUALG ne veut surtout pas laisser croire qu’il a gagné le droit de prendre l’ascenseur pour l’échafaud. Que l’enfer n’attend pas forcément les héros d’aujourd’hui. « Je ressens de l’excitation car nous allons nous confronter à ce qui se fait de mieux. Il y a aussi de la peur. Nous allons mettre notre groupe à l’épreuve. » Alain Tingaud et Mathieu Blin sont sûrs d’être prêts. Ils s’y préparent depuis leur descente au printemps 2013. Alors, ils voulaient simplement profiter de cette nouvelle communion, entre une équipe renaissante et un peuple Bleu et Blanc prêt à pardonner. C’était finalement la plus belle récompense pour tous ses hommes qui ont pris la direction du M. & Moi, en remontant le boulevard à pied depuis la Mairie où ils venaient d’être reçus. Début d’une folie qu’ils veulent maintenant entretenir.

Patrick Derewiany
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