Saracens - Bath, différence de méthodes

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    Saracens - Bath, différence de méthodes
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Qui va l’emporter entre la machine rude et pragmatique des Saracens et la brigade ultra-offensive des Wasps ?

Samedi à Twickenham, les Saracens affronteront Bath en finale du championnat d’Angleterre. L’affiche est inédite entre le club de Londres et celui du Somerset, province de l’Ouest de l’Angleterre. Pourtant, il s’agit de deux poids lourds du rugby de club anglais, mais ils n’ont pas connu leur période dorée au même moment. Les Saracens ont été champions en 2011, premier titre de leur histoire, ils ont perdu de très peu la finale la saison passée (contre Northampton après prolongations) et ils ont terminé premiers de la phase régulière des deux dernières saisons. Les « Fez Boyz » désormais contrôlés par des actionnaires sud-africains constituent une machine de guerre, capables aussi de jouer une finale européenne (en 2014 contre Toulon). L’an passé, ils avaient été donc mortifiés de perdre deux finales coup sur coup. Un nouvel échec serait très dur à admettre.

Bath fut le club phare du rugby anglais des années 80-90 quand il était entraîné par Jack Rowell et qu’il révéla les Guscott, Catt ou Stuart Barnes. À l’époque, on comparait ce club au Stade toulousain. Bath était en avance en termes d’ambition et de préparation à une époque où le rugby avait du mal à sortir de l’amateurisme. Mais ce club provincial n’a plus été champion depuis 1996 et n’a plus fait de finale depuis 2004. Ses concurrents l’avaient rejoint puis doublé en termes de puissance financière et de formation. Mais le francophile Bruce Craig est arrivé aux affaires en 2010. Il a racheté le club de son cœur après avoir fait fortune dans l’immobilier et il lui a permis de recoller aux basques des Leicester, Northampton, Saracens et Harlequins. Son ambition ultime sera de donner un nouveau stade à Bath, d’une capacité de 20 à 25 000 places : choix indispensable mais aussi un crève-cœur pour les nostalgiques car Bath joue depuis la nuit des temps au Recreation Ground, un petit écrin niché au pied d’un château magnifique en plein cœur de la cité. Les installations sont un peu vétustes mais l’endroit est magique. Les Saracens aussi ont longtemps connu des problèmes de stade. Ils ont logé pendant plusieurs saisons à Watford, lointaine banlieue déshéritée de Londres, dans l’antre du club de foot local avant de construire enfin un stade moderne quoique exigüe (Barnet Cophall, 10 000 places au maximum). Mais les Sarries peuvent aller à Wembley (90 000 places) pour les grosses affiches.

Bath : une ligne de trois-quarts phénoménale

Qui sera le favori de cette rencontre ? Bath a terminé deuxième de la saison régulière et les Saracens seulement quatrièmes, c’est une première indication. Chaque équipe l’a emporté à domicile lors de leurs confrontations directes. Évidemment, ce match donnera lieu à l’affrontement des deux jeunes ouvreurs de l’équipe d’Angleterre : Owen Farrell et George Ford, deux gars qui ont la particularité de jouer sous les ordres de leur père. Les Saracens sont réputés pour leur défense énorme mais en face d’eux une escouade offensive de première bourre. La ligne de trois-quarts de Bath a été phénoménale en demi contre Leiscester avec sept essais magnifiques. Watson, Eastmond, Joseph, Banahan, ça peut transpercer n’importe quelle forteresse. Remarquons qu’ils sont tous Anglais, un bon point pour la politique de promotion des jeunes talents de la RFU.

Parmi les curiosités de cette équipe : l’ancien international treiziste Sam Burgess, revenu au pays après avoir brillé en Australie. Les entraîneurs de Bath l’ont d’abord utilisé au centre avant de le déplacer depuis cinq matches en troisième ligne. Le numéro 8 surpénétrant des Saracens et du XV de la Rose Billy Vunipola s’attend à une sacrée partie de manivelles avec lui : « Je pense qu’il est taillé pour cette place, plus que pour le poste de trois-quarts centre. Peut-être à quinze manque-t-il un peu de rapidité. Mais c’est un formidable joueur par son habileté et sa puissance. » Les Saracens ont réussi l’exploit de gagner leur demie à l’extérieur chez les tenants du titre, Northampton (29-24) dans ce qui était la revanche la dernière finale. À l’image de Owen Farrell, froid comme un chien de chasse dans son rôle de buteur. Ils seront eux aussi en pleine confiance. « Nous sommes très fiers d’être sortis vainqueurs d’un match d’une telle intensité. Je pense que nous avons la cultures des grands matches en nous. Nous allons vivre notre quatrième finale en six saisons. Ca veut dire quelque chose quand même. » Du côté de Bath, George Ford a prévenu : « Nous n’aurons peut-être pas la même réussite qu’en demie dans nos entreprises mais nous nous préparons quand même à attaquer pour m arquer le maximum d’essais. Tout le monde sera prêt pour exploiter la moindre opportunité, le moindre ballon jouable que nous laissera l’adversaire. »

Jérôme Prévot
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