ça, c'est Paris !

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    ça, c'est Paris !
Publié le , mis à jour

Pour la première fois depuis 2009, le Stade français se qualifie pour les quarts de finale du Top 14. Larges vainqueurs du troisième derby francilien de la saison, les Soldats roses n'ont aujourd'hui que ce slogan à la bouche : et un, et deux, et trois zéro ! 

On a coutume de dire que la rivalité, dans le derby francilien, n'est entretenue que de manière artificielle par Thomas Savare et Jacky Lorenzetti, soucieux de donner à l'affrontement «  Paris / Banlieue  » les lettres de noblesse qu'il tarde encore à conquérir. Il faut croire que la guéguerre présidentielle est venimeuse, tant l'intensité qui jalonna l'acte 3 du derby fut aussi nouvelle qu'ahurissante. Clash entre Dimitri Szarzewski et Rabah Slimani, explication de texte entre Tomas Lavanini et Hugh Pyle, «  free fight  » entre Djibril Camara et Antonie Claassen. En oublie-t-on ? Probablement. A Jean Bouin, le combat des chefs se traduisit aussi par un affrontement dantesque en mêlée fermée, un secteur de jeu où les Parisiens mirent la première ligne du Racing au supplice, tout comme dans la violence de certains plaquages, ceux de Heinke van der Merwe, Antoine Burban et Jonathan Danty, par exemple. Un régal ? Un banquet pantagruélique, vous dites ! Une orgie de rugby à 15, prompte à faire reculer de quelques mètres les convertis du 7, grand timonier supposé du rugby de demain...
 

Mêlée, touche : le Racing a sombré

S'appuyant sur la meilleure mêlée fermée du Top 14 (à l'origine de six pénalités et un essai !), les Soldats roses ont très rapidement posé leur grosse patte sur ce quart de finale. Dès la neuvième minute, au terme d'un exploit du Fidjien Waisea et d'un oubli -doux euphémisme- de Teddy Thomas en défense, les Parisiens prenaient même l'avantage au score. Une avance qu'ils ne perdraient jamais plus...
Au sujet de ce match, on reste finalement très sceptique quant au niveau affiché par le Racing, qui en restera, comme en Coupe d'Europe, au stade des quarts de finale. Truscidés en mêlée fermée (à sa défense, Luc Ducalcon enchaînait vendredi soir sa trente-deuxième feuille de match de la saison, contre dix-neuf à son vis-à-vis Heinke van der Merwe), largement dominés en touche (quatre ballons perdus), pris sur les impacts physiques (ici, la question du choix entre Antonie Claassen et Camille Gérondeau demeure...), fébriles sur leurs rares lancements de jeu et incapables de mettre du rythme à la rencontre, les Franciliens ne purent opposer que leur courage à leurs rivaux historiques, transcendés par un retour en phase finale qu'ils attendaient depuis six ans. Après un printemps chaotique, l'élimination du Racing à ce stade de la compétition est des plus logiques et promet un gros coup de gueule du président Lorenzetti ainsi que quelques nuits blanches au duo Travers-Labit. De l'autre côté du périph, on est à des lieues de ce climat de sinistrose. Le Stade français est en demi-finale et, vendredi prochain, il affrontera le RCT à Bordeaux.
 

Stade français - Racing-Metro : 38-15 (17-7) 

Vendredi 21 heures, stade Jean-Bouin. Spectateurs : 19175 Arbitre : M. Poite (Midi-Pyrénées). Evolution du score : 5-0, 7-0, 10-0, 15-0, 17-0, 17-5, 17-7 ; 20-7, 20-10, 23-10, 26-10, 29-10, 29-15, 32-15, 35-15, 38-15.Stade français > 15. Camara ; 14. Arias, 13.Waiséa (22. Doumayrou 75e), 12. Danty (21. Bosman 75e), 11. Sinzelle ; 10. Steyn, 9. Dupuy ( 20. Tomas 13e-24e ; 75e) ; 7. Lakafia, 8. Parisse (cap.) (19. Ross 69e), 6. Burban (19. Ross 16e-24e); 5. Flanquart, 4. Pyle (18. Papé 62e); 3. Slimani (23. Kubriashvili 69e), 2. Bonfils (16. Sempéré 59e), 1. Van der Merwe ( 17. Taulofo 64e). Racing-Metro >15. Dulin ; 14. Imhoff, 13. Chavancy, 12. Dumoulin ( 22. Roberts 59e), 11. Thomas ; 10. Sexton (21. Dambielle 75e), 9. Machenaud ( 20. Phillips 70e) ; 7. LeRoux, 8. Claassen (23. Mujati 33e-43e ; 19. Gérondeau 73e), 6. Lauret ; 5. Lavanini, 4. Charteris (18. Van DerMerwe 62e) ; 3. Ducalcon ( 23. Mujati 62e), 2. Szarzewski (cap.) (16. Lacombe 48e), 1. Khinchagichvili ( 17. Ben Arous 48e). Stade français : 2E Waiséa (9e), de pénalité (35e), 8P Steyn (24e, 43e, 52e, 58e, 71e, 77e) ; 2T Steyn (9e, 35e). Carton jaune : Danty (63e-73e). Racing-Metro : 2E Machenaud (40e), Roberts (67e), 1P Sexton (48e), 1T Sexton (40e). Carton jaune : Ducalcon (33e-43e). 

 

 
Marc Duzan
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