Boussès : « Quoi qu’il arrive, on ne retiendra que le meilleur »

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    Boussès : « Quoi qu’il arrive, on ne retiendra que le meilleur »
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Tel un mercenaire, Guillaume Boussès a connu de nombreux clubs et de nombreux dirigeants avant de s’installer définitivement à Oyonnax. Mais ses débuts en tant que pro, le trois-quarts centre les a fait sous les couleurs de Toulouse. À l’heure des barrages, il se souvient…

Désormais oyoman, que retenez-vous de vos débuts au Stade toulousain ?

C’était un rêve de gosse ! J’arrivais de mon petit Rieumes, d’où je suis originaire, et à cette époque-là, le Stade toulousain exerçait un pouvoir incroyable sur la région. Je suis arrivée dans ce club sur la pointe des pieds, au milieu des grands noms du rugby, et petit à petit je me suis fait ma place. Après mon passage en espoirs, Nicolas Jeanjean et moi-même avons signé notre premier contrat espoirs alors que nous venions d’être champions du monde avec les moins de 19 ans, et c’est à partir de là que j’ai commencé à déchanter. L’élite professionnelle est un autre monde, un monde très frustrant. C’est ce qui m’a poussé à partir.

Après vos passages successifs à Biarritz, au Stade français, au Racing-Metro, en quoi Oyonnax a su faire la différence ?

C’était une période difficile pour moi. Étant jeune tous les clubs me désiraient, et là tout à coup, je n’étais plus appelé nulle part. Et Christophe Urios m’a appelé. Le jour où je l’ai rencontré, je me souviens, je venais d’arriver dans ce coin perdu de France que tout le monde redoutait pour son climat. Étonnamment, malgré la neige, il faisait beau et je m’y sentais bien. Christophe (Urios N.D.L.R.) m’attendait en lunettes de soleil comme en plein été. Et puis il m’a parlé de son projet. À ce moment-là, l’USO évoluait encore en Pro D2 et avait pour ambition de jouer la montée en Top 14. Dans ce club familial, avec des dirigeants agréables, abordables, qui tiennent à chaque fois parole, je me suis sentie comme dans mon Rieumes natal. C’était comme une évidence. Et l’aventure a fait le reste.

Aujourd’hui quelle est réellement votre ambition avec ce club ?

Je crois que nous restons très humbles. Nous évoluons dans une structure très différente de celles connues en Top 14, et la saison dernière à la même époque nous nous battions pour le maintien. Jouer les barrages cette saison est quelque chose d’inconnu pour nous. Comme toute expérience, c’est quelque chose à vivre mais peut-être que ça arrive un peu vite, un peu tôt. Cette saison nous avons eu un réel déclic lors de nos matchs à l’extérieur. Cette équipe a gagné en maturité, c’est un fait. Mais aujourd’hui nous nous retrouvons à cette place sans vraiment l’avoir demander et c’est une situation hallucinante. Quand j’arrêterais ma carrière la saison prochaine, je pourrai au moins dire qu’Oyonnax et moi, nous avons été le plus loin possible. Et ça, ça me rend heureux après toutes les déceptions connues jusque-là.

Jouer les barrages face à Toulouse sera déstabilisant pour vous ?

Ce sera d’autant plus déstabilisant depuis le banc de touche à cause de ma blessure. Ce sera vraiment un moment particulier pour moi, même si c’est toujours dur quand on ne participe pas, c’est encore plus stressant et frustrant. Mais lorsque je serai dans l’enceinte d’Ernest-Wallon, j’aurais au moins la certitude que mon choix d’être parti à Oyonnax n’aura pas servi à rien. Je suis heureux d’avoir pu contribuer à cette belle saison avec le club, mais je sais que la finalité, aujourd’hui, je ne l’attends pas dans le rugby. J’aurai donc une certaine pression mais beaucoup de recul : personne ne nous attend là, hormis les supporters qui auront fait le déplacement jusqu’à Toulouse ! On se battra pour eux et pour nous, et quoi qu’il arrive, et on ne retiendra que le meilleur.

Enfin, en quoi pourriez-vous faire basculer le match contre les Toulousains ?

Les hommes de Guy Novès, ont pratiquement tous connu des sélections en tant qu’internationaux. Quand on en est à ce niveau-là, on est capable de se transformer, de se transcender, pour être plus fort mentalement sur un match comme celui-là. Nous n’avons pas cette expérience, il faudra donc changer d’attitude. Nous n’avons pas beaucoup d’armes mais les nôtres sont simples et efficaces. Ce sera notre manière à nous de prendre l’ascendant.

Propos recueillis par Romane Paulin.

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