Les Girondins face à l’Histoire

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    Les Girondins face à l’Histoire
Publié le , mis à jour

Les Bordelo-Bèglais affrontent Gloucester en barrage européen. Une qualification serait une première historique mais l’adversaire évoluera quasiment à domicile.

C’est finalement presque une finale. L’UBB va jouer ce dimanche en fin d’après-midi son premier match couperet depuis son accession à l’élite en 2011. Les Girondins vont retrouver Gloucester en match de barrage européen avec une place en Champions Cup pour le vainqueur, ce qui serait une première historique pour le club girondin qui n’existe que depuis 2006. Mais un parcours en Champions Cup, c’est la perspective de séduire de nouveaux partenaires et surtout de remplir deux ou trois fois de plus le stade Chaban-Delmas. On a l’habitude chiffrer à un million d’euros la manne qui tombe sur un qualifié en Champions Cup.

Évidemment, il n’aura pas l’avantage du terrain puisque la rencontre est programmée à Worcester, c’est-à-dire à moins d’une heure de voiture du centre-ville de Gloucester, autant dire que l’adversaire jouera quasiment à domicile. Mais les hommes de Raphaël Ibanez n’ont pas encore perdu d’avance. On l’a senti dans la détermination du manager en début de semaine. Ses propos étaient ceux d’un hypercompétiteur (lire l’entretien réalisé par Gérard Piffeteau). En tout cas, ceux d’un homme qui a dépassé la déception de l’invraisemblable défaite de Toulouse (22-21) : « Vous pensez vraiment que je peux tout perdre en une semaine ? C’est mal me connaître et c’est mal connaître aussi l’état d’esprit des joueurs. Je ne veux pas lâcher le morceau. Je pense surtout que Bordeaux-Bègles a toutes ses chances. Et que l’UBB mérite la Champions Cup, autant que Gloucester. La Champions Cup à Bordeaux, c’est la garantie d’avoir 30 000 supporters à chaque match, d’immenses rendez-vous, une évaluation majeure pour le club et l’équipe. » Il dirigera en tout cas ce match déchargé de la pression du choix du sélectionneur puisqu’on sait que c’est bien Guy Novès qui s’occupera des Bleus pour les quatre années à venir.

« Un nouveau challenge… »

L’UBB a vécu une saison un peu contrastée avec un petit passage à vide en février-mars et les défaites à domicile face au Stade français et à La Rochelle. Ils ont même été obligés de regarder derrière eux au classement pour spéculer sur une possible descente. Le président Laurent Marti a même montré un certain agacement sur les approximations de son équipe qui, selon lui, a laissé passer une occasion de sixième place qui s’offrait à elle. Mais ça ne signifie pas que tout est à jeter dans le parcours des Girondins. Après tout, cette équipe a aussi produit de grands matchs à, l‘automne contre Clermont et Castres et plus récemment en s’imposant à Lyon dans un match capital pour le maintien. À un mètre près, ils auraient même gagné à Toulouse pour la première fois de leur histoire. Ces Girondins doivent être aussi conscients de leurs forces. Après tout, le septième du Top 14 n’a pas à faire de complexes face au neuvième du Premiership. Car les Anglais de Gloucester sont là parce qu’ils ont gagné la Challenge Cup. Ces Anglais n’ont pas été si souverains que ça en prébarrage contre le Connacht (40-32). Leur victoire n’a tenu qu’à un fil, un essai contestable, et à une égalisation à la dernière minute qui leur ouvrit les portes d’une prolongation.

On a senti les Girondins en pleine forme à Toulouse où ils ont quand même réussi à marquer trois essais sur la pelouse des Sept Deniers face, il est vrai à une équipe réduite à quatorze au bout d’une demi-heure. Mais l’équipe depuis cinq matchs a retrouvé une vraie cohérence, on la sent capable de menacer toutes les défenses. Le demi de mêlée Heinie Adams a retrouvé toutes ses sensations de meneur et d’accélérateur du jeu. Avec un homme de cette trempe à la charnière, un match n’est jamais perdu d’avance. Et les Anglais de Gloucester ne connaissent sûrement pas Blair Connor, l’ailier de poche en pleine bourre en ce moment. À vrai dire, la clé du match sera de savoir si les Girondins ont digéré l’échec de la dernière minute face à Toulouse sur une pénalité abordable manquée par Lionel Beauxis. On a envie de dire que oui et que ce coup du sort peut-être un mal pour un bien. Le sentiment de revanche et de rattrapage pouvant devenir un levier décisif pour la motivation des hommes. « Imaginez si nous nous étions quittés sur ça. Cela aurait été infernal… Or, le sport amène cette chance de pouvoir se projeter vers un nouveau défi, un nouveau challenge. J’aime bien voir ce que les hommes ont en eux en termes de réaction. Il est hors de question que l’équipe lâche prise. Ceux qui n’ont pas ça dans le sang…»

Jérôme Prévot
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