Jutge : «Les entraîneurs et les joueurs veulent de la cohérence»

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    Jutge : «Les entraîneurs et les joueurs veulent de la cohérence»
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La semaine dernière, les arbitres appelés à diriger les rencontres de la prochaine Coupe du monde (23 arbitres de champ, 7 arbitres assistants et 4 arbitres vidéo) ont vécu quatre jours de stage sur les rivages du Bassin d’Arcachon. La formidable réussite de ce regroupement en termes d’accueil et d’organisation par la commission des arbitres de Côte d’Argent, de qualité du site et de contenu des travaux, a été saluée avec enthousiasme par le manager World Rugby, Joël Jutge, qui nous a confié ses premiers sentiments.

A quatre mois de la Coupe du monde, ce rassemblement des arbitres était-il nécessaire ?

Sous cette forme, c’était une première parce que nous avons mis en place des exercices qui n’avaient jamais été réalisés et je l’appréhendais un peu, mais finalement tout c’est bien déroulé. L’objectif étant de mettre ces arbitres dans des conditions de pression que nous avons su recréer et qui ont permis de travailler comme si nous étions dans un match. L’objectif a été atteint.

Qu’attendez-vous de ce stage ?

Il avait deux objectifs : d’abord trouver la cohésion, avoir de la bienveillance entre nous, recréer des liens, solidifier ces liens parce que nous savons très bien qu’en septembre et octobre nous allons être sous les orages et qu’il faudra être très fort pour résister. Ensuite, revoir techniquement tous les points sur lesquels nous devions revenir parce qu’il y avait parfois des incohérences et que le rugby est en perpétuelle évolution. Nous devions nous réunir pour nous mettre d’accord, parce que les entraîneurs et les joueurs veulent de la cohérence.

Quel a été le contenu des travaux ?

Nous avions un contenu technique en nous appuyant sur des vidéos de matchs existants, sur les matchs que nous avons arbitrés du dernier six nations et nous sommes même remontés sur les matchs de la tournée de novembre. Ensuite, nous nous sommes retrouvés sur des exercices un peu plus ludiques, avec des exercices physiques très intenses afin de fatiguer les arbitres, de les polluer, les parasiter et immédiatement, leur demander de retrouver une concentration sur des vidéos, des extraits audio, pour voir s’ils avaient la faculté de retrouver leur concentration, ou pas.

Les enseignements que vous avez tirés de ce stage peuvent-ils conduire à certaines décisions impactant le groupe ou le jeu ?

En termes d’effectif il ne peut pas y avoir de modifications. Le groupe est sélectionné, ils doivent être confiants, ne pas craindre pour leur place qu’ils ont gagnée de haute lutte. Maintenant nous devons nous préparer individuellement et collectivement pour affronter cet événement majeur de 2015, excitant mais terriblement difficile. En termes de règlement il n’y a pas de nouveautés, il faut simplement renforcer certains messages et cela passe par une application dès le week-end prochain (ce dernier week-end, ndlr) lors des rencontres de pré Coupe du monde. Les arbitres doivent se mettre en mode Coupe du monde. On espère qu’il n’y aura pas de modifications majeures lors de la compétition.

Qu’est-il ressorti du travail sur la mêlée ?

J’ai d’abord été ravi de pouvoir bénéficier de la collaboration des joueurs de l’UBB que je tiens à remercier, ainsi que Vincent Manta, du Pôle Espoirs. Nous avons travaillé sur la plage avec un aspect ludique puis en salle. Nous avons pu échanger nos idées afin d’essayer, essayer seulement, d’avoir davantage de certitudes en mêlée sachant que la mêlée reste parfois opaque.

Vous semblez satisfait de la tournure prise par ce stage girondin ?

Ce qui est important pour nous c’est de partir avec certaines certitudes, des observables qui nous paraissent incontournables. Mais quand vous êtes sur le terrain vous pouvez être fatigué, pollué, et cela vient parasiter votre vision. Sur le terrain chacun fait ce qu’il peut, comme il peut.

Je suis ravi parce qu’à travers une formidable soirée comme celle que nous avons passée mercredi on peut se rendre compte que le stage est réussi et l’équipe de Didier Miklou a été absolument remarquable. Nous étions dans les meilleures conditions pour travailler et prendre du plaisir. Nous avons profité d’un environnement exceptionnel, entre le ludique et le travail ce stage payera pour la Coupe du monde. Nous avons un groupe homogène, c’est le but que je visais. Pour arriver à s’entraider sur le terrain il faut s’aimer et cela passe par des moments de fêtes durant lesquels, on ne se contrôle pas trop et on se lâche. Les arbitres n‘ont rien à envier aux joueurs, ils sont capables de mettre le feu dans une soirée... Cela prouve leur bien être et j’espère que ça va continuer et que nous allons consolider ce genre de sentiments.

Les arbitres sont-ils prêts ?

Je l’espère. En tout cas nous faisons tout pour qu’ils le soient. Mais quand on travaille sur l’humain nous savons que l’homme a ses défaillances et que certains d’entre eux connaîtront des défaillances, au même titre que les joueurs. C’est à nous à les aider et les encadrer parce qu’un jour ils seront en difficultés et ce ne sera pas le moment de les lâcher.

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