Etrillard, l’autre pépite bayonnaise

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    Etrillard, l’autre pépite bayonnaise
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À 22 ans, le talonneur de l’Aviron bayonnais Anthony Etrillard devrait s’engager dans les prochains jours à Toulon. Portrait d’un garçon qui n’avait jamais pensé devenir joueur professionnel.

Le déclic a eu lieu en janvier 2013. Anthony Etrillard a alors 19 ans et il ne pense pas encore à une carrière professionnelle. Il avait eu un mince espoir à l’été 2010, convoqué en équipe de France des moins de 18 ans pour une tournée en Afrique du Sud. Un essai sans lendemain. Le garçon, formé à Mouguerre avant d’arriver à l’Aviron bayonnais en cadet, ne pense pas pouvoir faire du rugby un métier. « J’ai commencé à penser à une carrière professionnelle lorsque j’ai été convoqué avec l’équipe première pour un match de Challenge européen contre Newport. » La porte s’entrouve alors Anthony Etrillard décide d’y mettre le pied pour éviter qu’elle ne se referme. Christian Lanta, alors manager des Ciel et Blanc, décide de l’incorporer au groupe professionnel pour accélérer son apprentissage et lui faire toucher du doigt les exigences du très haut niveau. Sans jamais rechigner, il découvre un nouveau quotidien dans l’ombre de David Roumieu le titulaire indiscutable. Pour récompense, il est convoqué à dix-sept reprises lors de la saison 2013-2014 mais doit se contenter de 241 minutes de jeu et reste six matchs sur le banc sans fouler la pelouse. Des miettes qu’il sait apprécier et mettre à profit.

« Je venais à Jean-Dauger petit »

Ses entrées sont de plus en plus remarquées et le club décide de lui faire confiance pour la saison suivante. Ce n’est pas anodin puisque David Roumieu, gravement blessé à un genou, est forfait pour de nombreux mois. Etrillard, fils d’un ancien pilier gauche qui sévissait déjà à l’Aviron dans les années 80, se prépare en conséquence et redouble d’effort pour gagner la confiance de Patricio Noriega, nouveau patron de l’équipe : « Je ne suis pas très vieux et ça m’a fait énormément plaisir que le club me fasse confiance après la blessure de David. Jouer en équipe première était un rêve qui s’est réalisé. Toute ma famille est passionnée de rugby et je venais à Jean-Dauger quand j’étais petit. »

Début octobre, il nous confiait avoir assimiler le rythme d’un match de Top 14. Mieux, il n’a pas tardé à se faire une place de titulaire, repoussant l’expérimenté Grégory Arganèse sur le banc avant que David Roumieu ne connaisse un sort similaire lors de son retour de blessure. Anthony Etrillard a rapidement démontré sa maîtrise des fondamentaux du poste et son activité, son dynamisme dans le jeu courant lui ont permis de se faire remarquer. D’ailleurs, ses dirigeants lui avait fait signer une prolongation de contrat dès le mois de décembre. La descente en Pro D2 a rebattu les cartes. Promis à un très bel avenir, Anthony Etrillard a donc regardé les propositions venues des clubs du Top 14. Toulon a su avancer une carte supplémentaire pour le séduire : une offre pour son ami Charles Ollivon. Ce qui permettrait de rendre ce départ précipité de la Côte basque moins déchirant pour deux joueurs qui ont l’Aviron bayonnais chevillé au corps.

Nicolas Augot
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