Fusion basque : les détails du projet

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    Fusion basque : les détails du projet
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C’est désormais une question d’heures : si elle est validée demain par les actionnaires de l’Aviron bayonnais, l’entité basque devrait voir le jour dès la saison prochaine, en Pro D2.

On raconte, dans les Landes, que les dirigeants dacquois s’étaient préparés à cette éventualité depuis plusieurs semaines. Rétrogradés sportivement en Fédérale 1, les Rouge et Blanc devraient donc sauver leur place en Pro D2 à la faveur de la création de l’entité basque. Demain, le projet porté par Manu Mérin et Serge Blanco - les deux hommes planchent sur le sujet depuis cinq mois - sera en effet présenté au conseil de surveillance de l’Aviron bayonnais. Sera-t-il voté ? C’est ce qu’il se dessine, en effet. Si tel était le cas, l’entité basque verrait le jour dès la saison prochaine en Pro D2. Dotée d’un budget de quinze millions d’euros (Cap Gemini, des industriels du pays basque sud et, à degré moindre, le groupe Axa en seront les principaux sponsors), celle-ci s’appuiera également sur un centre de formation (Euskal Rugby Académie) et une équipe espoirs. Du coup, l’Aviron bayonnais et le Biarritz olympique pourraient être rétrogradés dans le giron amateur, très vraisemblablement en Fédérale 3 (lire ci-contre). Une enveloppe de 3, 5 millions d’euros a également été débloquée par les dirigeants basques afin de régler les licenciements qu’entraîneront nécessairement la fusion. Si le vote de demain consacrait l’idée portée à bout de bras par Mérin et Blanco, on se dirigerait alors vers le calendrier suivant : cinq matchs seraient disputés à Bayonne, cinq à Biarritz et les cinq derniers pourraient être délocalisés à Saint-Sébastien et Bilbao dans le but d’élargir le territoire économique du rugby basque.

Une coprésidence Brusque-Mérin ?

De fait, les manifestations prévues ce soir (500 personnes sont attendues devant la mairie de Bayonne) sur la Côte basque par des supporters récalcitrants ne devraient pas freiner la volonté des deux présidents, bien décidés à maintenir le rugby basque dans l’Élite. Concernant l’entité d’Euskadi, une question demeure quant à la coprésidence de celle-ci : si Manu Mérin devrait logiquement garder ses prérogatives, Serge Blanco pourrait, quant à lui, décider de se consacrer exclusivement à ses obligations fédérales (il est vice-président de la FFR) et propulser un homme de confiance (Nicolas Brusque ?) à la tête de la franchise. En revanche, Alain Afflelou, un temps pressenti comme sponsor maillot de l’entité basque, ne s’engagera pas dans l’aventure.

Finalement, une seule menace semble aujourd’hui peser sur le projet basque. Selon nos informations, Afflelou n’aurait perçu que quarante pourcents de la somme que lui avait promise fin avril Mérin et le groupe de vingt et un actionnaires bayonnais (AB Lagunak), soucieux de racheter ses parts à l’industriel français. Dans les faits, le lunetier possède donc encore 50 % des parts du club Ciel et Blanc. Au 15 juin prochain, la vente sera considérée comme caduque, Afflelou redeviendra l’actionnaire majoritaire du club Ciel et Blanc. Si son dû ne lui était pas payé, que déciderait alors l’ancien président des Girondins au sujet de la fusion ? Jusqu’ici peu consulté sur le projet, suivrait-il Blanco et Mérin ou abandonnerait-il purement et simplement l’idée d’une entité basque ? Si l’entité basque veut voir le jour, l’Aviron bayonnais devra donc avant tout régler ses dettes au lunetier.

Marc Duzan
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