L’AFLD recense 1 012 échantillons analysés pour 6 résultats anormaux

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    L’AFLD recense 1 012 échantillons analysés pour 6 résultats anormaux
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Le rugby, après le cyclisme et l’athlétisme, est le sport le plus contrôlé par l’Agence française de lutte contre le dopage, qui a donné une conférence cet après-midi. Françoise Lasne, qui avait affirmé que le rugby était le sport le plus dopé en 2013, réagit.

Jeudi après-midi, le président de l’Agence française de lutte contre le dopage, Bruno Genevois, a convoqué la presse afin de divulguer le rapport d’activité de l’AFLD. Peu avant de débuter son analyse, Genevois s’est fendu d’un trait d’ironie vis-à-vis du rugby. « Je viens de terminer un ouvrage scientifique. On y constate que le coût dévolu à la recherche des substances illicites était, lors de la Coupe du monde 1995, très modeste et équivalent à 100 000 dollars (89 000 euros, N.D.L.R.). De plus, les contrôles étaient seulement urinaires… » Depuis le Mondial sud-africain, le rugby mondial a néanmoins pris le taureau par les cornes, même si le président Genevois regrette encore que la Fédération internationale (World Rugby) n’autorise l’AFLD à contrôler seulement deux joueurs de chaque équipe lors des matchs du Tournoi des 6 Nations. Il poursuit : « Ce sont, qui plus est, des contrôles urinaires. « No blood » (pas de sang) : telle est la consigne de la Fédération internationale de rugby. » Dans son bureau du Boulevard Saint-Germain, à Paris, le président de l’AFLD s’est ensuite félicité du « recul marqué du dopage organisé dans toutes les disciplines du sport mondial ».

Sur l’année 2014, 7 774 échantillons ont été analysés par les laboratoires coopérant avec l’Agence française de lutte contre le dopage. Les sports les plus contrôlés furent le cyclisme (1 686 analyses), l’athlétisme (1 328 analyses) et le rugby (1 012 analyses). Le football n’arrive qu’en quatrième position de ce classement, avec 778 analyses effectuées au cours de l’année 2014. Le rugby n’a présenté cette année que six résultats anormaux, contre douze à l’athlétisme et vingt-trois au cyclisme. Bruno Genevois conclut ainsi : « En proportion, l’haltérophilie reste la discipline présentant le plus de cas anormaux (348 analyses effectuées et 11 résultats anormaux, N.D.L.R.). Les résultats de 2013 et les propos de Madame Lasne (la directrice du laboratoire de Chatenay-Malabrie avait alors désigné le rugby comme le « sport le plus touché par le dopage », N.D.L.R.) sont donc à relativiser. »

Françoise Lasne

« Je m’en suis tenu aux chiffres »

Vous vous en souvenez ? L’information était la suivante : en proportion du nombre de contrôles réalisés durant l’année 2012, le rugby avait été le sport français le plus touché par le dopage. Ce missile avait été lâché par la directrice du département des analyses de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) Françoise Lasne, lors de son audition au Sénat devant les membres de la commission d’enquête sur l’efficacité de la lutte contre le dopage. « Je me suis intéressée aux sports sur lesquels au moins quatre cents échantillons nous sont parvenus en 2012 afin d’avoir des statistiques fiables. Huit disciplines correspondent à ce critère. Si nous tenons compte de toutes les molécules interdites présentes sur la liste de l’Agence mondiale antidopage, le sport qui donne le plus haut pourcentage [de cas positifs] est le rugby », avait alors expliqué Françoise Lasne sans préciser le pourcentage de cas positifs par rapport au nombre de contrôles réalisés.

Deux ans plus tard, Françoise Lasne a quitté ses fonctions au sein du laboratoire de Châtenay-Malabry. « Je suis retraitée », nous confiait-elle mercredi soir, au téléphone. Lorsqu’on lui rappelle la tempête qu’avaient soulevée ses propos dans le monde du rugby, la scientifique explique : « Je m’en étais simplement tenu à des chiffres. Peut-être que ceux-ci signifiaient simplement qu’au cours de l’année 2012, les contrôles antidopage avaient eu la main plus heureuse dans le monde du rugby que dans les autres sports… Cela ne voulait pas forcément dire que le rugby est un terreau fertile au dopage. On ne pouvait tirer aucune conclusion. » En cherchant loin, alors…

Lasne : « C’est troublant »

Françoise Lasne jure ne pas avoir reçu de « pression » ou d ‘« insultes » de la part du monde du rugby, au temps de l’affaire. « Un monsieur a juste dit dans les médias que je disais n’importe quoi. Ma foi, je n’y peux rien. Je ne sais pas pourquoi ils ont réagi ainsi. La question est toujours un peu sensible, je l’admets. Mais je ne suis pas d’un naturel menteur et j’avais ce jour-là parlé en toute honnêteté. Il n’y avait pas de volonté de nuire. Pourtant, je trouve un peu troublant de dire que ces analyses - plutôt poussées et précises, soyons clairs - sont fausses. Ce serait bien la première fois. » Et l’ancienne directrice du laboratoire de Châtenay-Malabry de conclure : « Lorsque nous procédons à des analyses, les échantillons que nous recevons sont anonymes. Dix échantillons positifs peuvent très bien correspondre au même individu. C’est tout ce que je peux vous dire. Je n’avais à l’esprit aucun rugbyman en particulier. »

Marc Duzan
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