Paris dans l’habit du champion

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    Paris dans l’habit du champion
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Enthousiastes et enthousiasmants, les Parisiens ont renversé la montagne toulonnaise. Il faudra être très fort pour battre ce Stade français en finale.

Qui l’aurait parié ? Paris, 25 ans de moyenne d’âge et une virginité supposée coupable à ce stade de la compétition, a fait le métier. Mieux encore. Les hommes de Gonzalo Quesada ont renversé ce qui se fait certainement de mieux au monde, assurément ce qui se fait de mieux en Europe, pour se frayer un chemin jusqu’à la finales. Colossal, il n’y a pas d’autre mot.

La victoire des Parisiens tient à beaucoup de choses. Au premier rang desquelles ont tient la fraîcheur physique. Pour s’ouvrir la voie vers un troisième sacre européen, le RCT avait concassé ce qui se faisait de mieux. Dégommés les Wasps de Londres, trops tendres pour réellement prétendre à mieux qu’un quart de finale. Annihilée la force de frappe du Leinster au sol, dans cet exercice que les Irlandais maîtrisent pourtant mieux que quiconque. Et martyrisés les Clermontois, finalement, dans une rencontre où l’on vit des hommes affronter des adolescents.

Ce vendredi ? Il n’en fut rien. Les Toulonnais avaient pourtant bénéficié d’une semaine de repos supplémentaire. Mais l’ambition européenne se révèle diablement énergivore. « La semaine de repos, c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Avec Toulon, nous sommes les seuls à avoir consacré autant d’énergie à la compétition européenne. Jusqu’en finale. Bien sûr qu’il nous faut nous régénérer » concédait, après coup, Franck Azéma dont l’équipe essaiera de relever, demain, un défi physique similaire. Toulon et son armada, certainement la plus belle du continent, n’y est pas parvenu.

Giteau, l’ombre de lui-même

La plus belle preuve de ce coup de moins bien est certainement la performance décevante de Matt Giteau. Depuis qu’il est à Toulon, l’Australien est tantôt génial, tantôt sur une autre planète. Ce vendredi, il n’a été que l’ombre de lui-même. Lui en vouloir ? Certainement pas. Giteau a tant régalé, depuis quatre années qu’il évolue en Top 14, qu’il faudrait être fou pour lui en tenir rigueur. La trou d’air de Giteau est un symbole, plutôt qu’une raison de l’échec. Samedi, la troisième ligne parisienne a annihilé ses initiatives comme personne n’avait, avant, réussi à le mettre en œuvre. Samedi, l’ouvreur du RCT a donné la température du jeu de son équipe. Emprunté, maladroit, l’Australien n’a été que l’ombre de lui-même. Gloire aux parisiens, qui ont réussi à provoquer cela. Pour battre le Stade Français en finale, il faudra être grand. Qu’importe l’adversaire. Le message est passé.

Léo Faure
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