Toulouse y reprend goût

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    Toulouse y reprend goût
Publié le , mis à jour

Absents des demi-finales la saison dernière après vingt saisons de présence continue dans le dernier carré, les Stadistes y reviennent avec un appétit décuplé par cette année de jeûne.

Ce n’est pas qu’ils étaient blasés, les Toulousains. Non… Reste qu’après vingt ans de présence continue parmi le dernier carré du championnat, ces derniers avaient presque oublié. Oublié quoi, au juste ? Que cet accessit n’est pas un droit. Qu’il ne s’acquiert pas qu’à la simple grâce d’enfiler un maillot rouge et noir, mais qu’il mérite sa dose d’effort et de transpiration. Pour l’avoir quelque peu oublié la saison dernière, pour s’être probablement vus en demi-finale avant l’heure, les Stadistes avaient essuyé les foudres d’un revers à domicile sur leur pelouse d’Ernest-Wallon face au Racing-Metro. Un écueil que les Stadistes ont évité cette année contre Oyonnax, dans des conditions comparables. Pénalisés comme l’an dernier par les absences en première ligne, les hommes de Guy Novès ont en effet su, cette saison, puiser dans leur fonds de culture et leurs ressources physiques pour forcer le barrage créé par l’USO. D’un petit point ? Certes. Mais d’un point crucial, capital, qui permet au Stade de renouer avec son lustre et ses ambitions. Celles d’un candidat au titre, à en croire le capitaine Thierry Dusautoir. « Les joueurs sont investis sur l’ensemble de la saison pour récupérer les points perdus. Arriver là, c’est une juste récompense après un début de saison chaotique. Comme vous nous l’avez rappelé durant la saison, notre dernier titre remonte à 2012. Depuis, on a eu des échecs en phase finale. Mais on va continuer à croire en nous. »

Les critiques pour motivation

Prétentieux, si l’on veut bien se souvenir que ce Stade-là n’a fait rêver personne durant la saison régulière, brillant par son inconstance au point de concéder cinq défaites de suite en plein cours de la saison ? Peut-être. Sauf que c’est justement des critiques de l’époque que les Stadistes se sont servis pour effectuer leur autocritique, et se dire leurs quatre vérités pendant un stage fondateur au Canet-en-Roussillon. Un séjour qui fut le point de départ des victoires – tiens donc – à Toulon et Paris, leurs potentiels adversaires en cas de qualification en finale. Thierry Dusautoir ne disait d’ailleurs pas le contraire. « Ces critiques ? J’espère que c’est surtout à vous qu’elles serviront, livrait-il dans un sourire. On verra bien demain. Si on compare la saison de Clermont et la nôtre, on est aux opposés. Ils ont eu une saison très maîtrisée. Nous avons pas mal galéré avec un début difficile. La vérité sera visible demain, à l’issue du match et de l’investissement des deux équipes. »

Quelle sortie pour Novès ?

Reste qu’il faut, avant cette échéance, se coltiner un drôle d’adversaire. Cette ASM qui est venue triompher à Ernest-Wallon pendant la période des vaches maigres toulousaines, et que les Toulousains redoutent par-dessus tout après sa finale européenne perdue. « L’échec de Clermont en Coupe d’Europe va nécessairement les remobiliser, affirmait William Servat. On connaît la qualité de leur effectif, qui a eu la possibilité de préparer le match plus longtemps que nous. La fraîcheur sera pour eux, nous allons essayer de faire au mieux, en profitant du plaisir de disputer de nouveau une demi-finale. » Discours crédible ? Évidemment. Mais probablement un brin convenu aussi. En effet, les toulousains savent bien que les Clermontois, favoris désignés, sont aussi tout à fait susceptibles de s’écrouler mentalement en cas de match plus serré que prévu. De quoi nourrir les espoirs les plus légitimes, à condition de résister à la furia auvergnate. La condition sine qua non pour offrir à Guy Novès la sortie au Stade de France que son palmarès mérite, levier de motivation d’autant plus évident que les Toulousains, tous pénétrés du sujet, ne l’ont jamais verbalisé cette semaine. « Guy Novès est toujours présent au Stade toulousain, souriait William Servat. Ce n’est qu’une énième demi-finale pour lui. Tout le club est centré sur cet événement-là. » Qui rêve, plus que jamais, d’apothéose…

Nicolas Zanardi
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