Laporte et Simon rendent hommage à Abadie

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    Laporte et Simon rendent hommage à Abadie
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Au Stade français, Serge Simon et Bernard Laporte furent respectivement le coéquipier et l’entraîneur de Geofrey Abadie, tragiquement disparu samedi matin. Témoignages.

Samedi matin, Geofrey Abadie (50 ans) a mis fin à ses jours en se jetant du quatrième étage de l’appartement qu’il occupait depuis un an à Issy-les-Moulineaux (Hauts de Seine). Bernard Laporte, qui fut son entraîneur au Stade français à la fin des années 90, explique : «J’ai appris la nouvelle dans l’après-midi, alors que je regardais Clermont / Toulouse à la télé. Un message de Serge Simon m’a alerté. Ce week-end me fout la tête en vrac. J’ai mal. J’ai les boules. Geofrey, c’est Graulhet, Gaillac et ma jeunesse dans le Tarn. Je le connais depuis qu’il a 16 ans. Il est arrivé au Stade français en même temps que moi, en 1995. Il fut d’ailleurs le grand artisan de notre montée de Groupe B en deuxième division. Ce mec avait un coup de pompe incroyable et mettait des pénalités des quatre coins du terrain.» En dépression depuis plusieurs années, l’ancien ailier du Racing et du Stade français avait perdu le goût de vivre au crépuscule de sa carrière de joueur, en juin 2000. Serge Simon, ancien président de Provale et coéquipier d’Abadie au Stade français, analyse : «Le Racing et le Stade français ont tout fait pour aider Geofrey à s’en sortir. Mais la tâche était visiblement trop ardue. L’équilibre était fragile. Geofrey aimait la nuit, la fête, les copains. Il avait besoin des autres. Et alors qu’il traversait les moments les plus difficiles de sa vie, il s’est pourtant coupé de nous, probablement par pudeur.»

Laporte : «Une interrogation fondamentale : l’abandon des joueurs»

Du joueur Abadie, Serge Simon se souvient d’un ailier «très athlétique et pourvu d’une très grande gueule. Il provoquait ses adversaires. Mais seulement quand Vincent (Moscato) ou moi-même étions dans les parages... Geofrey avait toujours une histoire à raconter. A l’écouter, il avait fait le Vietnam et l’Indochine... Il va énormément me manquer.» D’ici deux jours, sa famille du défunt (Abadie était père de deux enfants) prendra une décision quant au lieu et au jour de l’incinération. «Quel week-end pourri, poursuit Laporte. Jerry Collins, et maintenant Geofrey... Autant de choses qui mettent nos carrières, nos réussites ou nos échecs en perspective. On a fait ce qu’on a pu. On a aidé notre copain. Mais son mal être était le plus fort. Tôt ou tard, ce serait arrivé. On ne peut maintenir en vie quelqu’un qui a choisi de ne plus l’aimer.» La dernière fois que Bernie a croisé Abadie, c’était l’an passé, au Novotel de Suresnes, peu avant que les Toulonnais ne battent le Castres olympique en finale du championnat de France. «Il était accompagné de son protecteur Michel Tachdjian, conclut le manager du Rct. On a beaucoup parlé, ce jour-là. Son drame replace sur le devant de la scène une interrogation fondamentale, celle de l’abandon des joueurs. La fédération doit se poser les bonnes questions. Nous n’avons pas tous des reconversions dorées. Geofrey en fut l’exemple même. Je ne fais pas de politique. Je parle d’un ami. Un ami au cœur qui est aujourd’hui d’un débat de fond.»

Marc Duzan
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