Les Lions ne sont plus là pour faire le nombre

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    Les Lions ne sont plus là pour faire le nombre
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Les Lions ont manqué de peu la qualification pour les phases finales du Super 15. Mais la franchise de Johannesbourg, souvent mal classée, a gagné le respect après la plus belle saison de son histoire.

Il s’en est fallu de très peu. Les Lions ont manqué la qualification pour les barrages après avoir pourtant ramené un match nul de leur voyage au Cap chez les Stormers (19-19 et trois essais de partout). Et comme ils seront exempts lors de la dernière journée, ils ne pourront plus se rattraper. Mais il y a quelque temps, ce résultat aurait eu valeur d’exploit car les Lions sont désormais certains de terminer au meilleur rang de leur histoire, depuis 2006 en tout cas quand l’équipe basée à Johannesbourg a pris ce nom après s’être appelée « les Chats », « the Cats » de 1998 à 2005. Si l’on prend toute l’histoire de la franchise, on peut considérer que le classement de cette année sera le meilleur depuis les années 2000-2001 quand elle était entraînée par le Néo-Zélandais Laurie Mains. Il est vrai que cette équipe qui joue dans le prestigieux Ellis Park fut longtemps la risée du rugby sud-africain un simple faire-valoir pour les Bulls, les Sharks et les Stormers. En 2013, les Lions avaient même été éjectés du Super Rugby pour être remplacés par les Southern Kings, mais les Félins avaient retrouvé leur place un an plus tard après un barrage contre cette même équipe.

Aucun international confirmé

Sans noms très connus, sans internationaux confirmés, les Lions peuvent donc se targuer d’un excellent parcours qui les a vus battre les Waratahs, les Highlanders ou les Bulls avec la manière et avec pas mal de beaux retours en fin de match, signe d’une condition physique au-dessus de la moyenne. Les Lions ont même réussi à s’imposer deux fois consécutivement chez une franchise australienne au mois de mars (chez les Rebels et chez les Reds). Leur bâton de maréchal restera cette série de cinq victoires consécutives en mars-avril, presque un trophée en soi. C’est un déficit de points de bonus qui les a privés des play-off. En fait, cette équipe entraînée par Johann Ackermann a gardé un style de jeu ultrarapide (le plus vif de toutes les franchises sud-africaines) mais s’est améliorée sur le plan défensif au point d’avoir le meilleur pourcentage de plaquages de toute la compétition. « Nous avons joué avec beaucoup d’intensité et de détermination. Nous avons bien sûr des plans de jeu mais les joueurs ont le droit à des improvisations et nous acceptons les petites erreurs qui vont avec ça », explique Johann Ackermann, ancien deuxième ligne international entre 2001 et 2013. « Oui, il y a beaucoup de désir dans cette équipe, nous avons fait en sorte de proposer une défense plus agressive. Nous voulions avancer sur les plaquages au lieu de les subir », poursuit le capitaine et numéro 8 Warren Whiteley. Heyneke Meyer a fait de lui un prétendant pour la prochaine Coupe du monde. Il fut d’ailleurs essayé à deux reprises lors du dernier Tournoi des IV Nations, chaque fois comme remplaçant. Il est le seul joueur du Super 15 à compter plus de 200 plaquages dans la saison. Mais il est aussi très important dans la continuité du jeu, fort de ses sélections avec l’équipe nationale à sept (médaille d’or aux Jeux du Commonwealth) qui lui ont donné beaucoup d’adresse et une vision de jeu hors pair. Il fut aussi et surtout au-dessus du lot sur les touches défensives comme le deuxième ligne Franco Mostert, très fort lui aussi dans les déplacements.

Jantjies, talent le plus spectaculaire

Mais le talent le plus impressionnant de cette équipe demeure le demi d’ouverture Elton Jantjies, vrai leader d’attaque et plutôt en veine dans ses tirs au but. Il a lui aussi une chance de faire la Coupe du monde, trois ans après ses deux seules apparitions lors des Tri-Nations 2012. En 2013, il avait été prêté aux Stormers le temps de la fameuse saison hors-jeu des Lions qui avaient passé la saison à préparer leur barrage de retour. Dans cette équipe, seuls trois joueurs ont déjà connu la sélection sous le maillot des Springboks, le troisième étant le pilier Julian Redelinghuys, deux fois entré en fin de match lors de la dernière tournée d’automne. On pourrait multiplier les citations parmi ces joueurs de l’ombre : Warwick Teckelenburg, préposé aux tâches obscures, Jaco Kriel flanker hyper offensif, les centres puissants Harold Voster ou Lionel Mapoe et deux talents émergents à qui on promet le niveau international : le demi de mêlée Faf De Clerk et l’ailier Ruan Combrink. « On ne peut pas se montrer satisfait d’une saison qui nous a vus manquer les play-off, il y a encore beaucoup de travail à accomplir. Mais si vous me demandez si je suis content du travail accompli, je vous répondrai oui quand on se souvient à quel point nous en étions en janvier 2014 », reprend Johann Ackermnann. J. P. (avec Ken Borland).

Jérôme Prévot
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