David Darricarrère: «Ne pas laisser trop de jus…»

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    David Darricarrère: «Ne pas laisser trop de jus…»
Publié le , mis à jour

L’an passé à pareille époque, David Darricarrère préparait la finale du Top 14, face au RCT. Le technicien, qui a quitté le CO en fin de saison, nous livre son expérience de ces matchs si particuliers, qui demandent une préparation toute aussi particulière. Interview.

Quelle est la chose la plus importante dans la préparation d’une finale ?

Il ne faut pas entrer trop tôt dans la finale, mais faire en sorte que la pression monte progressivement. On y parvient en saupoudrant les doses de travail, en évitant d’y penser à chaque instant. Le but, c’est de ne pas laisser trop de jus, mentalement et physiquement. Pour ça, on peut organiser des touchers ou des petits jeux… Il faut faire autre chose. Le danger est de matraquer les joueurs d’entrée avec de la vidéo ou de la préparation. Il faut éviter de taper trop fort.

Il faut donc changer les habitudes ?

Pas forcément au niveau des horaires, mais au niveau des contenus, c’est certain. L’objectif est d’arriver avec de la fraîcheur, psychologiquement et physiquement. C’est primordial. Alors c’est une question d’organisation en majeure partie. Il n’y a pas grand-chose à faire en termes de motivation ou de mobilisation, le match à lui tout seul mobilise et motive. Justement, il faut éviter de se mettre une pression qui peut s’avérer négative.

Les mises au vert sont-elles nécessaires ?

Oui et non. Cela dépend du contexte. Si tu évolues dans un contexte assez prenant, exigeant et que les joueurs ne peuvent pas aller chercher leur pain sans se faire harceler par les supporters, c’est indispensable. Mais certains environnements ne mettent pas ou peu de pression, et dans ce cas-là, tu es aussi bien chez toi qu’à l’hôtel.

Vous avez préparé deux finales (remportée en Pro D2 avec La Rochelle en 2007 et perdue en Top 14 avec Castres l’an passé). Aviez-vous changé votre approche entre ces deux événements ?

Avec La Rochelle, nous étions partis trois jours avants parce qu’il y avait énormément d’engouement autour de cette rencontre, qu’il s’agissait d’une montée et que la pression était forte. C’était assez difficile à gérer. L’an dernier avec Castres, nous étions partis deux jours avant. Le groupe connaissait ça pour en avoir disputé une l’année précédente alors nous l’avions préprarée de façon plus tranquille.

Les deux équipes finalistes gèrent différemment les choses cette saison, le Stade français se montrant plus ouvert et Clermont plus fermé. Quelle est la bonne solution selon vous ?

Il n’y a pas de vérité. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de se fermer, au niveau de la presse notamment, parce que ça peut te desservir au final. Les médias ne seront pas contents et à l’arrivée, émettront forcément des choses un peu négatives. Les joueurs lisent la presse et cela ne sert à rien de renvoyer une image négative. Après, s’agissant de partir au vert ou non, plus tôt ou moins tôt… Cela dépend vraiment du groupe que tu diriges et des personnalités qui le composent.

Qui est le plus avantagé sur cette finale selon vous ?

D’après ce que j’ai cru comprendre, tout le monde place le Stade français en favori parce qu’il a battu Toulon en demie à l’occasion d’un gros match… Mais il n’y a jamais de favori dans une finale. J’ai envie de dire que les demies ne ressemblent jamais aux finales. C’est vrai, ce sont des matchs complètement différents. On sent quand même que les Parisiens ont moins de pression, on les a vus plus libérés le week-end dernier. Mais ne vont-ils pas se crisper ? Et l’expérience des Clermontois ne va-t-elle pas les aider ? Les questions sont là parce qu’en termes de jeu, ces deux équipes représentent à peu près ce qui se fait dans le championnat cette année. Ce n’est pas là que se fera la différence, mais dans la dimension psychologique.

Quel est votre pronostic ?

C’est très dur. J’ai envie d’aller contre la vox populi et de donner un petit avantage à Clermont.

Emilie Dudon
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