Mondial : cent jours pour…

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    Mondial : cent jours pour…
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Dans exactement 100 jours, le Mondial anglais débutera. L’occasion de revenir sur les précédentes éditions, et surtout sur ces 100 derniers jours au cours desquels tout a basculé pour des joueurs comme Sylvain Marconnet, Pieter De Villiers ou… Thierry Dusautoir.

Ne pas se blesser

Survivre au débarquement pour manquer la Libération de Paris, il n’y a pas plus idiot… C’est pourtant, à peu de chose près, le sentiment qui doit être celui d’un joueur sélectionné, obligé de manquer le Mondial sur blessure pendant la préparation… À ce titre, le meilleur exemple demeure celui du pilier du Stade français Pieter De Villiers. Soupçonné de dopage à la cocaïne et à l’ecstasy à la suite d’un contrôle inopiné le 18 décembre 2002, celui-ci avait été blanchi par la Fédération française de rugby pour vice de forme. Autrement dit dans l’intérêt de la patrie. Revenu au rugby au mois de juin 2003, soit juste avant le début de la préparation pour le Mondial, le pilier d’origine sud-africaine avait néanmoins été contraint de déclarer forfait en raison… d’une chute de VTT lors du dernier jour d’un stage à Val d’Isère, qui lui avait valu une opération de l’épaule. À 55 jours, tout pile, du début du mondial australien…

Gagner sa place

Blessé lors de la finale du Top 14 en 2007, le numéro 8 clermontois Elvis Vermeulen avait dû déclarer forfait pour la Coupe du monde en France. Un crève-cœur pour Bernard Laporte, dans l’esprit duquel Vermeulen devait être le perce-muraille de son équipe. Et d’autant plus qu’aucun nom ne semblait vraiment légitime pour le remplacer, les plus avisés observateurs avançant le nom de Pascal Papé (grand oublié de la liste) de façon à faire reculer Chabal, propulsé deuxième ligne par Laporte, à son poste naturel. Toutefois, le choix du Kaiser se porta sur un autre joueur, grand espoir du rugby français qui avait joué de malchance lors de ses premières sélections : le flanker du Stade toulousain Thierry Dusautoir (3 sélections à l’époque). Un Dusautoir qui, malgré son statut présumé de « coiffeur », ne masquait pas ses intentions : être titulaire, ou rien. Des prétentions que l’on avait accueillies, à l’époque, avec un sourire poli… Cela jusqu’à ce que « Titi » ne gagne sa place à la régulière, avant de réaliser le match d’extraterrestre que l’on sait en quarts de finale, prélude à la carrière que l’on connaît aujourd’hui : celle de capitaine le plus capé de l’histoire du rugby français. On souhaite à d’autres de connaître le même destin !

Ne pas rater son contrôle

C’est alors que les Bleus préparaient le Mondial néo-zélandais, entre le Chambon-sur-Lignon et Linas-Marcoussis, que Yoann Huget apprit la terrible nouvelle : celle de son exclusion du groupe France, le 4 août 2011. La raison ? L’ailier bayonnais s’était rendu coupable de trois manquements au règlement de localisation du suivi antidopage. La première correspondait à une transmission d’informations insuffisamment précise, les deux autres à un « no show », c’est-à-dire une absence constatée par un préleveur de l’AFLD durant le créneau d’une heure au lieu indiqué. « Je préfère quitter le groupe maintenant qu’en pleine Coupe du monde, avait alors déclaré Yoann Huget. La première fois, j’avais mal rempli la localisation. La deuxième, j’étais avec l’équipe de France. La troisième, j’étais à une séance photo prévue à la dernière minute. J’ai été naïf. » Compte tenu de l’événement exceptionnel manqué par Huget, la commission antidopage de la FFR s’était avérée plutôt clémente en requérant la sanction minimale, alors que l’ailier international encourait jusqu’à 24 mois. L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) lui infligera un mois de suspension supplémentaire. Le prix de la négligence, certes. Mais pas moins dur à avaler…

Espérer

Une Coupe du monde, c’est un événement majeur qui n’arrive que tous les quatre ans. Participer à la grande messe mondiale du rugby requiert beaucoup de travail, énormément de sacrifices… et un peu de chance. Car au jeu des chaises musicales, il y a toujours des déçus… mais aussi des invités de dernière minute. Souvenez-vous de Jean-Marc Doussain en 2011. Appelé par le sélectionneur Marc Lièvremont à rejoindre le groupe France pour pallier la blessure de l’ouvreur David Skrela, blessé à l’épaule lors du match contre le Japon, en poule, le Toulousain toucha à son rêve : « C’est un grand bonheur, c’est fabuleux pour moi. Je pense aussi à David Skrela. Le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Seulement, le Toulousain dut longuement patienter avant de connaître son premier match en Bleu… arrivé juste avant les deux derniers matchs de poule contre la Nouvelle-Zélande et le Tonga auquel il ne participa pas, Doussain a également assisté au quart de finale contre l’Angleterre depuis les tribunes, et à la demi-finale contre le Pays de Galles depuis le banc de touche, qu’il ne quitta pas. Mais il faut toujours croire en sa bonne étoile, et se montrer patient, puisqu’aujourd’hui, le Toulousain peut se targuer d’avoir disputé une finale de Coupe du monde en guise de première sélection. Tant qu’il y a de la vie…

Se soigner

Si les blessures font souvent office de juge de paix pour décider de la sélection ou non d’un joueur, il est certains hommes sur lesquels les sélectionneurs veulent faire des paris, quitte à convoquer dans un groupe un joueur indisponible, et d’en convoquer un autre au dernier moment pour le remplacer si sa convalescence n’a pas été suffisamment rapide. C’est exactement ce qui s’est produit en 2007 avec le pilier gauche Sylvain Marconnet. Victime d’une fracture du tibia contractée lors d’une chute à ski au mois de mars, le pilier le plus capé du rugby français avait entamé une véritable course contre la montre pour participer au mondial français. Seulement, sa convalescence avait été contrariée par une fissure de la malléole, qui avait nécessité une seconde opération. En dépit de tous ses efforts, le pilier parisien avait dû tirer un trait sur le Mondial. À l’heure où nous écrivons ces lignes, un autre Parisien se trouve dans la même situation : il s’agit de l’ouvreur Jules Plisson, qui s’est sérieusement blessé à l’épaule (luxation) face au Stade toulousain à la fin du mois d’avril dernier. Opéré dans la foulée, il semblerait que la convalescence de l’ouvreur se déroule pour le mieux. Il reste donc 100 jours au talentueux pour se refaire une santé.

J-100, le Webb-Ellis Trophy Tour

Le Prince Harry, en compagnie des champions du monde anglais Jonny Wilkinson et Will Greenwood, lors du lancement du Webb Ellis Trophy Tour à Twickenham le 10 juin.

Simon Valzer
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