Les cinq révélations parisiennes

Ces cinq-là ne sont peut-être pas des révélations au sens entendu du terme. Mais Heinke Van der Merwe, Pyle, Waisea, Sinzelle et Bonfils n’étaient sûrement pas attendus à ce niveau-là aujourd’hui. Présentation des nouvelles pépites parisiennes.

Heinke Van der Merwe

Qui se souvient que Heinke Van Der Merwe a été sacré champion d’Europe avec le Leinster à deux reprises (2011 et 2012) ? Le Sud-Africain est pourtant arrivé au Stade français en 2013 dans un relatif anonymat. Un bon coup réalisé par le Stade français. Depuis deux ans, celui qui compte quatre sélections chez les Springboks, est assurément le meilleur pilier gauche du championnat. Les performances affichées par la mêlée stadiste tout au long de la saison ont encore pris une dimension supplémentaire au cours de cette phase finale. Allez demander aux Racingmen et aux Toulonnais, battus respectivement en barrage et en demi-finale, ce qu’ils en pensent. Ces deux formations se sont faites broyées par le pack parisien. Et Van der Merwe n’y est pas étranger. Il fait d’ailleurs preuve d’un grand état de fraîcheur depuis trois semaines. Le fruit évidemment d’une excellente gestion de l’effectif tout au long de la saison, d’un travail physique bien ciblé, mais aussi en raison de la blessure de VDM à l’automne dernier. Opéré d’un tendon d’un biceps, le pilier gauche avait été absent quatre mois. Il se révèle aujourd’hui aux yeux du très grand public et s’affiche comme un des hommes de cette phase finale.

Waisea

Il est l’arme absolue du Stade français. D’ailleurs, à l’aube de cette finale de Top 14, son genou gauche est l’objet de toutes les attentions. « Avec ou sans lui, ce n’est pas pareil, juge Jérôme Fillol. Son association avec « Fatou » (Jonathan Danty, N.D.L.R.) crée de l’incertitude car les défenses ne peuvent pas se focaliser sur un seul trois-quarts centre. » Waisea, patronyme avec lequel il souhaite être appelé, est arrivé en 2012 dans la capitale. Il évoluait alors jusque-là dans un obscur club de deuxième division australienne, dans un anonymat complet. Dès ses premières sorties, son potentiel s’est révélé immense. Un potentiel qui s’est affiché en taille XXL cette saison. À chacune de ses prises de balles, il crée un danger pour l’adversaire. Et neuf fois sur dix, il parvient à déchirer le premier rideau, faisant jouer ses partenaires dans le dos de la défense grâce à une gestuelle très « fidjienne ». Son principal défaut ? Il est fragile physiquement et pointe fréquemment à l’infirmerie. L’incertitude plane sur sa participation à la finale…

Hugh Pyle

Hugh Pyle, qui porte les couleurs parisiennes depuis cette saison, a été déniché par Pierre Arnald, directeur général délégué du Stade français, lecteur assidu de la presse australienne. « Lui, on l’a fait signer au bon moment, avant qu’il ne soit bloqué par sa Fédération, s’est récemment réjoui Quesada. On cherchait un deuxième ligne de haut niveau, capable de s’inscrire dans notre projet de jeu. Il répond parfaitement à nos attentes. » « Hugh possède un profil atypique, reprend Adrien Buononato, l’un des adjoints de Quesada. Il est très différent des deuxième ligne massifs et pousseurs que l’on peut généralement rencontrer en Top 14. Cet Australien n’a pas la tête d’un mec qui effectue deux cent déblayages dans un match. En revanche, il nous apporte une indéniable plus-value dans le jeu de mouvement. Premiers soutiens sur les extérieurs, passes dans le contact, vitesse de course : avant lui, nous ne possédions pas un tel type de joueur à Paris. » Il n’est donc pas rare de retrouver Pyle en bout de ligne où sa fluidité gestuelle fait merveille. Tant est si bien que son association avec Alexandre Flanquart a relégué Pascal Papé, vice-capitaine du XV de France, sur le banc des remplaçants.

Jérémy Sinzelle

Lorsque Philippe Saint-André a quitté le RC toulonnais pour prendre les commandes du XV de France, il a soufflé le nom de Jérémy Sinzelle à Pierre Arnald, directeur général délégué du Stade français. En substance, le futur sélectionneur lui aurait dit : « Il y a un jeune espoir à Toulon que le club ne va pas garder. À ta place, je m’y intéresserais. » Voilà comment le Varois a atterri dans la capitale avec un contrat au centre de formation. Aujourd’hui, à 25 ans, l’ailier parisien s’est imposé au sein de l’effectif professionnel, au point de relégué l’international australien Digby Ioane dans les tribunes. Polyvalent, il peut aussi bien évoluer à l’aile qu’à l’arrière où son jeu au pied relativement puissant est apprécié de Jeff Dubois, entraîneur des trois-quarts. Avec Djibril Camara et Julien Arias, il forme probablement le triangle du fond le moins attendu de cette saison. Et pourtant…

Rémi Bonfils

C’est peut-être celui qu’on attendait le moins à ce niveau de la compétition. Au début de la saison, Rémi Bonfils, issu de la formation parisienne, figurait clairement au troisième rang des talonneurs derrière Laurent Sempéré et Aled De Malmanche. Seulement voilà, le Néo-Zélandais a encore réalisé une saison quasiment blanche en raison de multiples pépins physiques récurrents. Quant à Laurent Sempéré, longtemps considéré comme le numéro un du poste, il a été victime d’une seconde hernie cervicale à la suite d’un plaquage dangereux de Bernard Leroux (le Sud-Africain avait d’ailleurs écopé d’un carton jaune) lors du match aller contre le Racing-Metro. Conséquence, après avoir été opéré, Sempéré a été longtemps absent et n’est revenu que tardivement en cette fin de saison. Des absences dont a su profiter Rémi Bonfils pour endosser la tunique de titulaire sur cette phase finale. Avec une franche réussite. Son dynamisme est constamment loué par Adrien Buononato, un des adjoints de Quesada. C’est notamment lui qui est à l’origine de l’essai de Burban (40e), véritable tournant de la demi-finale contre Toulon, grâce à un « contest » sur son vis-à-vis Guirado.

  • Heinke Van der Merwe

  • Waisea

  • Hugh Pyle

  • Jérémy Sinzelle

  • Rémi Bonfils Photos Icon Sport

Cet article fait partie du dossier

Explosion finale

Consulter le dossier