Pas de finale pour Bonnaire

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    Pas de finale pour Bonnaire
Publié le , mis à jour

Grand absent de la demie, Julien Bonnaire espérait encore participer à la finale. Ce ne devrait finalement pas être le cas, le troisième ligne devant se résigner à quitter Clermont par la petite porte après huit saisons exemplaires.

On n’est pas Franck Azéma, après tout, et la victoire en demi-finale est venue valider ses choix audacieux de se priver de Vincent Debaty, Napolioni Nalaga ou… Julien Bonnaire. Mais tout de même, ce n’est pas sans un pincement au cœur que l’on a appris que samedi au Stade de France, le troisième ligne aux 75 sélections ne devrait une nouvelle fois pas faire partie de la feuille de match. Alors certes, Franck Azéma avait déclaré voilà quelques semaines « qu’il ne constituerait pas son équipe en fonction des CV ou des défections, mais des états de forme ». Certes, « Jubon » n’avait été que l’ombre de lui-même face à Toulon en finale de H Cup. Reste qu’il ne fut pas le seul à passer à côté de l’événement ce jour-là, et qu’en vue de cette finale contre le Stade français, son expérience n’aurait certainement pas été de trop pour empêcher l’alignement parisien de planer sur les airs, ou Sergio Parisse de rayonner…

Franck Azéma en a décidé autrement, choisissant de laisser à quai Julien Bonnaire et ses 311 apparitions en élite, dont 189 sous le maillot clermontois. Et pourquoi pas, après tout ? Il faut dire que pour réintégrer Bonnaire, le manager auvergnat aurait dû faire un mauvais sort à Julien Bardy ou Alexandre Lapandry, sans qu’aucun des deux n’ait démérité à Bordeaux. Une injustice à laquelle Azéma n’a pas voulu se résoudre, ce que l’on comprend aisément.

Le choix fort d’Azéma

N’empêche, le choix est particulièrement symbolique, si l’on veut bien se souvenir que Bonnaire fut l’un des meilleurs relais de Vern Cotter à l’ASMCA, l’un de ses « fils », comme le sélectionneur de l’Écosse aimait à l’appeler. Tuer le père et le fantôme de Cotter pour définitivement exorciser le passé, et terminer sa prise de pouvoir ? Il y a probablement de cela pour Franck Azéma, fut-ce inconsciemment, même si l’on peut gager que ce dernier soutiendra mordicus l’argument du « choix sportif ». La preuve ? C’est que durant cette même semaine, l’ASMCA n’a pas hésité à officialiser la signature du Racingman Camille Gérondeau, appelé à remplacer Bonnaire au sein de l’effectif. Le futur clermontois avouant, gêné, qu’il lui était « très compliqué de passer après Bonnaire qui fait partie, avec George Smith, de mes références. Je n’ai vraiment pas la prétention de remplacer un tel joueur. Je vais juste essayer de prendre sa place numériquement. » En attendant ? Ne reste plus qu’à souhaiter bon vent à Bonnaire pour sa future aventure lyonnaise, et souhaiter à ce dernier que l’amertume provoquée par le choix d’Azéma soit au moins atténuée par une victoire. Même si l’on peut être certain que pour pareil champion, un titre acquis depuis les tribunes aurait bien moins de valeur que celui de 2010…

Nicolas Zanardi
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