Les pénalités priment sur les essais

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    Les pénalités priment sur les essais
Publié le , mis à jour

Depuis quatre ans, il vaut mieux ne pas marquer d’essais pour rafler le Brennus mais accumuler les pénalités.

Les Parisiens ont gagné un titre, aussi important que les autres évidemment, mais qui aura été engendré par une bien pauvre finale : un match dépourvu d’essais comme celles de 2011 et de 2012. En fait depuis 2011, quatre des cinq derniers vainqueurs l’ont été uniquement sur des coups de pied (Toulouse à deux reprises, Toulon et donc, le Stade français ; seul Castres avait marqué en 2013). Étonnante statistique dans un rugby moderne où le temps de jeu effectif a gonflé. Que faut-il en penser ? Que dans le contexte hyper tendu d’une finale, il faut d’abord faire faire des fautes à l’adversaire et accumuler les points. Le Stade français a réussi la première partie de l’équation, il a obtenu quinze pénalités contre seulement huit aux Auvergnats, la différence est énorme. À longueur de saison, les entraîneurs répètent qu’une équipe ne peut pas subir plus de dix pénalités par match si elle veut gagner un match normal de Top 14.

Steyn : 4 sur 6 pénalités

La réussite des buteurs fut aussi du côté des Parisiens même si la prestation de Morné Steyn n’a pas été parfaite, il a réussi quatre pénalités sur six tentées, et il a aussi manqué un drop. Il a donc laissé neuf points au pied. On a même vu le demi d’ouverture sud-africain vivre une mauvaise passe entre la 50e et la 60e : avec une pénalité manquée, une touche non trouvée, un ballon redonné facilement à Abendanon plus une mauvaise passe. On ne peut pas donc dire que Steyn fut métronomique au Stade de France. Il n’en fut pas le héros absolu. Mais les buteurs auvergnats ont fait pire : zéro sur deux pour Parra et deux sur trois pour James. À bien y réfléchir, la distribution des pénalités par M.Gaüzère a donc d’avantage pesé que les taux de réussite des uns ou des autres. Et dans cette manne de pénalités, la domination parisienne en mêlée fut pour beaucoup. Rabah Slimani (quinze capes) a mis au supplice Thomas Domingo (36 capes) donnant au passage raison aux sélectionneurs d’avoir promu l’un et oublier l’autre en prévision du Mondial. On ne pourra pas non plus passer sous silence l’impact terrible du carton jaune de Julien Bardy. Il a débouché directement sur un 6-0 pour le Stade français exactement l’ampleur de l’écart final. On pourra peut-être le trouver sévère, à nous il nous a semblé inévitable.

Jérôme Prévot
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