Quesada : «Ils m’ont cru, ces cons !»

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    Quesada : «Ils m’ont cru, ces cons !»
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Deux ans après son arrivée au sein du club de la capitale, Gonzalo Quesada a ramené le Stade français au plus haut niveau. Le manager parisien était ivre de bonheur samedi soir dans les travées du Stade de France. A la fois un peu incrédule, soulagé et heureux comme jamais. Et ravi que ses joueurs aient cru en lui.

Quel sentiment prédomine après ce titre de champion ?

J’avoue qu’au coup de sifflet final, tout est tombé d’un coup... On savait qu’on prenait un petit risque en alignant la même équipe que les deux derniers matchs parce que, même si on le cachait un peu, les joueurs étaient usés. Nous étions donc conscients que la fin de match serait difficile. Durant le dernier quart d’heure, je sentais que les Clermontois revenaient bien. On avait des difficultés en touche, on n’arrivait pas à tenir le ballon, bref, on déjouait. Et l’écart était si petit que, comme je le disais, tout est tombé d’un coup au coup de sifflet final.

Et là, ça va mieux ?

Beaucoup mieux, oui ! C’est énorme parce qu’au début de la saison, l’objectif était seulement de se qualifier dans les six premiers. Les choses paraissent faciles ou normales mais il faut se rappeler d’où on vient... On nous a donnés favoris avant cette finale, c’est ridicule quand on voit d’où on vient justement. Nous avons fini quatrièmes et pris le chemin le plus dur en jouant le Racing, Toulon et Clermont. J’ai une énorme admiration pour mes joueurs parce qu’ils ont montré un gros caractère. Ils méritent cette fin heureuse.

Avez-vous vécu le match le plus dur de votre carrière d’entraîneur ?

Oui, c’était dégueulasse (sourire) ! C’était horrible... En deuxième mi-temps, nous avons été affreux. Les joueurs ont accusé le coup après le barrage et la demi-finale. Ils ont vraiment souffert et je ne vous le cache pas qu’à un moment, je me suis dit qu’ils ne pourraient pas tenir. Clermont revenait, semblait plus puissant, plus frais. On avait du mal à garder les ballons et à gérer le match. Je pensais sincèrement que l’écart était trop faible... Je suis très heureux d’avoir tenu jusqu’au bout.

Ce titre dépasse-t-il tous vos rêves ?

Je ne l’avais pas rêvé si tôt mais oui. J’ai un peu triché parce que quand on s’est qualifiés, j’ai dit aux joueurs qu’il fallait vraiment se mettre à rêver parce que si on n’y croit pas, ça n’arrive pas. Ils m’ont cru ces cons ! Et puis ils m’ont embarqué avec eux par la suite, parce que je me suis montré plus hésitant après. Nous, on montrait certaines limites, et je voyais la qualité des autres... Finalement, mes joueurs n’ont pas arrêté de me surprendre. Mes joueurs et mon staff. Encore une fois, je voudrais souligner ma chance d’avoir un staff aussi compétent. Ce n’est pas de la langue de bois. Il y a un groupe qui n’avait peur de rien, n’avait pas de limites et avait créé des liens indescriptibles. C’est vrai que quand on a tout ça, c’est vraiment difficile de nous arrêter.

Avez-vous eu une pensée pour les Clermontois ?

Très franchement, j’aime bien motiver mes joueurs en m’appuyant sur un commentaire, une pique, un peu d’arrogance ou ce genre de choses. J’ai toujours pu en trouver mais s’agissant de Clermont, c’était beaucoup plus compliqué. D’abord parce que je respecte beaucoup les Clermontois, ensuite parce que j’ai de vrais amis là-bas, autant dans l’équipe que dans le staff. Il a fallu préparer ce match sans cet argument supplémentaire, sans ce petit truc qui fait qu’on se dit: « Allez, on les déteste un peu ! » Bien sûr, je suis heureux et je ne vais pas être triste pour eux mais c’est dommage que cette victoire soit intervenue face à Clermont. En toute sincérité, j’aurais bien aimé gagner cette finale contre une autre équipe.

Emilie Dudon
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