Encore une nouvelle finale sans essai...

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    Encore une nouvelle finale sans essai...
Publié le , mis à jour

Ce Stade Français-Clermont a uniquement été meublé par des coups de pied. L’histoire se répète avec une régularité déconcertante.

Il faut s’y faire : un match de rugby peut être aussi aride qu’un bout du désert du Sahara ; même une finale. Cette finale 2015 est arrivée à son terme sans qu’un seul essai ne soit marqué. Ce n’est pas une première, c’est arrivé en 1930, 1961, 1963, 1988, 1997 et 2012. On notera que depuis 2011 quatre des cinq champions de France l’ont été sans franchir la ligne adverse (mais le vaincu parfois y parvint). Cette finale 2015 va donc entrer dans la série sombre des apothéoses décevantes pour les spectateurs neutres. Dans cet anti panthéon, elle rejoint la fameuse édition de 1988, crève cœur des supporteurs agenais qui semblèrent assister à la négation de leur tradition de jeu offensif mais leur entraîneur d’alors Michel Couturas, secondé par un demi de mêlée Pierre Berbizier, avait décidé de s’adapter au jeu de l’adversaire, Tarbes, roi du contre à l’époque. Une crise devait secouer le club dans la foulée de cet excès de réalisme.

1963 fut aussi une drôle de purge que la pluie de Bordeaux rendit encore plus médiocre. La teneur hyper restrictive des débats fut à l’opposé de la force symbolique de l’affiche : Mont-de-Marsan affrontait Dax, le derby des Landes en finale nationale. Et les frères Boniface furent couronnés dans un match quasiment dépourvu de passes, fâcheux paradoxe. Le crû 2012 nous laissa aussi un souvenir plus que mitigé, un triomphe à l’économie des Toulousains qui se contentèrent de mettre au supplice la mêlée toulonnaise dépourvue de pilier droit de métier en l’absence de Carl Hayman suspendu. (les Georgiens Kubriashvili et Chilachava vécurent mille morts). 1961 fut aussi traversé par des moments de violence et de méchanceté entre Béziers et Dax (ah, le fameux deuxième ligne Gayraud, surnommé « Le facteur »). De 1997, on garde cet entêtement des Berjalliens et notamment Cassagne à venir défier physiquement l’ouvreur Deylaud qui veillait pourtant au grain en défense. Ce fut peut-ê»tre le glissement du Stde Toulousain de Guy Novès vers une nouvelle ère, plus portée sur la défense et l’impact physique. La finale 1930 entre Agen et Quillan appartient évidemment à une toute autre époque, les débats ne furent pas si moches d’ailleurs et il nous est difficile d’occulter le souvenir du jeune Agenais Michel Pradié, décédé après un plaquage en demi-finale. Rien d’aussi dramatique bien sûr pour ce cru 2015, mais une sensation de monotonie agaçante.

Jérôme Prévot
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