Du succès et des regrets

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    Du succès et des regrets
Publié le , mis à jour

Bien aidé par les performances de l’équipe de France, le tournoi de Lyon a été une réussite sur le plan populaire. Mais l’attribution de la manche IRB à Paris la saison prochaine donne des regrets aux organisateurs.

Chapeau tricolore sur la tête, l’entraîneur de l’équipe de France, Frédéric Pomarel, ne cachait pas sa joie, dimanche soir. Deux heures plus tôt, les Bleus avaient remporté le tournoi de Lyon pour la deuxième année consécutive. Surtout, ils avaient gagné un deuxième tournoi de suite, après Moscou la semaine passée, ce qui ne leur était encore jamais arrivé. Le tout devant un public chaleureux et entièrement acquis à leur cause. Six à sept mille personnes étaient présentes d’après les premières estimations, loin devant les deux cents spectateurs présents à Moscou le week-end précédent ou les trois cents curieux venus à Lyon en 2011.

« Il y a quatre ans, lors de la première édition, le tournoi s’était déroulé dans une atmosphère anonyme, se souvient le technicien. Au fil des années, nous avons pu nous rendre compte des efforts déployés par le comité du Lyonnais, de la ville et de tout le monde pour faire de ce tournoi une belle fête. Il y avait beaucoup de spectateurs, des gamins avec des drapeaux. Ça montait aux tripes quand on était sur les terrains. »

Une popularité nouvelle

Habitués à jouer dans des ambiances souvent hostiles, les Bleus ont profité à plein de leur nouvelle popularité, à l’image de Manoël Dall Igna, un peu surpris et emprunté, plus sûrement épuisé, au moment de signer des autographes sur le chemin des vestiaires après la finale. Cet engouement a également été rendu possible grâce aux efforts des organisateurs. Plusieurs matchs d’équipes locales ont été organisés pendant les coupures, pour sensibiliser les joueurs et les clubs de la région au VII, et un village d’animations rugby a conquis les plus jeunes spectateurs. La perspective de jouer les jeux Olympiques et la présence de joueurs du Top 14 ont ensuite dopé l’enthousiasme du public, qui a vu avec plaisir les Bleus soulevé la coupe devant le président de la FFR, Pierre Camou, et le secrétaire d’État aux Sport, Thierry Braillard. « Nous avions axé notre communication sur la nécessité de soutenir les Bleus, explique le directeur du tournoi, Roland Genet. C’est la meilleure édition depuis que nous organisons l’événement. Tous les ingrédients étaient réunis après le succès à Moscou. La victoire de la France est la cerise sur le gâteau. »

Il reste maintenant à faire les comptes, pour savoir si le tournoi, déficitaire les premières années, sera cette fois à l’équilibre sur le plan budgétaire. Et à l’avenir, il s’agit aussi de voir comment pérenniser cette compétition et lui permettre de trouver sa place la saison prochaine, quand une manche du circuit IRB sera organisée à Paris. « Nous avons été les premiers à croire au VII et il y a un peu d’amertume de ne pas avoir la chance d’organiser une manche mondiale, reconnaît Roland Genet. Deux étapes auront lieu en France la saison prochaine. Seront-elles en concurrence ou complémentaire ? Dans l’intérêt du rugby, il faudrait qu’elles soient complémentaires. » Après avoir souffert de la confidentialité liée au VII, il serait dommage de se retrouver à l’ombre de Paris maintenant que ce sport aperçoit la lumière… S. F.

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