Mondial : trou noir pour les Bleuets en demie

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    Mondial : trou noir pour les Bleuets en demie
Publié le , mis à jour

En demi-finale de la Coupe du monde des moins de 20 ans, ce soir à Calvisano en Italie, les jeunes Français ont pris une leçon (45-7) par une équipe de Nouvelle-Zélande plus aguerrie.

Moins de 20 ans

C’est allé vite, très vite, trop vite. En demi-finale de la Coupe du monde, l’équipe de France a été dépassée par des Baby Blacks pourtant moins flamboyants que les autres années lors de la phase de poule. La tâche des joueurs de Fabien Pelous était simple pour espérer rivaliser : s’entêter dans un jeu au près, peu spectaculaire mais favorable à un paquet d’avants capable de bousculer les seigneurs du Sud. Et surtout ne pas rendre des ballons à une ligne d’attaque portée par un triangle du fond du terrain déjà habitué aux joutes du Super 15. Les Bleuets, dont la plupart n’ont encore jamais connu les joies d’une titularisation dans une équipe première en élite, avaient pour mission de lutter avec leurs armes. Mais à aller à la guerre sans fusil, il est bien difficile de survivre à la machine all black.

Les ballons portés pouvaient (devaient?) constituer une option prioritaire, notamment en début de rencontre. Sauf qu’après un premier essai inscrit par Castets, l’adaptation tactique des Néo-Zélandais s’est avérée immédiate, plongeant les Français dans une équation sans solution. Refusant volontairement le contact, les Kiwis ont plongé les Bleuets dans un abîme de perplexité que même la pause eau (et les conseils de Fabien Pelous et Olivier Magne) ne permit pas de guérir...

Macalou et Bachelier touchés

Il y avait bien la mêlée, favorable à une première ligne tricolore surpuissante et dynamique (quel match du pilier gauche Thibault Estorge!), mais c’était trop peu pour résister. D’autant plus que le moral des troupes avait été affecté dès les premières minutes quand Sekou Macalou peinait à se relever dès un des premiers chocs avant de céder sa place avant le quart d’heure de jeu. Un coup trop dur pour des Tricolores en quête d’un exploit jamais réalisé par une équipe de France juniors, d’autant que le capitaine Lucas Bachelier devait laisser lui aussi les siens à la pause, remplacé par Delannoy. Un deuxième ligne remplaçait ainsi un flanker, quand un pilier (Béthune) devait par la suite prendre le relais du deuxième ligne rochelais Tanguy. C’était trop...

Privés de capacité de déplacement devant, en difficulté dans les duels derrière, les Bleuets encaissaient la bagatelle de six essais, dont quatre en première période, sans oublier un autre refusé après arbitrage vidéo. Le fossé était trop grand. L’ailier Tevita Li, déjà aperçu en Super 15 avec les Auckland Blues, s’amusait avec la défense française à trois reprises tandis que le puissant numéro 8, Akira Ioane, réalisait un doublé presque sans forcer, avant que Jack Goodhue n’achève des Bleuets pourtant orgueilleux en fin de rencontre. Rien à dire, rien à faire face à tant de talents, de vitesse, de technique, de puissance.

Les Bleuets pourront certainement regretter ces dix minutes en première période où ils occupaient parfaitement les 22 mètres néo-zélandais sans parvenir à marquer. Le choix de dévier plusieurs touches à 10 mètres pourra probablement être déploré par le staff. Reste qu’a posteriori, cela n’aurait sûrement rien changé à l’affaire, renvoyant le rugby français à ses éternels problèmes de formation.

A CALVISANO (lundi 18 h 30) - Arbitre : M. Whitehouse (Galles) - 2 500 spectateurs

Nouvelle-Zélande bat France 45-7 (31-7)

Nouvelle-Zélande : 6E Li (12e, 31e, 54e) Ioane (28e, 35e), Ja. Goodhue (78e); 6T, 1P (5e) Black.

France : 1E Castets (10e); 1T Ramos.

NOUVELLE-ZELANDE 15. Hunt ; 14. Ja. Goodhue, 13. Lienert-Brown, 12. Faiane (23. Bridge 73e), 11. Li (22. Tavae-Aso 60e) ; 10. Black, 9. Tahuriorangi (21. Levein 59e) ; 7. Gibson, 8. Ioane, 6. Blackwell (19. Dunshea 14e) ; 5. Dalzell, 4. Jo. Goodhue (20. Stowers 66e) ; 3. Moli (cap) (18. Koloamatangi 60e), 2. Polwart (16. Misa 53e), 1. Riccitelli (17. Tu’ungafasi 50e).

FRANCE 15. Ramos ; 14. Pilati, 13. Penaud, 12. Roudil (23. Bonneval 46e), 11. Blanc ; 10. Meret (22. Fortunel 55e), 9. Méric (21. Doubrère 56e) ; 7. Bachelier (cap.) ( 19. Delannoy mt), 8. Sanconnie, 6. Macalou (20. Cancoriet 14e) ; 5. Tanguy (18. Béthune 60e), 4. Labouteley ; 3. Castets (17. Paiva 72e), 2. Marchand (16. Chat 50e), 1. Estorge.

Nicolas Augot
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