Damien Tussac: les cicatrices du bonheur

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    Damien Tussac: les cicatrices du bonheur
Publié le , mis à jour

Avec vingt-sept feuilles de matchs en Pro D2 cette saison, Damien Tussac a été l’un des acteurs majeurs de la belle saison de Montauban. Mais le Vauclusien a connu bien des galères avant d’exploser en France. Son talent étant d’abord reconnu outre-Manche, suite à son passage à Leeds.

C’est bien connu, tous les chemins mènent à Rome. Même si parfois ce dernier ressemble plus à la route de montagne qu’à l’autoroute. Avec de nombreux virages, le parcours de Damien Tussac tend plus vers la première option. Car avant de s’imposer comme une poutre du pack de Montauban en Pro D2 cette saison, « Tutu » a vécu plusieurs coups durs. Comme lors d’une certaine séance vidéo, du côté de Toulon. « Le week-end précédent, je suis tombé contre Lo Cicero qui m’a donné une leçon en mêlée. J’étais jeune à l’époque, je manquais encore de maturité et de roublardise. Bernard Laporte m’a alors descendu en vidéo, j’étais destiné à partir », analyse le pilier de l’USM. Un constat dur à encaisser pour le jeune pilier, n’ayant alors eu que 132 minutes de temps de jeu en trois saisons professionnelles. Mais dont la suite du parcours de Damien Tussac va démontrer des effets bénéfiques. L’intervention d’une star varoise permettant au natif d’Avignon, de donner un nouveau départ à sa carrière. « Jonny Wilkinson a cru en moi, il est venu me voir après la séance vidéo et m’a dit que j’exploserais en Angleterre. Je lui ai dit que je ne parlais pas bien anglais, il m’a dit que ce n’était pas grave. Je suis donc parti pour Leeds, sur les conseils de Jonny. » Un soutien dont Damien Tussac n’a rien oublié, trois ans plus tard. Le pilier montalbanais rendant hommage à son ancien coéquipier. « Pour moi, Jonny est un très grand monsieur. Je ne connais pas de buteur, qui vient spontanément proposer aux jeunes du centre de formation, de buter avec lui. »

L’hommage de Stuart Lancaster

Le petit plus permettant à une carrière de basculer. Car en Angleterre, le pilier va vivre un dépaysement total, par rapport au rugby pratiqué depuis ses débuts à Vaison-la-Romaine (Vaucluse). « Dans le championnat anglais, l’objectif est de faire vivre au maximum le ballon. On retrouve d’ailleurs cet esprit dans le jeu de l’équipe d’Angleterre. Je vois la différence avec le championnat français, rien qu’en Pro D2 depuis mon retour », confie Damien Tussac. Un style de jeu dont il va pleinement prendre la mesure, durant son passage de deux saisons en Angleterre. Sous les couleurs des Carnegies de Leeds, il va ainsi disputer les phases finales d’accession à la Premiership et de la British Cup. Mais surtout rencontrer un certain Stuart Lancaster, actuel sélectionneur du XV de la Rose. « C’est un coach au charisme formidable, concis dans ses interventions mais très droit. Il n’hésitait pas à nous dire les choses en face-à-face, même si elles étaient dures. C’est vraiment un monsieur. » Une méthode de management ayant par la suite, fait ses preuves avec la sélection anglaise. Sans que le sélectionneur n’oublie son passé, au point de convier ses anciens joueurs à une opposition avec le XV de la Rose. « C’était quelque chose de formidable. À l’époque, Leeds avait la meilleure mêlée du championnat car nous avions renversé tout le monde. Stuart m’avait d’ailleurs dit qu’il trouvait dommageable que je ne sois pas sélectionné dans mon pays natal. »

À Montauban, l’union fait la force

Damien Tussac étant international allemand, de par l’une de ses grands-mères. Un choix, preuve de l’envie de contrôler son destin. « J’ai passé les sélections moins de 20 ans à Toulouse, pour l’équipe de France et je n’ai pas été retenu. De colère, j’avais écrit aux Fédérations allemandes et italiennes. Seuls les Allemands m’ont répondu et m’ont fait passer des tests. Aujourd’hui, je ne regrette pas ce choix, c’est un vrai plaisir de jouer avec la sélection. » Le point de départ de la carrière internationale du pilier montalbanais, totalisant déjà neuf sélections. Une carrière menée de front cette saison avec ses performances à Montauban, en Pro D2. Titulaire à vingt-deux reprises à droite de la mêlée tarn-et-garonnaise, Damien Tussac a ainsi été l’un des acteurs majeurs de la saison de l’USM. « Cette année, le groupe était une bande de potes et c’est cette cohésion qui a fait notre force. Tout le monde a beaucoup donné, David Penalva nous a même dit qu’en tant que promu, nous étions les « putes du championnat » et que tout le monde voulait nous taper. Il faudra maintenant arriver à reproduire ça la saison prochaine. » Preuve que peu importent les moyens et le chemin emprunté, on arrive toujours à ses fins. C. V.

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