Ninard: «Un état d’esprit complètement différent»

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    Ninard: «Un état d’esprit complètement différent»
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Anciens coéquipiers à La Rochelle, aujourd’hui coachs des skills à Bourgoin et à Béziers, Florian Ninard et Romain Carmignani reviennent d’un voyage en Australie (voir le diaporama), qui leur a permis de découvrir des méthodes d’entraînements différentes, à XV, mais aussi à XIII et en football australien. L’ancien ailier revient sur son expérience.

Pourquoi avoir décidé d’entreprendre ce voyage ?

Je viens de terminer ma première année comme entraîneur et, comme je l’avais fait en tant que joueur quand j’étais parti en Nouvelle-Zélande en 2006, j’ai eu envie d’aller voir ce qui se faisait ailleurs. Je comptais d’ailleurs revenir en Nouvelle-Zélande mais je n’ai pas eu le temps, du coup je me suis concentré sur l’Australie. Ben Hand, avec qui j’ai joué à Grenoble, m’a mis en contacts avec les Brumbies, dont il avait porté le maillot. J’en ai aussi parlé avec Rodney Howe, le préparateur physique de Béziers, et, grâce à Romain (Carmignani, N.D.L.R), avec Manny Edmonds, qui a beaucoup œuvré pour nous permettre d’établir un maximum de contacts. Romain possédait aussi une connaissance aux Melbourne Storms, en rugby à XIII, puisque Franck Ponisi, son ancien entraîneur à Clermont, est aujourd’hui entraîneur là-bas.

Concrètement, qu’avez-vous fait ?

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que nous avons pu voir le fonctionnement de trois sports différents, et pas seulement du rugby à XV, qui est loin d’être le plus réputé en Australie. Nous sommes allés à Collingwood. C’est club de footy et le club le plus riche de tout le sport australien, avec 80 millions d’euros de budget. Nous avons aussi visité des clubs de Rugby League, notamment les Melbourne Storms donc. Concernant le XV, nous avons passé du temps avec les Melbourne Rebels, puis une semaine à Canberra avec les Brumbies, où Stephen Larkham nous a très bien accueillis et vraiment intégrés alors qu’il préparait un match très important de Super XV contre les Crusaders. Nous avons beaucoup observé, discuté, échangé. Nous ne sommes pas allés chercher des points communs, mais justement d’autres façons de faire et d’autres points de vue, pour pouvoir nous en nourrir par la suite.

Vous êtes de jeunes entraîneurs, cela vous a-t-il également permis de gagner en expérience ?

Oui et non. Le premier point positif, c’est que nous avons été confrontés à des méthodes d’entraînement très différentes et très nouvelles pour nous. On va pouvoir s’en servir pour notre propre travail à l’avenir. On n’attendait rien de spécial en fait. Le but était de partir sans a priori et d’aller découvrir des sports qu’on ne connaissait pas, avec l’esprit le plus ouvert possible. Nous en revenons enrichis, de bien des manières.

Qu’est-ce qui est si différent au final là-bas ?

Le fait qu’il n’y ait pas de contraintes liées à des relégations là-bas change pas mal de choses. Du coup, ils sont toujours ambitieux, toujours positifs. Ils tentent beaucoup, n’ont pas d’autre souci que le jeu et son application, n’ont rien à prouver. C’est un état d’esprit complètement différent. Dans les méthodes de management mais aussi dans l’approche mentale. Beaucoup de choses sont expérimentées et utilisées, que nous n’avons jamais connues quand nous étions joueurs et qui nous intéressent aujourd’hui (Florian Ninard et Romain Carmignani sont diplômés d’un DU préparation mentale et accompagnement du sportif). On a vu qu’aux Brumbies par exemple, ils font de la méditation toutes les semaines. Ce sont des choses qu’on ne voit pas en France.

Emilie Dudon
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