Azzouz Aïb, manager général de l’Algérie : « Je n’ai jamais vu ça »

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    Azzouz Aïb, manager général de l’Algérie : « Je n’ai jamais vu ça »
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Pointés du doigt à la suite de la bagarre et de l’interruption de leur match contre la Malaisie, les Algériens dénoncent les éléments à charge fournis par les médias malaisiens et un arbitrage partial qui aurait contribué à faire dégénérer la situation.

L’Algérie disputait son premier tournoi officiel, la Crescent Cup en Malaisie. Des incidents graves ont émaillé votre finale face à la Malaisie. Le match a d’ailleurs été interrompu avant son terme. Des reportages dans la presse malaisienne font état d’un arbitre assistant agressé, de nez cassés et de coupures après une bagarre…

Pour se battre il faut être deux. Or, les reportages de la presse malaysienne repris par les médias anglo-saxons font de nous les seuls coupables. Quand on lit ce qui est écrit, on a l’impression que les joueurs algériens sont tous des voyous. Les photos diffusées sur le Net montrent exclusivement nos joueurs frapper des Malaisiens. Or, je peux vous garantir que les Malaisiens n’ont pas été en reste non plus. Ce qui est arrivé est bien sûr regrettable et inacceptable. C’est allé beaucoup trop loin. Nous nous excusons pour cette bagarre et l’image néfaste qu’elle donne du rugby. L’équipe algérienne ne cautionne en rien la violence. Ce n’est pas l’image que nous voulons véhiculer de notre sport notamment aux enfants. Je peux par contre vous assurer qu’aucun arbitre n’a été agressé par un joueur algérien ni qu’aucun nez n’a été cassé. Je tiens donc à rectifier la vérité.

L’arbitrage du directeur de jeu thaïlandais a-t-il contribué au déclenchement de ces incidents ?

Cette rencontre ne s’est pas déroulée selon les règles normales du rugby. De bout en bout, nous avons eu droit à une parodie d’arbitrage. Après cinq minutes de jeu, j’ai compris que le match serait arbitré à sens unique. Le pilier droit adverse a commis une vilaine cravate sur l’un de nos centres. Le juge de touche a fait son boulot en signalant la faute à l’arbitre principal. Celui-ci est venu le voir. Mais je ne sais pour quelle raison, il a décidé de ne rien siffler alors que nous aurions dû bénéficier d’une pénalité et leur joueur écoper d’un carton jaune. L’Algérie a aussi été systématiquement sanctionnée en mêlée alors que nous les avons concassés dans ce secteur de jeu. L’arbitre nous a refusé trois essais valables et deux pénalités qui étaient pourtant passées entre les poteaux. Plus fort, lorsque les Malaisiens rataient leurs coups de pied, il les a fait retaper sous prétexte que nous avions bougé. Je n’avais jamais vu ça de ma vie. Même en série, l’arbitrage est meilleur.

Pourtant vous avez été tout fait pour ne pas laisser vos joueurs se laisser gagner par la frustration…

Je les ai sans cesse encouragés afin de les calmer. Les joueurs ont longtemps pris sur eux. À la mi-temps, je suis allé voir l’organisateur du Tournoi pour lui dire de changer l’arbitre car avec une telle injustice, j’ai senti que cela pouvait dégénérer. J’ai malgré tout demandé à mes joueurs de rester concentrés car j’étais sûr qu’à un moment ou un autre, nous allions prendre le dessus. Honnêtement, il y avait deux classes d’écart entre les deux équipes même si la Malaisie comptait dans ses rangs de nombreux Fidjiens et Samoans.

Quand la rencontre a-t-elle vraiment dégénéré ?

Lorsque leur pilier droit d’origine samoane a mordu à la 75e minute l’un de nos joueurs. S’en suit un échange de coups de poing. C’est là que leur numéro 7 s’empare d’une chaise et la jette sur notre entraîneur assistant Djemaï Tebani et notre demi de mêlée Boris Bouhraoua. Quand ils ont vu Djemaï et Boris tous les deux en sang, mes mecs qui avaient pris sur eux durant tout le match, ont pété les plombs.

Craignez-vous que ces incidents sapent les huit ans d’efforts consentis pour obtenir la création de votre Fédération ?

World Rugby nous a actuellement dans le viseur mais ne nous juge qu’avec les éléments à charge fournis par la presse malaisienne. Les autres équipes ainsi qu’un journaliste de France 24 présents sur place ont accepté d’écrire un rapport pour rendre compte de ce qui s’est réellement passé. L’ambassadeur algérien, ayant assisté au match, va également faire part de ses observations pour nous défendre auprès du comité olympique algérien. Mais ce qui s’est passé fait vraiment ch… Nous avons été super bien accueillis et rencontré des gens formidables en Malaisie. L’arbitrage a vraiment gâché ce tournoi. D’ailleurs, l’organisateur est venu s’excuser à la fin auprès de nous du niveau d’arbitrage. L’Algérie n’a pas été la seule équipe victime d’injustice. J’ai toutefois l’impression qu’à cause de cette bagarre, ces huit années ont été foutues en l’air. Depuis que nous jouions des matchs, nous n’avions jamais eu aucun problème, ni aucun joueur expulsé. J’espère que les sanctions à venir ne seront qu’individuelles.

Jérôme Fredon
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