Afrique du Sud : l’affaire Vermeulen

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Publié le , mis à jour

L’escapade du numéro 8 des Springboks à Toulon n’a pas été appréciée dans son pays. C’est le moins que l’on puisse dire.

Vu de France, on a parfois du mal à se rendre compte de l’agacement des pays du Sud confronté à l’exode de leurs talents vers le France. Récemment, une réflexion acerbe d’un attaché de presse des Stormers, à propos d’une demande d’interview de Duane Vermeulen, nous avait mis la puce à l’oreille. Les dirigeants ont confirmé cette impression à travers un mini-scandale. Ils n’ont pas du tout apprécié que Duane Vermeulen fasse une escapade à Toulon jeudi dernier alors que son équipe préparait un match de barrage de Super 15 contre les Brumbies. Certes, le joueur ne jouait pas cette rencontre car il est blessé mais ce voyage a été perçu comme une grosse maladresse, presque une provocation. « Je suis extrêmement déçu des actions de Duane, a ainsi publiquement regretté le président des Stormers, Gert Smal. C’est un joueur majeur et respecté dans notre équipe et, plus important encore, il est notre capitaine. Non seulement, il a laissé ses coéquipiers pendant une semaine à l’approche d’un match capital mais il a aussi laissé tomber ses entraîneurs et, surtout, nos supporters. J’ai eu un rendez-vous avec lui et il a compris que tout ceci n’était pas acceptable. Nous ne pourrons jamais tolérer ce genre de chose à la Western Province Rugby. Il présentera ses excuses à toute l’équipe des Stormers et il recevra également une sanction disciplinaire. »

Clause de confidentialité

Ce mardi, Duane Vermeulen a donc présenté ses excuses publiques. « J’ai voulu me soumettre à un examen médical à Toulon. Quand je suis arrivé en France, je me suis retrouvé au milieu d’une conférence de presse inattendue, qui avait pour but d’officialiser ma signature à la presse locale et cela malgré l’existence d’une clause confidentielle concernant mon départ. Je réglerai cela avec mon agent. Cependant, tout ce que je dis ne m’exonère de rien. Je n’ai pas eu le comportement idoine vis-à-vis de mes dirigeants pour préparer ce voyage et, pour cela, je voudrais présenter mes excuses les plus sincères. […] Il n’était certainement pas dans mon intention de provoquer autant de déception et toute mon énergie devait être focalisée sur notre match contre les Brumbies. Pour cela, je tiens à présenter mes excuses à tous ceux qui auraient pu se sentir trahis. »

De plus, les internationaux sud-africains sont tenus par une clause de confidentialité qui les empêche de communiquer sur leur départ avant le 1er juillet 2015. Cela donne un tour plus contractuel et donc plus solennel à cette incartade. Elle est évidemment symptomatique du malaise des pays de l’hémisphère Sud. Ils souffrent de plus en plus du poids de la richesse des clubs du top 14 car Duane Vermeulen s’est engagé avec Toulon alors qu’il n’est âgé que de 28 ans. Il semble loin le temps où les Sudistes ne s’expatriaient qu’à 32 ou 33 ans à la fin de leur carrière internationale. L’Afrique du Sud a été la première nation de la Sanzar à faire sauter la « digue » qui laissait penser que l’équipe nationale était plus forte que les exils individuels. Depuis les années 2010, elle a accepté que ceux qui sont partis chercher fortune ailleurs continuent à porter le maillot national. Ce fut sans doute une blessure à son orgueil. Elle se rassure en se disant qu’entre l’Europe et l’Afrique australe, la longitude est la même et qu’il n’y a donc pas de décalage horaire. Le rapatriement est alors moins douloureux.

Jérôme Prévot
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