Jean-Louis Bareigts : « La fédération a pris une décision à l’emporte-pièce »

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    Jean-Louis Bareigts : « La fédération a pris une décision à l’emporte-pièce »
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Jean-Louis Bareigts, président de Peyrehorade depuis 19 ans, réagit à l’élimination de son club dans la course au titre de Fédérale 3. Battus par Annecy (12-16) lors du deuxième acte de cette demi-finale, les Landais s’élèvent contre la méthode de leurs homologues haut-savoyards. Ces derniers ayant porté réclamation suite à une mêlée simulée, lors du premier affrontement remporté par Peyrehorade (17-15). Une réclamation acceptée par la Fédération Française de Rugby qui a donné le match à rejouer, une décision incompréhensible pour Peyrehorade. Le club landais compte d’ailleurs déposer un recours.

Dans quelles circonstances souhaitez-vous déposer ce recours ?

Ce n’est pas dans nos habitudes de passer par la justice. Mais Annecy a porté recours sur la première demi-finale pour une « mêlée simulée », alors que nous avions soi-disant un joueur apte à la disputer sur le banc. Mais l’arbitre et le directeur de match ont donné leur accord. On n’aurait jamais dû revenir sur cette décision. Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on s’oppose aux décisions du corps arbitral ? Ça n’a aucun sens. Puis on a appris hier de la part d’un ancien directeur de match, différemment plus compétent, que si on suit l’article 450 de la fédération, on ne revient pas sur un fait de jeu. Or, cette mêlée en est un. Par la suite, la commission qui a pris la réclamation des dirigeants d’Annecy a rendu une décision à l’emporte-pièce. Elle pénalise Peyrehorade sans raison valable.

Comment vos joueurs vivent cette situation ?

Très mal. Mercredi dernier (NDLR : 24 juin) quand ils ont appris cette décision, les joueurs ne voulaient pas rejouer la demi-finale. Tu gagnes un match qui te qualifie pour la finale et tu dois le rejouer, comment voulez-vous qu’ils se motivent ? Puis finalement dimanche ils ont rejoué le match : à 15 heures, sous 35°, avec un public qui a dû repayer sa place. Et ils ont perdu, ils avaient la tête ailleurs, c’est normal. Ils ont été traité comme des voyous alors qu’ils n’avaient rien fait. Le match était tendu, mais je suis très déçu, peut-être même un peu trop, puisque des gifles sont parties après le match, ce que je regrette bien évidemment. Ce n’est pas ça le rugby.

Qu’attendez-vous du possible appel que vous allez effectuer ?

On veut que nos joueurs soient dédommagés. On ne veut pas embêter la fédération mais juste que les garçons soient réhabilités dans leurs droits. Ils ont gagné la demi-finale, ils doivent jouer la finale. Point barre. On n’a jamais voulu tricher, l’arbitre a accepté qu’on joue la mêlée, on devrait donc être en finale. Cette semaine, les joueurs se préparent à jouer la finale. S’ils ne la disputaient pas, ce seraient une énorme frustration. On n’a pas le droit de priver vingt-deux gamins du plaisir de jouer une finale, d’aller chercher un bouclier. Je ne comprends pas la réclamation d’Annecy, c’est contre l’esprit du jeu, leur démarche est déloyale.

Pensez-vous que cette démarche peut aboutir ?

C’est difficile pour nous de porter ce recours en justice. C’est contre notre nature. Sans parler de complot, on peut parler « d’inconséquence ». Les décisionnaires n’ont pas mesuré l’importance de cette décision. Et aujourd’hui on est bien seul. On parle souvent de « valeurs », de « solidarité » ou de « grande famille du rugby », mais personne n’est à nos côtés pour se battre contre cette injustice. Nous sommes très déçus, pour les dirigeants, pour les spectateurs et surtout pour les joueurs. Propos recueillis par P. I-R

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