Jean-Louis Bareigts « le rugby ne ressort pas grandi, les valeurs ont été bafouées »

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    Jean-Louis Bareigts « le rugby ne ressort pas grandi, les valeurs ont été bafouées »
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Nous avons donc accordé un droit de réponse au président du club landais, Jean-Louis Bareigts. Lundi , Dominique Rolin, président du club d’Annecy était revenu sur la rencontre de dimanche et sur les violences survenues après le match. Il se voulait assez véhément avec les dirigeants de Peyrehorade.

Dominique Rolin vous accuse d’avoir triché, notamment en demandant des mêlées simulées, alors que vous aviez un pilier apte à jouer. Il considère également que vous avez manipulé l’arbitre. Que lui répondez-vous ?

« Tricheurs », « manipulateurs ». Ces mots sont trop forts. Ce n’est pas ce que nous sommes. La mêlée avait été validée par l’arbitre. Après, dire qu’on a manipulé l’arbitre n’a aucun sens, puisqu’on n’a même pas échangé avec lui après la rencontre. Alors quelle manipulation aurait-on pu exercer ? Il faut vraiment être une personne perverse pour penser de telles choses.

Dominique Rolin expliquait que vous auriez « poussé le peuple au crime » en communicant, après la première demi-finale. Il continue en disant que vous faites honte à ce sport, qu’il aurait pu y avoir des morts et qu’il ne cautionne pas ces actes.

La meilleure preuve de notre bonne foi, ce sont les applaudissements reçus par les dirigeants de Gruissan à la fin de la rencontre. C’est vrai qu’il y a eu une ou deux gifles à la fin de la rencontre. Ces échanges étaient déplacés. Tout comme les gaz lacrymogènes envoyés par un policier pendant cette échauffourée. Je dénonce ces deux faits qui ne doivent pas exister sur et en dehors d’un terrain de rugby. Ça n’a fait qu’envenimer les choses. J’en veux également aux joueurs d’Annecy qui sont venus chambrer nos mecs, c’était un manque total de respect. Mais après, on a laissé filer les choses et nos supporters n’ont montré aucune véhémence. La preuve c’est que les joueurs d’Annecy ont quitté le stade dans l’ignorance la plus totale. Nos 500 supporters fêtaient nos joueurs, ils ne se préoccupaient pas du tout de ceux d’Annecy. De plus, je n’ai pas de leçons à recevoir de quelqu’un qui, par le passé, a falsifié des feuilles blanches et qui n’a pas toujours compris le règlement avec les licences blanches. Preuve qu’il n’est pas toujours clair puisqu’il a déjà triché. On peut également rappeler que Dominique Rolin a déjà emmené son club en redressement. Alors les leçons, il serait bien qu’il se les applique. Que les dirigeants d’Annecy balayent devant leurs portes avant de s’occuper de nous.

Dominique Rolin revient également sur la violence qui a suivi la rencontre dimanche, en parlant de « drapeaux » que des supporters auraient utilisés pour frapper les joueurs d’Annecy, d’un dirigeant qui aurait été poursuivi jusque dans les vestiaires et il considère que les dirigeants de Peyrehorade n’ont pas assumé leurs responsabilités. Que répondez-vous à ces accusations ?

Le match n’aurait jamais dû être rejoué. Dominique Rolin dit bien ce qui l’arrange. Il n’y a pas eu de violence, ni de coups de drapeaux. Après, en ce qui concerne le dirigeant, il a peut-être été bousculé, mais pas plus que quelqu’un d’autre. Je déplore qu’il se soit senti visé, mais je peux assurer qu’il n’a reçu aucun coup. Tout ça ne serait pas arrivé si le match n’avait pas été rejoué. Je déplore également l’attitude de l’un de leurs piliers qui ne jouait pas car il était suspendu, et qui est venu envenimer les débats. C’est très loin du sport, ce n’est pas ce que j’aime dans le rugby.

Dominique Rolin veut porter plainte pour dénoncer les coups reçus par un joueur « qui est défiguré » mais également pour aborder ce qui s’est passé en tribune ; où « il fallait longer les murs devant l’agressivité permanente d’un tiers du public. »

Tout au long des phases finales, tous les membres du club ont fait preuve d’une discipline exemplaire. Avant chaque rencontre nos joueurs ont déjeuné ou échangé avec ceux des autres clubs. Alors je le redis, nous n’avons aucune leçon à recevoir de Monsieur Rolin. Cette saison nous n’avons reçu aucun carton rouge, nous savons nous tenir pourtant on leur a volé une finale. De nombreux clubs nous ont soutenus et notamment Chartres, les finalistes. Je souhaite que ça se termine. Je veux que tout s’apaise ! Nous avons un club avec des moyens limités. Cette décision prive une petite ville de 3500 habitants d’une finale qu’elle ne revivra vraisemblablement jamais, tout comme certains de nos joueurs d’ailleurs. C’est une immense tristesse. De cette affaire, le rugby ne ressort pas grandi, les valeurs ont été bafouées. Je tiens également à féliciter nos supporters, qui nous ont suivis tout le long des phases finales et notamment Jeff Dubois, futur entraîneur du XV de France qui était dans les tribunes avec nous dimanche à Gruissan. Propos recueillis par P.I-R.

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