• Vent porteur en Lubéron
    Vent porteur en Lubéron
Publié le / Modifié le
Fédérale 3

Vent porteur en Lubéron

Pour son retour à ce niveau, Cavaillon n’a pas déçu. Jusqu’à être à deux doigts d’une nouvelle accession.

Cavaillon a retrouvé de l’appétit. Il a effacé ses dettes, de l’ordre de 100 000 € à l’été 2013, et retrouvé le bon goût du succès. Jusqu’à ramener, il y a un an, le titre de champion de Provence Honneur. Et montrer suffisamment de largeur d’épaules, cette saison, pour rester invaincu au pied du Luberon. Il s’est surtout retrouvé au mois de mai à un match d’une nouvelle accession. Bref, ce Cavaillon-là n’a pas montré les contours d’un promu en quête de temps pour trouver le bon carburant. Trois ans après avoir plongé coup sur coup de Fédérale 2 en Fédérale 3 puis en Honneur Paca, le club du Sud Vaucluse a retrouvé des couleurs. « Il y a trois ans, quand j’ai décidé d’y aller avec des copains, on s’était fixé trois objectifs : assainir les finances du club, retrouver une autorité et une identité à la maison et ramener de la convivialité et du monde chaque dimanche à Lombard. Tout cela a été réussi en deux saisons », sourit aujourd’hui le boss du club, Franck Debrincat. Quels ont été les ingrédients de ce brusque rebond ? « L’humilité. On s’est regardé dans les yeux, on n’a pas triché, on a prôné des valeurs d’attachement et de fidélité à un club, on s’est donné une nouvelle image… Aujourd’hui, pour 85 % de l’effectif, ce sont des gens du cru… Chaque dimanche, on n’a aucun souci pour inscrire quinze licences blanches sur la feuille de match. »

« Le temps n’est pas à se cacher »

Et maintenant ! Où se situe la marge de progression de Cavaillon pour réussir, à court terme, ce qu’il a raté d’un rien cette saison et redécouvrir cette Fédérale 2 quittée il y a trois ans ? « Elle est sur le budget », répond, sans langue de bois, Franck Debrincat. « Il est en équilibre, mais pour passer une année sereine en Fédérale 2, il faut un budget de 400 000 €. Cette saison, il était de 250 000 €. C’est là que doit porter notre effort. » « La marge de manœuvre touche aussi à l’effectif », décortique le manager du club Cyril Gil. Il faut rester humble, sur les phases de conquête, on manque de puissance dans le petit périmètre, d’expérience sur les groupés pénétrants, de hauteur en touche, de rotations aussi. Cela dit, on a remis le club dans le sens de la marche. »

« Jouer la montée »

Aux entraîneurs, Jean-Philippe Colonna et Arnaud Surroque, de rester ancré sur ce bon sillon. « Mon emploi du temps m’oblige à prendre du recul, le fonctionnement va être différent, mais c’est un passage de témoin en douceur, rassure Cyril Gil. On est dans la continuité. Depuis trois saisons, Jean-Philippe joue, entraîne et porte le projet de jeu, Arnaud est en charge des avants, ils ont les épaules. » Et connaissent leur feuille de route : « faire mieux que la saison dernière… On ne va pas se cacher. Faire mieux, cela signifie jouer la montée. Cavaillon est une ville de rugby partagée entre le XIII et le XV qui a toute sa place en Fédérale 2 », observe Jean-Philippe Colonna. Ce sera avec un effectif peu chamboulé. « À 95 %, ce sera le même », assure l’ancien centre de Gaillac (Pro D2) passé par Nevers (Fédérale 1) et le Stade phocéen. Trois ou quatre pioches pas davantage. Des gars « du coin et d’ailleurs » capables de se fondre dans l’identité du club. De s’intégrer dans une philosophie d’un rugby tourné vers l’offensif. Cette saison, sur ses terres, Cavaillon a claqué la bagatelle de trente-cinq essais. Pas rien. O. G.

L’interview avec Franck Debrincat - Président du SUC

« La Fédérale 2, d’ici deux saisons »

Deux mois après votre échec face à Tavaux-Damparis, y a-t-il des regrets ?

Aucun. Pour notre retour en Fédérale 3, on a réussi une saison inattendue avant de jouer un match de la montée face à un adversaire tombé par quatre fois en cinq ans sur la dernière marche. Aujourd’hui, si l’on était monté, on se serait mis dans la difficulté. On y serait allé, mais c’est mieux ainsi. On n’avait ni le budget, ni les structures, ni la profondeur de banc pour une accession. Ce n’était pas encore le moment pour Cavaillon.

Pour cette seconde saison consécutive en Fédérale 3, quels seront vos objectifs ?

Aujourd’hui, le club est sur les rails, mais il ne faut pas griller les étapes. Il s’agit maintenant de le stabiliser. On a deux ans pour retrouver la Fédérale 2 avec pour véritable objectif d’y accéder à la fin de la saison 2016-2017. Cette année, il s’agit de continuer à rester invaincu à Lombard. C’est notre maison, notre stade, et cela fait maintenant deux saisons pleines qu’on y est maître.

En tous les cas, ce sera sans votre manager Cyril Gil…

C’est un coup dur, on ne s’y était pas préparé. Cyril Gil a été l’une des pierres angulaires de ce renouveau. Si je n’avais pas eu le nez creux d’aller le chercher, on n’aurait pas connu cette réussite. Mais il vient de réussir un concours et prend du recul tout en restant au club en charge du volet sponsoring. À partir de là, on a opté pour une redistribution des rôles. Il laisse les clés à Jean-Philippe Colonna qui cumulera le rôle de capitaine et d’entraîneur principal. Le costume n’est pas trop grand pour lui. Arnaud Surroque, lui, reste en charge des avants et Julien Charret est de retour au club comme manager en charge des structures. Propos recueillis par O. G.

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir