C’est comme La Nouvelle Star

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Frédéric Michalak a pour lui l’expérience de deux préparations à une Coupe du monde (2003 et 2007). Il savait à quoi s’attendre avant de débarquer à Marcoussis et relativise aisément l’annonce, le 23 août prochain, des 31 joueurs définitivement retenus pour le Mondial

Vous avez déjà vécu deux préparations de Coupe du monde. Celle-ci vous parait-elle plus difficile ?

Franchement, je ne me souviens plus des deux premières. La préparation qui m’avait le plus marquée, c’était lors de mon passage en Afrique du Sud (ndlr : Il a joué pour les Natal Sharks). Ça ressemblait beaucoup à ce que l’on fait aujourd’hui. De toute façon, une préparation pour une Coupe du monde, c’est toujours douloureux. On a déjà mal partout, mais c’est normal. Durant cette première semaine, on est en surcharge de travail, il faut penser à bien récupérer, à bien se faire masser. On verra nos têtes dans trois semaines. On sera peut-être un peu moins souriant.

Parvenez-vous à vous projeter d’ores et déjà sur la Coupe du monde ?

Pour l’instant, on est surtout focaliser sur la préparation pour faire en sorte que nos corps, nos organismes parviennent à supporter les charges de travail. Evidemment, la Coupe du monde est dans un coin de notre tête. Personnellement, depuis 2011 et mon retour en France, je ne pense qu’à la Coupe du monde. Je suis revenu pour ça, je me prépare pour ça. Même ma femme, mes enfants vivent le truc à fond. C’est un projet de vie.

Le couperet de la liste des 31 est-il déjà présent ?

Je n’y pense pas forcément. Les coachs feront leur choix. A nous de ne pas y penser.

Est-ce votre expérience qui vous permet de relativiser ?

Non, c’est comme ça. Cela fait partie du sport de haut niveau. C’est un peu comme « La nouvelle Star », chaque semaine, il y a un nouveau départ. Pour nous, ce sera à la fin de la préparation. On le sait dès le début et on a signé pour ça.

Le capitaine Thierry Dusautoir a dit qu’il comptait s’appuyer sur vous durant cette prépration. En avez-vous parlé ensemble ?

La communication entre les joueurs ou avec le staff, ce sera capital. Certains joueurs ont peut-être des difficultés à s’exprimer, notamment avec le staff. Le relais peut être pris par les plus vieux. Ce sera alors notre rôle.

Être un relais entre le staff et le joueurs, est-ce naturel pour vous ?

C’est un rôle qui faut avoir naturellement. Il ne faut pas se forcer. Mon rôle, il est surtout sur le terrain, dans ma position de demi d’ouverture. Je ne suis pas quelqu’un qui va forcer sa nature. Je n’aime pas faire de grand discours, je n’aime pas expliquer aux autres ce qu’ils doivent faire. Mais sur ce qui concerne le terrain, ça ne me gène pas d’apporter mon expérience.

Et dans la vie de groupe ?

J’aime bien vivre, j’aime voir les mecs souriants. Et j’aime aussi aller vers les uns et les autres. Cela me semble important.

Le poste d’ouvreur est probablement celui où il y a eu le plus d’incertitude avant la communication du groupe retenu. L’absence de Jules Plisson, qui devait effectuer une partie de la préparation avec vous, vous permet-elle de penser que cela fait un concurrent de moins ?

Non, absolument pas. Il aurait été présent, ça n’aurait rien changé. Il aurait simplement mal aux jambes, comme nous. Ce n’est pas une question qu’on se pose. C’est aux coaches de répondre à cette question.

Comment expliquez-vous qu’historiquement la France a toujours eu du mal à installer durablement un demi d’ouverture ?

Ça a toujours été comme ça en France. En 2003, j’étais arrivé au dernier moment pour disputer la Coupe du monde. Si on répond à cette question, il faut tout remettre en cause. Dans certains pays, l’équipe nationale est prioritaire. Et ces joueurs-là (les ouvreurs), on les mets dans les meilleures dispositions pour réussir. Mais, on est français et on assume.

Vous êtes le seul des trois demis d’ouverture présents à être buteur depuis le début de votre carrière. Considérez-vous ce paramètre comme un avantage ?

Je suis buteur depuis mon plus jeune âge. Le plus dur, c’est de le rester avec des statistiques performantes. Il faut avoir conscience qu’on peut connaître des échecs dans ce rôle. J’en ai eu en 2003, j’en ai eu d’autres en club. J’ai aussi connu des bonnes périodes. Après, c’est la régularité qui compte. Et ça, c’est un travail quotidien. Il n’y a pas de secret.

Mais est-ce un avantage pour vous ?

Pour une équipe, pouvoir compter sur un buteur performant, c’est un atout. Souvent, c’est le buteur qui fait la différence. C’est un rôle ingrat, mais c’est celui pour lequel j’ai signé.

Propos recueillis par Arnaud Beurdeley

Arnaud Beurdeley
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