« On n’a pas à calculer »

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    « On n’a pas à calculer »
Publié le , mis à jour

Jean-Claude Skrela, manager de l’équipe de France à VII prépare la manche d’Exeter avec un statut de favori, puisque son équipe a remporté les deux dernières manches (Moscou et Lyon).

Dans quel état d’esprit sentez-vous le groupe ?

Très concentré et déterminé. Mais il faut se méfier des apparences. La préparation a été intéressante et nous espérons qu’elle se concrétisera par ce que l’on vient chercher.

À savoir la qualification pour Rio qui vous tend les bras...

Il ne faut pas raisonner comme ça. On va partir pour gagner le tournoi. Bien sûr que nous sommes en position favorable mais il faut y aller avec le même engagement que sur les deux premiers tournois. On ne doit pas réfléchir ou se poser de questions. C’est le dernier rendez-vous de l’année et on n’a pas à calculer ou à gérer.

Pensez-vous que les deux derniers tournois remportés ont apporté une dynamique ?

Je vais d’abord revenir un peu en arrière. À partir du moment où les joueurs ont compris qu’ils n’iraient pas chercher la cinquième ou sixième place sur le circuit mondial, tous ont un peu géré. Ils avaient assez d’expérience pour savoir qu’on aurait un rôle majeur à jouer sur le championnat d’Europe. Ces deux premiers tournois ont été bien réalisés, surtout le premier. Oui, cela a apporté de la confiance, déjà par le jeu pratiqué. Mais il ne faut pas en avoir trop et aller au bout de ce qu’on sait faire.

À titre personnel, la qualification pour les JO serait l’aboutissement d’un plan de plusieurs années...

Je préférerais en parler lundi. C’est dur de le faire avant d’être qualifié. Mais ce projet olympique a été mis en place sur trois points. Le premier était le développement du rugby à VII en France. Quand on voit les finales à Marcoussis avec 500 jeunes, c’est fait. Le deuxième était de récupérer une étape du Rugby Seven. C’est fait. Le troisième était la qualification pour Rio. Les filles l’ont validée, aux garçons de le faire pour boucler la boucle. Sur le premier tour du projet, deux points et demi sont donc remplis. Après, il faudra bâtir le deuxième tour. Mais les quatre ou cinq années que l’on vient de passer ont été très dures car le rugby à VII n’est pas encore au niveau auquel il devrait être considéré dans notre pays. Il a fallu le porter à bout de bras et cette qualification serait une belle récompense. J’espère la valider dimanche soir.

Ce dernier tournoi sera-t-il aussi l’occasion de se tester à nouveau sans les quinzistes ?

Je suis déçu de ne pas en avoir au moins un avec nous. Mais il y a des cas de force majeure. Ils apportent une certaine fraîcheur. Ce sont de grands joueurs qui se sont très vite adaptés. Nous n’avons pas souvent eu l’occasion de prendre les meilleurs joueurs du championnat. Quand vous voyez la fin de saison de Rémy Grosso ou de Fulgence Ouedraogo, vous comprenez. Le rugby à VII requiert des principes et des repères différents mais cela reste du rugby. Et quand on possède une intelligence situationnelle au-dessus de la moyenne, on s’adapte vite. Mais je rappelle que d’autres sont venus du quinze et tous n’ont pas réussi. Puis quand on entend Ouedraogo faire l’éloge du VII, c’est un formidable éclairage sur l’équipe et le circuit. Leur apport a été d’autant plus satisfaisant qu’au départ, un joueur comme Ouedraogo était réticent. Il croyait ne pas y arriver. Ils sont venus très inquiets et sont repartis très heureux. J’espère que d’autres auront envie d’en faire autant. Mais je n’oublie pas que le noyau dur de ce groupe, ce sont les joueurs qui sont ici ce week-end. Il y a eu un état d’esprit exceptionnel sur les deux derniers tournois, qui perdure. Pourtant, on a un peu souffert cette année sur ce plan en prenant des décisions pas faciles.

Jérémy Fadat
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