Vivez une séance de cross fit avec Bleus

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    Vivez une séance de cross fit avec Bleus
Publié le , mis à jour

Vendredi après-midi, l’occasion nous a été offerte d’assister à l’une des séances de cross fit des joueurs du XV de France. Promis juré, juste à regarder, c’est épuisant. Et franchement, on a mal pour eux. Immersion.

Depuis le début de la semaine préparation à la Coupe du monde, c’est le même refrain. À chaque nouveau joueur qui débarque dans la salle de presse du CNR de Marcoussis, la sémantique varie, mais les maux sont identiques ou presque. « C’est dur », « ça pique », « ça fait mal ». Pour mieux comprendre la souffrance des Bleus, vendredi après-midi sur le terrain synthétique, nous avons assisté à une séance de Cross fit. Un nom barbare qui définit une méthode de préparation physique générale utilisant des mouvements fonctionnels (entendre poly-articulaires) à haute intensité et de manière constamment variée. Présents pour cette séance : Nyanga, Bastareaud, Kayser, Dusautoir, Ouedraogo, Dulin, Guirado, Goujon, Dumoulin, Spedding et Szarzewski. Aucun avec le sourire.

Au programme un circuit de deux fois huit minutes entrecoupées d’une minuscule récupération (3 minutes). Et pour finir, cerise sur le gâteau, trois minutes de « Watt Bike » (N.D.L.R. : vélo opposant une forte résistance) pour enchaîner huit sprints de 250 mètres sur dix secondes avec trente secondes de récupération. À lire confortablement assis derrière un écran d’ordinateur ou sur une tablette, ça n’a l’air de rien. À faire, c’est une autre histoire.

Il était 16 h 27 quand Julien Deloire le préparateur physique donne le coup d’envoi de la séance. Sur les rameurs, Bastareaud, Nyanga, Kayser, Dusautoir, Ouedraogo et Dulin doivent enchaîner 200 mètres, se relever, réaliser quatre fois cinq battements de cordes, suffisamment lourdes pour arracher des grimaces de douleurs à Yannick Nyanga, à chaque fois entrecoupé de deux « burpee » (N.D.L.R. : un exercice complet imitant le saut de la grenouille qui fait travailler et renforce tout le corps. A chaque répétition, la poitrine, les bras, les épaules, les cuisses et arrières cuisses et les abdominaux sont sollicités) et terminer par une course de récupération. Et enchaîner encore et encore jusqu’à la fin des huit premières minutes. Sur les Watt Bike, Guirado, Nakaitaci, Goujon, Dumoulin, Spedding et Szarzewski doivent pédaler sur 250 mètres avant de taper vingt coups de masse de dix, douze et quinze kilos sur un énorme pneu et terminer par une course de récupération. Dès les premières minutes, certains visages sont déformés par la souffrance. Après quatre minutes, les cordes volent moins haut, les masses se font plus lourdes. « On est à la moitié du premier bloc » hurle Julien Deloire, le visage de Thierry Dusautoir se contorsionne. À l’issue de ce premier round, le silence se fait. Chacun tente de récupérer comme il peut. Kayser marche seul vers le fond du terrain, Guirado est à genou. « Relève-toi » lui conseille le docteur Grisoli. En soutien, le sélectionneur Philippe Saint-André et Patrice Lagisquet assistent à la séance. Dans le premier groupe, Fulgence Ouedraogo et Brice Dulin se sont illustrés. Dans le second, Szarzewski a impressionné, devançant Spedding, Goujon, Dumoulin ou encore Guirado et Nakaitaci.

Trois minutes sont passées, il est temps d’inverser les groupes. Les rameurs passent sur les « Watt bike » et inversement. Mathieu Bastareaud peine à rejoindre son vélo. « Allez Basta » l’encourage PSA. De l’autre côté, Noa Nakaitaci semble marqué. C’est reparti pour huit minutes de torture. À l’issue, Kayser et Ouedraogo s’effondrent sur un des trois pneus installés au milieu du terrain. Allongé au sol, Szarzewski se fait secouer les jambes par un kiné. Les félicitations pleuvent de tous les côtés. PSA congratule Basta à côté de qui il est resté durant quasiment toute la séance. Atonio et Guitoune, prévus sur le groupe suivant, viennent frapper dans les mains de leurs partenaires, qui ont du mal à lever les bras, mais aussi les têtes. Pourtant, ce n’est pas fini. « On remet ça tout de suite » assène Deloire. Tous sont désormais installés sur un « Watt bike ». Derniers coups de pédale, derniers efforts. Le râle de douleur de Kayser se fait de plus en plus fort. Dulin, lui, s’est mis en danseuse, regard vers le sol. Ouedraogo a l’allure d’un cyclisme, la tête dandine de gauche à droite, les yeux sont fermés. Il semble dans un autre monde. Immense coup de sifflet, Julien Deloire libère enfin les joueurs. Franchement, on comprend désormais un peu mieux le discours des joueurs lors des premières conférences de presse...

Arnaud Beurdeley
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