Jean Bouilhou « On sera une cible prioritaire des grosses équipes »

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    Jean Bouilhou « On sera une cible prioritaire des grosses équipes »
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Promu après une excellente saison en ProD2, la Section Paloise Béarn Pyrénées va découvrir le Top14 la saison prochaine. Ce groupe, assez jeune, pourra en tout cas compter sur Jean Bouilhou pour apporter de l’expérience et de la sérénité lors des matchs couperets. En fin de saison, l’ancien joueur du Stade Toulousain raccrochera les crampons.

Cinq défaites lors des huit dernières rencontres de championnat, comment expliquez-vous ce relâchement ?

Le relâchement de fin de saison c’est un peu le même qu’on a subi en décembre, c’est-à-dire qu’on a une équipe qui n’a pas les moyens de se relâcher mentalement. Les autres équipes sont au même niveau que nous donc ça montre le travail qu’il nous reste à faire. Mais la différence avec la saison qui arrive c’est que l’année dernière on était un peu l’équipe à abattre, l’épouvantail, alors que cette année on arrive comme le petit poucet. Donc ce sera un peu différent au niveau des confrontations, mais c’est évident que les valeurs mentales dans un match et dans une saison elles sont importantes et il faudra réussir à ne jamais se relâcher. On l’a vécu la saison dernière sur quelques matchs qui ont entraîné des contre-performances et notamment à domicile.

Justement comment on aborde ce statut de petit nouveau ?

On sera une cible prioritaire des grosses équipes qui voudront faire des résultats chez nous, c’est évident, mais à l’inverse quand on se déplacera ça nous permettra peut-être d’être moins attendus et de pouvoir jouer notre carte. Mais bon a vu l’année dernière toutes les équipes maintenant ont un niveau. Il n’y a plus cette notion de matchs à domiciles ou à l’extérieur, tous les matchs se jouent à 200 % du fait du niveau du championnat.

Le calendrier la saison prochaine sera un peu particulier avec la coupure du mondial, qu’est-ce que ça change pour vous ?

C’est vrai que c’est un peu atypique. Ça fait pour nous un sprint de quatre matchs à effectuer, avant un gros mois de récupération, pour renchaîner sur une grosse série de matchs sans interruption. Donc pour nous il sera primordial d’être bien sûr ces quatre premiers matchs, ça nous permettrait de lancer idéalement notre saison. Après ce sera une course marathon qui se terminera au mois de juin. Ce qu’on a pu voir c’est qu’une équipe comme Lyon qui a un peu lâché après plusieurs défaites s’est retrouvée dans une spirale descendante et ça a été compliqué pour eux, à l’inverse d’une équipe comme Castres qui n’a rien lâché et qui a réussi à se sauver juste par la force de leur état d’esprit du groupe et des joueurs.

Quels seront vos objectifs ?

Comptablement il n’y en aura pas. On s’appliquera déjà à bien intégrer les nouveaux joueurs, à retrouver le jeu qu’on a mis en place l’année dernière dans une division supérieure donc à un niveau supérieur. Puis chacun individuellement on va devoir passer un cap pour être au niveau des autres équipes.

Le fait d’avoir un groupe proche de celui de la saison passée est un avantage pour la Section ?

Oui c’est un petit avantage. La plupart des joueurs n’auront pas apprendre de système. De plus un noyau dur s’est construit la saison passée, on a créé un état d’esprit et on a engrangé de la confiance. Donc cette « culture » qu’on a un peu développée entre nous va être un leitmotiv pour les nouveaux qui vont vouloir s’y accoutumer. Mais oui, c’était important pour nous de garder un noyau dur. Des exemples ont montré que quand les effectifs changeaient trop c’était un peu compliqué. Le meilleur exemple est celui de La Rochelle qui a gardé une ossature importante tout en ajoutant par parcimonie d’excellents joueurs qui ont amené une plus-value à l’effectif. C’est peut-être l’exemple à suivre pour nous.

Justement, pouvez-vous nous parler de ces quelques recrues et notamment des All Blacks Colin Slade et Conrad Smith ?

Les joueurs et tout le monde ici à Pau attendent beaucoup de ces recrues. Je pense qu’elles vont apporter beaucoup d’expérience mais aussi d’intensité dans une rencontre. Je pense que les joueurs du club se mettront à leur niveau et que ces recrues vont tirer tout ça vers le haut.

Vous nous parliez un peu plus haut de La Rochelle, comment allez-vous faire pour suivre cet exemple ?

Comme eux, il nous faudra être intraitables à domicile, en faisant notamment tomber des grosses équipes. Après ils ont, petit à petit, réussi à accrocher des matchs à l’extérieur, sans forcément les gagner, puis en fin de saison ils ont finalement réussi à s’imposer une ou deux fois à l’extérieur. Leur progression a été constante et ils ont fait un peu une saison idéale.

C’est votre dernière saison, comment l’abordez-vous ?

Avec beaucoup de sérénité finalement, puis avec le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien ici à Pau. Mais forcément j’ai envie de faire cette dernière saison un peu comme une première, c’est-à-dire, avec de l’enthousiasme mais également l’expérience des années passées.

C’est vraiment la dernière ? On ne peut pas imaginer une saison de plus à la Lionel Nallet ?

Il a fini à 38, moi j’aurai 37 ans, mais je pense que je n’ai pas son physique, il joue seconde ligne, il a un gabarit imposant qui lui permet d’exister vraiment par sa posture et sa masse. Pour moi ce sera un peu plus compliqué, troisième ligne est un poste différent où il faut de la vélocité, il faut de l’endurance... des qualités qui tendent un peu vers celles des trois-quarts, donc je pense que les crampons seront définitivement au placard. En plus j’ai vraiment accompli ce que je voulais accomplir en faisant remonter le club et les coéquipiers et en faisant cette saison de top 14.

Propos recueillis par Pierrick Ilic-Ruffinatti (avec C.V.)

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