« Avec Fabien (Fortassin) ça coule de source »

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Publié le , mis à jour

Cette saison, le trentenaire Julien Audy devrait étoffer son registre de cadre d’un collectif en quête de la confirmation d’un potentiel apte à l’élite. Et repousser la concurrence d’un certain Januarie. De tout cela, le demi de mêlée rochelais nous parle.

Étiez-vous impatient de débuter cette nouvelle saison ?

Je ne vais pas vous cacher que nous avons savouré ces vacances, après une saison qui a été assez compliquée avec une lutte acharnée pour le maintien. On a donc bien pris le temps de se reposer et après deux semaines, ça a commencé à piquer. Le sport nous manquait, les copains aussi donc nous étions impatients de retrouver la compétition.

La dépense d’énergie pour assurer votre maintien est-elle effacée ?

Oui, je le pense. Les deux semaines après la coupure sont très éprouvantes et fatigantes parce qu’on se remémore toute la saison mais après, nous avons l’habitude de gérer ce genre de situation. C’est plus l’excitation de reprendre la compétition qui passe avant tout. On espère que ce sera une confirmation. C’est un nouveau challenge, c’est la première fois que La Rochelle se maintient en Top 14. Nous savons qu’il y aura de l’attente de la part des supporters et du public rochelais. Cette envie est également présente à l’intérieur de groupe, nous avons envie de confirmer notre dernière saison. On dit que la deuxième année est la plus difficile mais il y a des exceptions comme Oyonnax. Pourquoi pas nous ?

Qu’avez-vous retenu de cette saison dans l’élite ?

Avant tout, beaucoup de plaisir personnel et collectif. Je retiens aussi différentes phases avec un début de saison très compliqué et puis, à partir de décembre et le déclic du match à Toulouse, nous n’avons pas arrêté de réaliser des matchs nuls ou de gagner. C’était quelque chose de bizarre, très fort pour le groupe avec une deuxième partie exceptionnelle. C’est monté crescendo jusqu’à la fin de la saison.

Que pensez-vous de ce championnat a priori piégeux avec l’absence des internationaux ?

J’aurai tendance à penser que les plus grosses équipes seront celles qui ont le plus d’internationaux. Donc ces équipes-là sont bien armées et possèdent deux équipes très compétitives. Nous n’avons pas énormément d’internationaux ce qui nous permet de bien travailler, dans notre bulle et d’essayer d’être le plus opérationnel possible dès le départ. Contrairement à la saison dernière où nous avions mis du temps à appréhender le Top 14. Cette année, cela nous permet d’être à fond d’entrée. J’espère qu’il y aura des surprises et qu’elles nous seront favorables.

Pour rivaliser, outre le jeu, le Stade Rochelais s’est appuyé sur sa solidité et sa force mentale. Cette recette vaut toujours ?

Il y a des bases solides à respecter. L’état d’esprit, le mental que nous avons eu tout au long de la saison, même dans les périodes difficiles, sans lâcher, se sont avérés payants. Cela nous a conforté dans notre vision des choses. Nous allons devoir gommer nos points faibles et conserver et améliorer ce que nous avions de positif. Il est sûr que l’entraide, la solidité et notre jeu d’avant qui nous a fait avancer toute la saison seront encore des atouts.

L’ouvreur Peter Grant est parti, Zack Holmes arrive, comment se passe l’adaptation de ce dernier ?

Par rapport à Peter Grant qui est Sud-Africain, plus dans la réserve et la rigueur, Zack est plus jeune, plus fougueux, plus insouciant et avenant. Il essaie de saisir sa chance à pleines dents. J’ai trente ans et nous essayons de le mettre en confiance et de lui faire comprendre ce que nous voulons. Ensuite, il reste le basique avec Fabien (Fortassin). Entre nous ça coule de source. C’est un plaisir de pouvoir côtoyer quelqu’un que l’on connaît depuis longtemps et cela permet de gagner du temps. Après il faut que toutes les charnières puissent fonctionner, les uns avec les autres, dans l’intérêt de l’équipe.

Votre rôle au sein du collectif va-t-il évoluer ?

C’est ma troisième année, les deux premières se sont bien passées, l’équipe s’est rajeunie et je ne sais pas si mon rôle va évoluer, mais je vais déjà me cantonner à mon rôle de leader de jeu. Quand j’ai envie de prendre la parole, même si je ne suis pas le capitaine, cela ne m’empêche pas de m’exprimer pour dire ce que je souhaiterais qu’on fasse. À moi de réaliser de bonnes prestations pour peser davantage sur l’équipe, mais cela va rester dans la lignée de ce que je faisais la saison dernière.

Serez-vous toujours buteur ?

Oui, je conserve le but. On verra bien ensuite si je suis numéro un car il y a de bons buteurs dans l’équipe, mais c’est quelque chose qui me plaît, que j’aime travailler et qui compte dans le bagage d’un joueur.

Vous avez disputé 26 matchs l’an dernier et votre temps de jeu a atteint 1640 minutes. Des statistiques faisant de vous, le sixième joueur le plus utilisé du groupe rochelais et le premier en nombre de matchs. Or le club a recruté Ricky Januarie (Lyon). Quelle idée vous faites-vous de cette concurrence ?

Dans tous les clubs, la concurrence est forte à ce poste. Julien Berger est parti et ils ont cherché un joueur qui pouvait apporter au collectif mais également m’apporter. C’est quelqu’un qui possède une grosse expérience et avec qui je m’entends très bien depuis le début de la préparation. Il a un palmarès que moi je n’ai pas du tout, donc c’est du plus. On va pouvoir travailler ensemble. Il va pouvoir me donner sa vision des choses, sa façon de travailler. C’est tout bénéfice et cela va me permettre de ne pas me reposer sur mes lauriers, de me donner à fond quand j’aurai l’opportunité de me trouver sur le terrain. On va se tirer la bourre pour porter le plus possible le numéro 9 dans le dos. Pour le groupe et pour moi-même c’est plus un confort qu’une concurrence car il n’est pas évident de conserver notre niveau d’engagement en permanence à 100 %. Il a un profil différent du mien et on va pouvoir composer avec, ce qui va nous permettre d’être plus frais quand nous serons sur le terrain et donc plus performants individuellement.

Quelles seront les ambitions du Stade Rochelais cette saison ?

Je vais faire court, je ne fixe pas d’ambitions. Nous sommes tous très ambitieux mais nous devrons réussir notre début de saison, pour vraiment se donner les moyens de s’installer dans une bonne dynamique. Après le déroulement de notre saison dernière en qualité de promu, il serait dommage de ne pas avoir d’objectifs élevés mais nous allons laisser passer le premier bloc de quatre matchs et nous verrons. Nous devons surtout valider le bon travail de la deuxième partie de la saison dernière. Nous n’en avons pas encore parlé entre nous, mais au cours des stages nous évoquerons nos objectifs pour que les choses soient claires et que chacun sache où il veut aller. Ce sera dans la continuité de la saison dernière, et voire mieux je l’espère. Propos recueillis par G.P

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