En altitude... pour quoi faire ?

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    En altitude... pour quoi faire ?
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Sur le pont depuis deux semaines, le XV de France s’est installé à Tignes dans le but avoué de suivre un protocole rodé sur les équipes du pole France, afin de permettre aux Bleus d’enfin rivaliser avec les cadors du rugby international en termes de capacité de déplacement.

Se préparer. Travailler. Transpirer. Les Bleus n’ont que ces mots à la bouche depuis leur arrivée à Marcoussis voilà bientôt deux semaines, eux qui enchaînent sans jamais se plaindre les séances de torture. Mais pour pratiquer quel jeu, au fait ? Car c’est bien cela dont il s’agit, n’est-ce pas ? Pour connaître un élément de réponse que les Bleus conservent soigneusement caché, il suffisait de poser la question à Julien Deloire, préparateur physique du XV de France, alias le seul homme au monde capable de terroriser Uini Atonio d’un haussement de sourcil. « Dans mon bon de commande, l’objectif majeur consistait à faire gagner les joueurs en capacité de déplacement, plutôt qu’en volume musculaire. Cela tombe bien, parce que le volume, je ne sais pas faire. Le but du staff, c’est de disposer de joueurs qui soient plus actifs dans le jeu. »

Autrement dit ? Partant du constat que leur équipe était parmi les mieux dotées au monde en matière de puissance pure (à travers notamment les présences d’Atonio, Debaty, Picamoles, Bastareaud, Lamerat, et on en passe) mais qu’elle manquait singulièrement de capacité de déplacement pour rivaliser au plus haut niveau international (remember le dernier Angleterre - France, qui vit les Bleus craquer physiquement face au rythme imposé par les Anglais), le staff des Bleus a choisi de rectifier le tir. Pas le choix, nous direz-vous, face à un temps de jeu effectif que l’on annonce durant le prochain Mondial, régulièrement au-delà du seuil des quarante minutes...

Des séances de physique en raquettes sur le glacier ?

Et c’est ici, justement, que le stage de Tignes prend tout son sens. En effet, à rebours des théoriciens de comptoir estimant que le travail en altitude n’est pas efficace s’il ne dure pas au moins trois semaines, le staff du XV de France a choisi d’effectuer ses propres expérimentations. « On entend tout et son contraire sur les effets de l’altitude, explique Julien Deloire. Du coup, pour être certains de notre fait, nous avons envoyé ces dernières années les jeunes du Pole France, ainsi que les féminines dans un autre format de séjour, afin de rôder nos modalités d’entraînement, d’en gommer les erreurs et enfin de les valider. Ce qui est ressorti de certain, c’est que sur tous les séjours d’une dizaine de jours, il y a eu des progressions. » Des gains de performance attendus comme un cadeau par l’entraîneur des trois-quarts Patrice Lagisquet. « Avec les moins de 20 ans l’année dernière, certains joueurs ont vu leur capacité de déplacement augmenter de 30 %. On ne vise pas autant mais si on gagne 15 à 20 % de capacité de déplacement, ce sera déjà énorme et cela nous permettra de recoller au peloton de tête des nations mondiales. Ce sera donc un plus, pour nous permettre de travailler jusqu’à 3300 mètres. » L’info n’est pas encore officielle. Mais sachant qu’à Tignes seul le glacier de la Grande Motte culmine à pareille altitude, on ne serait guère étonné d’apprendre dans les prochains jours que les Bleus se sont vus concocter des séances de physique en raquettes. Préparez-vous, Messieurs...

Nicolas Zanardi
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